Banquet de Printemps 2015

LE BANQUET DE PRINTEMPS 2015
Vendredi 15 mai, samedi 16 mai et dimanche 17 mai 2015 :
L’ESPAGNE –
« La littérature espagnole dans son siècle »

Présentation | Intervenants | Vidéos |Retour à Présentation Banquets de Printemps

AU PROGRAMME

Du vendredi 15 mai au dimanche 17 mai 2015
Les animations se tiennent dans la grande salle voûtée du « cellier des moines », à l’abbaye publique de Lagrasse. Les entrées sont libres et gratuites, sauf les rencontres de l’après-midi (3 €, gratuité sur présentation de la carte d’adhérent 2015).

Rencontres de l’apres-midi avec les auteurs invités
Du vendredi 15 mai (16 h) au dimanche 17 mai 2015 (18 h) : des conférences, des conversations et des lectures

Soirée cinéma
Vendredi 15 mai à 21 h 30
Projection du film documentaire Le Mur des oubliés, réalisation de Joseph Gordillo (Production : La bascule avec France 3 LCA et Mosaïk TV – 2008, VOST, 52’)
Joseph Gordillo est un journaliste, écrivain et réalisateur franco-espagnol. En 2012, il obtient le Prix franco-allemand de journalisme pour sa websérie Los Indignados. Son documentaire, Le Mur des oubliés (El Muro de los Olvidados), reçoit le Premier Prix du Festival de Clermont-Ferrand 2008, et est sélectionné dans les Festivals de Figra, Le Touquet et Cinespaña. En 2014 il réalise le court-métrage Morir en Madrid, Acto II.
Le Mur des oubliés : « Un jour, grand-père, tu auras une tombe. » Tout commence par ce serment posthume que Joseph Gordillo a fait à son grand père, mort en luttant contre la dictature de Franco. 70 ans après la Guerre d’Espagne, les corps des Républicains fusillés gisent toujours dans des charniers, sans épitaphe, sans identité… De là, le départ de Joseph sur les traces de son grand-père, dans un village d’Andalousie où le silence se transmet de génération en génération. Dans un huis clos étouffant, les langues vont se délier peu à peu. Après trente ans de démocratie, les fosses communes vont-elles s’ouvrir ?
Le film raconte l’histoire d’un village parmi tant d’autre qui n’avait pas de monument aux morts…

Soirée concert
Samedi 16 mai à 21 h 30
Soirée musicale programmée dans le cadre du 10e Festival « Les Troubadours chantent l’art roman en Languedoc-Roussillon »
Cantando españas
Les plus belles mélodies populaires espagnoles 
et des textes de Federico Garcia Lorca et Antonio Machado.
Après avoir consacré plusieurs enregistrements au répertoire hispanique des Vilancicos et des Cantos Sefardis en ladino et aux Cansos des troubadours, Sandra Hurtado-Ròs, andalouse de naissance, exprime ici sa passion pour la mélodie dans une interprétation généreuse des chansons d’inspiration populaire de Manuel de Falla, Joaquin Rodrigo, etc., et des textes de Federico Garcia Lorca et Antonio Machado, qu’elle met en musique avec
Jean-François Ruiz, guitariste, professeur titulaire, élève de Carel Harms et d’Edoardo Catemario en Italie où il s’est vu décerner un premier prix d’interprétation et de perfectionnement. Ce répertoire a fait l’objet d’un CD, Cantando españas, édité par Tròba Vox.
Joglaresc
L’inspiration des jongleurs du Moyen-Âge pour servir des textes magnifiques de troubadours et d’auteurs contemporains tel Garcia Lorca…
Dans la bouche de Jean-Michel Hernandez, comédien, les mots ont une résonance particulière, celle de l’intemporalité. Damien Combes, guitare et Cécile Sol, danse, donnent à cette performance poético-musicale un élan passionnant d’invention.

La librairie Le Nom de l’homme
et le bistrot de la Maison du Banquet
Ouverts de 10h à 20h
Au-delà de ses ouvrages de fond en littérature, philosophie, histoire, livres pour la jeunesse, etc., la librairie offre une sélection de livres autour du thème de ce Banquet.
Par ailleurs, la librairie et le bistrot sont ouverts de 11h à 19h tous les jours du 15 juin au 15 septembre et durant les vacances scolaires, et tous les samedis et dimanches de l’année.

La restauration durant le Banquet
Vendredi soir, samedi midi et soir et dimanche midi
, entre 12 h et 14 h, et 19 h 30 et 21 h, Thibault Olivier, jeune chef lagrassien, propose des repas – menu complet à 18 € TTC, boissons non comprises – dans la salle de la «boulangerie des moines», à l’abbaye.

Banqet-de-printemps-15-public

Le public nombreux dans le « cellier des moines »

 LE THÈME

À la mort de Franco, au bout de quarante ans de dictature, l’Espagne s’est engagée dans une période dite de « transition vers la démocratie », longtemps vantée comme un modèle d’évolution pacifique, si l’on excepte toutefois les conflits sociaux, les violences policières et les attentats jusqu’à la tentative avortée de coup d’État militaire en 1981. L’alternance politique qui voit la gauche socialiste arriver au pouvoir en 1982, loin de sonner l’heure des bilans des années de plomb, ne fait que renforcer le « pacte de silence » implicite qui a suivi la loi d’amnistie générale de 1977. Mais le silence n’est pas l’oubli. Dans les années 2000, les derniers protagonistes de la Guerre Civile disparaissent, leurs enfants ont reconstruit la société civile espagnole en tentant de tourner la page des années noires. Ce sont les nietos, les petits-enfants qui dénoncent aujourd’hui la part d’hypocrisie de la « transition », les effets néfastes du « pacte de silence » pour la vie en commun dans une société pacifiée. Loin de toute idée de vengeance, ils réclament justice et vérité pour que soient enfin honorés celles et ceux qui n’ont eu droit ni à une sépulture digne ni au souvenir. La loi de 2007, dite de la « Mémoire Historique » a reconnu le droit à la réhabilitation des victimes, à la recherche des disparus et de leurs restes par l’ouverture des fosses communes, à une sépulture digne pour tous, 70 ans après la Guerre et 30 ans après la loi d’amnistie. On a pu assister alors à une « explosion mémorielle » salutaire et controversée. La littérature a pris toute sa part à la fois dans ce retour sur les années de guerre et d’après-guerre mais aussi et surtout des interrogations sur le silence et l’oubli, la justice et la vérité, la transmission entre les générations. Comment évoquer une « mémoire historique » sans évoquer les rapports entre les divers modes narratifs sur le passé parmi lesquels la littérature occupe une place centrale ?

Pause-banquet-de-printemps-15

Banquet de Printemps 2015 : Pause au soleil

L’AGENDA

Vendredi 15 mai 2015
16 h : Histoire, mémoire et fictions : l’Espagne contemporaine revisitée, conférence introductive de Florence Belmonte
17 h 30 : Mémoire et résistance. Rencontre avec Alfons Cervera. Lecture
21 h 30 : cinéma documentaire : Le Mur des oubliés, de Joseph Gordillo (VOST, 52’)

Samedi 16 mai 2015
11 h : Table ronde : La littérature espagnole actuelle face à l’Histoire. Avec Florence Belmonte, Dominique Blanc et Georges Tyras.
15 h : Trois écrivains dans leur siècle. Rencontre avec Alfons Cervera, Victor del Arbol et Kiko Herrero.
17 h : Un passé qui ne passe pas, rencontre avec Victor del Arbol. Lecture
21 h 30 : Soirée concert
Cantando Españas, Lorca et Machado, avec Sandra Hurtado-Ròs et Jean-François Ruiz
Joglaresc, avec Damien Combes, Jean-Michel Hernandez et Cécile Sol

Dimanche 17 mai 2015
11 h : Table ronde : Les labyrinthes magiques de Max Aub, avec Claude de Frayssinet et Jean-François Bourdic. Lecture
15 h : Une adolescence à la fin du franquisme, rencontre avec Kiko Herrero
Lecture par Kiko Herrero
16 h 30 : Le roman espagnol au miroir de l’Histoire : origines et postérité de Don Quichotte, conférence de Michel Moner

Banquet-de-printemps-15-cellier

Le Banquet de Printemps 2015 : le « cellier des moines »

 

les écrivains

Victor del Arbol, né à Barcelone en 1968, est un écrivain de langue espagnole, auteur de romans noirs. Après avoir étudié l’Histoire, il travaille de 1992 à 2012 dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Il amorce une carrière d’écrivain avec la publication en 2006 du roman policier El peso de los muertos. C’est toutefois la parution de La Tristesse du samouraï, traduit en une douzaine de langues et best-seller en France, qui lui apporte la notoriété (Actes Sud, coll. Actes noirs, 2012, Prix du polar européen 2012 et finaliste du prix Polar SNCF 2013). Après La Maison des chagrins, (Actes Sud, 2013), sort en 2015, chez le même éditeur, son troisième roman noir traduit en français : Toutes les vagues de l’océan.

Alfons Cervera, écrivain et journaliste né dans un village du Pays valencien a consacré dans les années 1990 aux vaincus de la Guerre Civile et à la résistance d’après-guerre un des cycles de « romans de la mémoire » les plus importants de la littérature contemporaine. Emblématique du roman de témoignage, Maquis (1997), paru à La Fosse aux Ours en 2010 tout comme La couleur du crépuscule (1995), le premier roman du cycle traduit en 2012, a fait connaître au public français un auteur qui continue à explorer la mémoire familiale pour mieux exhumer une mémoire collective (Ces vies-là, La Contre Allée, 2011) et qui parcourt les chemins de l’exil en France pour mieux comprendre la crise vécue aujourd’hui dans le village d’origine (Tant de larmes ont coulé, La Contre Allée, 2014). Tous les romans d’Alfons Cervera sont traduits de l’espagnol par Georges Tyras.

Kiko Herrero est né à Madrid en 1962. Au début des années 80, il est programmateur au Rock-Ola, temple de la Movida. Il arrive à Paris en 1985, travaille dans le cinéma et le théâtre et met en scène performances et spectacles musicaux. En 1996, avec Serge Ramon, il ouvre éof, espace pluridisciplinaire d’exposition qui s’intéresse de façon transversale aux tendances émergentes de la création contemporaine. Il publie en français Sauve qui peut Madrid ! (P.O.L, 2014), qui dresse le tableau d’une jeunesse madrilène après la mort de Franco.

LES TRADUCTEURS, CRITIQUES, ESSAYISTES, éditeurs

Florence Belmonte est professeur de civilisation de l’Espagne contemporaine à l’Université Paul-Valéry-Montpellier III. Ses champs de recherche concernent l’histoire politique, sociale et culturelle de l’Espagne dans la période qui va de la Guerre Civile à l’époque actuelle et, plus particulièrement, la dictature franquiste, son histoire et la récupération de sa mémoire par le régime démocratique. Elle prête une attention particulière à la littérature, au cinéma documentaire et à la collecte de témoignages. Elle a publié Femmes et démocratie, les Espagnoles dans l’espace public, 1868-1978, (Ellipses, 2007), ainsi que d’autres ouvrages aux Presses Universitaires de la Méditerranée.

Dominique Blanc est anthropologue au centre de Toulouse de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses recherches actuelles portent sur les mises en scène et les mises en récit de la mémoire de la guerre civile espagnole en Catalogne aujourd’hui. Il est aussi traducteur de littérature espagnole, et a notamment traduit nombre d’ouvrages de Miguel Delibès (L’Hérétique, 2000 ; L’Étoffe d’un héros, 2002…), de Felipe Hernàndez (La Dette, 2003 ; Éden, 2004…), tous parus aux éditions Verdier ; ainsi qu’un livre de photos d’Isabel Muñoz (Actes Sud, 2004).

Jean-François Bourdic est éditeur, co-fondateur des éditions Les Fondeurs de briques, installées à Saint-Sulpice dans le Tarn.
Spécialisées notamment dans les ouvrages littéraires de langues espagnole et anglaise, ces éditions ont notamment publié les 6 volumes du Labyrinthe magique de Max Aub, dans la traduction de Claude de Frayssinet. « Le Labyrinthe magique est un retable du sol au plafond : polyptyque composé de niches où apparaissent, avec ou sans rapport entre elles, des tas d’histoires. C’est le retable moderne de la guerre d’Espagne. » Philippe Lançon, journal Libération.

Claude de Frayssinet est traducteur de littérature espagnole. Il a passé dix années de sa vie en Amérique latine. Il a entre autres traduit Les Délices et les ombres, la trilogie de Gonzalo Torrente Ballester (Actes Sud, 1999) et les 6 tomes du Labyrinthe magique de Max Aub – fresque fictionnelle autour de la guerre d’Espagne commencée en 1942 – publiés aux éditions Les Fondeurs de briques, (2009-2011). Il est l’auteur de l’Anthologie de la poésie espagnole 1945-1990, (Seuil-Points, 2007). Il participe régulièrement à des ateliers de traduction, notamment à l’Institut de traduction de Madrid.

Michel Moner est professeur de littérature hispanique à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès. Président honoraire de la Société des hispanistes français et membre du conseil scientifique de la Casa de Velázquez (Madrid), il est spécialiste de Cervantès, de la littérature espagnole du Siècle d’Or. De plus, ses travaux portent sur le conte et la tradition orale hispanique. Il a publié de nombreux ouvrages dont Cervantès Conteur, Écrits et paroles, (Casa de Velásquez, 2002). Par ailleurs, il fonde et anime « Infantina » : un groupe de chercheurs-pédagogues, qui a pour objet d’étude la littérature pour enfants de langue espagnole. Il a co-dirigé l’édition de La Pléiade des Œuvres romanesques complètes de Miguel de Cervantès (2 tomes, Gallimard, 2001).

Georges Tyras est professeur de langue et littérature espagnoles contemporaines à l’université Stendhal de Grenoble.
Ses recherches concernent la littérature en Espagne des XXe et XXIe siècles, notamment la production romanesque de l’après-franquisme.
Traducteur, entre autres, de Manuel Vazquez Montalban, Andreu Martin, Suso de Toro… il a fait connaître en France par ses traductions l’oeuvre de Alfons Cervera à qui il a par ailleurs consacré un ouvrage en espagnol (Memoria y resistencia. El maquis literario de Alfons Cervera, Montesinos, 2007). Il a dirigé plusieurs publications collectives sur la littérature espagnole contemporaine, la question de la mémoire et la post-modernité.

Michel-moner

La conférence magistrale de clôture de Michel Moner : le Quichotte vivant !