École de la Pensée 2013

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ATELIER DE PHILOSOPHIE

LE CYCLE 2013 — « LA COMMUNAUTÉ : QUESTIONNEMENT SUR L’ÊTRE-ENSEMBLE »

Cet atelier est animé par Dominique Bondu, directeur de la Maison du Banquet & des générations, docteur en sociologie, auteur d’une thèse de philosophie sociale (École des Hautes Études en Sciences Sociales).

Il se déroule, de janvier à novembre 2013, sur neuf séances de deux heures, un dimanche matin par mois (10 h 30 – 12 h 30) : les 13 janvier, 10 février, 24 mars, 21 avril, 26 mai, 16 juin, 7 juillet, 29 septembre et 27 octobre 2013.

L’atelier est ouvert à tous, sans critères ni conditions d’admission – si ce n’est d’accepter la « règle de la méthode » ; il concerne toute personne désireuse de s’interroger sur le Sens et de creuser l’exigence du « souci de l’âme », à égale distance de l’académisme scolaire et du débat d’opinions. Cet atelier veut être un espace commun de pensée, à l’écart du « café du commerce » où se met en scène le jeu illusoire des opinions, mais aussi à distance de l’académisme universitaire qui, faisant appel à un savoir pré-requis, relève plutôt de l’histoire des idées.

Il s’agit bien ici de se risquer à un chemin de pensée, grâce à des résonances, suscitées par la réflexion commune,  entre le propre questionnement existentiel de chacun et les grands textes de ceux qui ont tenté de penser de façon approfondie ces mêmes questions avant soi.

L’argument de cet atelier de philosophie est le suivant.

La question de la Communauté, de l’être-ensemble était au cœur de la réflexion communes, conduite dans cet atelier, pensé comme une préparation au Banquet d’été. Cette question peut se décliner  de multiples façons :

Platon-Aristote

Platon et Aristote, détail de L’École d’Athènes par Raphaël

  • comment faire société ?
  • quelle communauté ?
  • quelle coopération ? quel faire avec ?
  • l’être-ensemble, le vivre-ensemble ?
  • quel mode de coexistence ?
  • comment concevoir le collectif ? etc.

Pour cette année 2013, il s’agit de poser les fondements philosophiques de ce questionnement, en s’appuyant principalement sur l’étude de La République de

Platon, de La Politique et de L’Éthique à Nicomaque, d’Aristote.

SÉMINAIRES 2013 DE PHILOSOPHIE

SÉMINAIRE DE PAUL AUDI, SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JUILLET 2013 : « BONHEUR ET SOUVENRAINETÉ : LECTURE DE GEORGES BATAILLE »

Au cours de ces deux journées le philosophe Paul Audi propose à toute personne sans exclusive, non pas un cours sur Bataille, mais bien plutôt une aventure dans la pensée – pensée partagée : celle de Bataille, celle de Paul Audi et celle de chacun des participants – à partir donc d’une lecture de ce livre surprenant de Georges Bataille : La Souveraineté (Éditions Lignes, 2012) .

Pour Paul Audi, la lecture de La Souveraineté fut un « choc » qu’il a souhaité partager.

Revue-acephale

Revue Acéphale, de Georges Bataille

Paul Audi a voulu ainsi faire part de ce que cette lecture lui a inspiré ; en particulier, tenter de dégager le sens de cette notion « impossible » que Bataille appelle Souveraineté, qui n’est ni de l’ordre de la maîtrise, ni de l’ordre de la puissance – ce qui ne laisse pas de créer les plus gros malentendus. C’est cela qui donne un contenu au « miraculeux », lequel à son tour n’est ni le prodigieux, ni le merveilleux, ni (encore moins) le surnaturel.

Intervenant : Paul Audi est l’un des plus grands philosophes de langue française, d’aujourd’hui.

Né en 1963 au Liban, le philosophe Paul Audi a écrit de nombreux ouvrages (une vingtaine de publiés), principalement consacrés à l’éthique, à la création artistique et aux relations entre éthique et esthétique. Il est l’auteur d’une thèse sur Rousseau. Il s’inscrit dans le sillage d’une philosophie de la vie : reprend la lignée de Schopenhaurer, Rousseau, Kierkegaard, Nietzsche et, plus proche, Michel Henry.

Il est également spécialiste de Romain Gary, écrivain mésestimé, mort en 1980.

« Depuis quelque temps, ce solitaire hyperactif commence à être reconnu pour ce qu’il devient : un de nos rares vrais philosophes, tout simplement. Voilà que les Etats-Unis et le Canada l’invitent et commencent à le fêter. Ses livres sont en cours de traduction aux Pays-Bas ou en Espagne. Bref, on s’avise en plusieurs lieux, qu’en France un philosophe est né. Ne soyons pas les derniers avertis. » (Roger-Pol Droit, Le Monde).

Derniers ouvrages parus : L’Escande – Ronan Barrot, peintures (monographie), Snoeck, 2013 ; Discours sur la légitimation actuelle de l’artiste, Encre marine, 2012 ; L’Empire de la compassion, Encre marine, 2011 ; Le Théorème du surmâle ou Lacan selon Jarry, Verdier, 2011 ; Créer, Verdier, 2010 ; Jubilations, Bourgois, 2009 ; Rousseau, une philosophie de l’âme, Verdier, 2008 ; Supériorité de l’éthique, Flammarion, coll. « Champs », 2007

SÉMINAIRE DE GILLES HANUS, LES 1ER ET 2 AOÛT 2013 : « LECTURE DE SARTRE : DU COLLECTIF SÉRIEL AU GROUPE EN FUSION »

Durant deux journées pleines, les 1er et 2 août 2013, se tient le séminaire de philosophie de Gilles Hanus, sur le thème « Lecture de Sartre : du collectif sériel au groupe en fusion ».

Il se présente sous la forme d’ateliers d’étude et de réflexion partagées, à partir des éclairages de Gilles Hanus et de lectures de textes extraits du livre de Jean-Paul Sartre : La Critique de la raison dialectique (Gallimard).

  • Animateur : Gilles Hanus, philosophe, enseignant et directeur des Cahiers d’Études lévinassiennes, a notamment publié L’Un et l’Universel (éditions Verdier, 2007), Quitter l’Université, sans renoncer au savoir, (Éditions du Sandre, 2011),  Échapper à la philosophie ? (Verdier 2013), L’Éclat de la pensée, Benny Lévy (Verdier 2013).
  • Public : Cet atelier était ouvert à toute personne désireuse de s’engager dans une démarche de pensée. Aucun prérequis n’était demandé.

SÉMINAIRE DE JEAN-CLAUDE MILNER DU 7 AOÛT 2013 : « COMMENT LIRE À L’ENVERS POUR LIRE À L’ENDROIT ? »

Voir la transcription complète du séminaire

Il s’agit d’un séminaire de travail proposé par Jean-Claude Milner, durant le Banquet d’Été et qui portera sur son livre, Le Sage trompeur, libres raisonnements sur Spinoza et les Juifs (Éd. Verdier, 2013), dont voici le résumé par l’auteur :

Spinoza sait qu’une question inquiète l’Europe de son temps : comment les Juifs sont-ils Couv-le-sage-trompeur-milnerencore possibles ? Publiant, en 1670, le Traité théologico-politique, il met à profit l’occasion pour proposer sa réponse, sous la forme d’un court manifeste, inséré à la fin d’un chapitre.

Les premiers mots situent l’enjeu : « Aujourd’hui les Juifs ».

L’aujourd’hui de Spinoza est devenu un passé. Mais la question demeure. Elle inquiète plus que jamais et bien au-delà de l’Europe. À en croire certains, il y va de la paix et de la guerre pour tous.

Aussi est-il opportun de comprendre ce que dit Spinoza. Car ses propos sont obscurs. À dessein.

Spinoza veut qu’on soit déconcerté, afin qu’on cherche ce qu’il veut vraiment signifier. Il écrit ainsi parce qu’il est persuadé d’avoir à tenir des propos offensants. Offensants pour les Juifs, qu’il connaît bien puisqu’il est né parmi eux, mais surtout offensants pour les honnêtes gens.

Quand la vérité blesse au point qu’elle ne puisse se dire, le seul moyen pour celui qui ne veut pas se taire, c’est de passer par la fausseté. Le manifeste de Spinoza est un tissu de contrevérités. Elles sont destinées à éveiller l’attention. En les relevant et en les rectifiant une à une, le lecteur découvrira ce que doit être, selon Spinoza, la politique à mener à l’égard des Juifs. Il identifiera les événements et les raisons qui éclairent les choix de 1670.

Il mesurera à quel point ces choix anciens déterminent notre présent et notre avenir.

Au cours de mon enquête, j’ai décidé de me taire sur mes propres sentiments. J’admets qu’on puisse être choqué par ce que j’ai mis au jour. »

  • Intervenant : Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe ; dernier ouvrage paru : Le Sage trompeur, libres raisonnements sur Spinoza et les Juifs (Éd. Verdier, 2013) (128 pages, 14,50 €)
  • Date : Mercredi 7 août 2013, de 14 h à 16 h (horaires impératifs : le séminaire démarrera à l’heure précise).
  • Lieu : La Maison du Banquet & des générations, Abbaye publique de Lagrasse (11220).
  • Public : Cet atelier est ouvert à toute personne désireuse de s’engager dans une démarche de pensée. Aucun prérequis n’est demandé, si ce n’est la lecture de l’ouvrage Le Sage trompeur.

JOURNÉE PHILOSOPHIQUE

« HOMMAGE À BENNY LÉVY », DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013

À l’occasion du 10e anniversaire de sa mort et de la parution cet automne de trois ouvrages aux éditions Verdier : Benny Lévy, L’Alcibiade. Introduction à la lecture de Platon ; Léo Lévy, À la vie ; Gilles Hanus, L’Éclat de la pensée. Benny Lévy, cette journée aborde son itinéraire, son œuvre.

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Benny Lévy

Benny Lévy est né en 1945 au Caire. Élève de l’École normale supérieure de 1965 à 1970, il s’engage dans le militantisme et dirige, après Mai 68, la Gauche prolétarienne, sous le pseudonyme de Pierre Victor. Il a été le secrétaire de Jean-Paul Sartre, de septembre 1974 jusqu’à la mort de l’écrivain en 1980. Après avoir enseigné la philosophie pendant plus de dix ans, il s’installe en Israël en 1995, où il veut faire connaître la pensée de son maître Emmanuel Lévinas, en créant l’École doctorale de Jérusalem puis, avec Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy en 2000, l’Institut d’études lévinassiennes, qu’il dirige jusqu’à sa mort, le 15 octobre 2003. Benny Lévy aimait particulièrement venir à Lagrasse et au Banquet du Livre. Une fondation est dédiée à son œuvre.

C’est à partir des séminaires qu’il avait initiés à Lagrasse (et qui visaient à réfléchir sur l’échec de la pensée révolutionnaire), qu’est née l’idée de les ouvrir à un plus large public et de créer, dans ce lieu protégé des agitations diverses, le Banquet du livre dont le premier eut lieu en 1995.

« Entre la philo, le maoïsme, la Cabale et le Talmud, les invariants [du parcours de Benny Lévy] sont le travail, l’étude intense, la pensée, la dialectique, la quête de sens pour soi et les autres, la recherche d’une place habitable en ce monde (ce dernier point d’autant plus aigu pour celui qui fut exilé et apatride). […] On a beau n’entretenir aucun rapport avec la religion, la vie de Benny Lévy est passionnante parce qu’elle se noue à tous les épicentres philosophiques, politiques et géopolitiques des cinquante dernières années. » (Serge Kaganski, Les Inrocks).

Intervenants :

Léo Lévy : Léo (diminutif de Léopoldine) Aronowiz est née en janvier 1943 à Paris de parents juifs polonais émigrés en France en 1928. Étudiante en lettres classiques à la Sorbonne, elle rencontre Benny Lévy en octobre 1964. Elle l’accompagnera tout au long de sa vie, et au-delà : avec le travail d’édition de ses textes et le livre qui retrace leur itinéraire, À la vie (éditions Verdier, 2013).

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Couverture de À la vie

« À la vie est un livre magnifique de précision, de limpidité, d’humilité et d’amour » (Serge Kaganski, Les Inrocks), qui relate un parcours – celui de Benny Lévy – à travers la voix de sa femme Léo, un itinéraire où les exigences de la pensée et les gestes quotidiens s’ajustent au plus près, alliant à l’extrême rigueur un généreux amour de la vie.

« Le chef révolutionnaire sans nom, à l’existence improbable, en tout cas invisible, pouvait-il vraiment du chaos des faits et des discours faire émerger une vision et une visée claires ?

Il eut des maîtres. Côté philosophie, il se réfère à Sartre, Althusser et Lévinas. Côté sagesse d’Israël, il a été enseigné par un cabaliste ashkénaze, un rav français d’origine marocaine, un Yérouchalmi d’ascendance lituanienne.

Enfin, au cœur de l’énigme, quel lien entre ce tout jeune Juif arrivé d’Égypte, pathétique et ardent, en quête acharnée d’assimilation, et la fille du faubourg Saint-Antoine, placide, rigolote par parti pris, qui portait encore vivaces les traces des villes juives de Pologne ? Étrange rencontre. Plus étrange encore, la constance malgré les turbulences. » (présentation de À la vie).

Gilles Hanus : Ancien élève de Benny Lévy, il est enseignant de philosophie et directeur de la Revue d’Études lévinassiennes.

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Couverture de Benny Lévy, l’éclat de la pensée

Il a notamment publié L’Un et l’Universel (éditions Verdier, 2007) et Quitter l’Université, sans renoncer au savoir, (Éditions du Sandre, 2011), Échapper à la philosophie ? (Verdier, 2012), Benny Lévy, L’Éclat de la pensée (Verdier, 2013).

« Les textes de Benny Lévy restent méconnus, car l’image que l’on a de lui fait obstacle à leur lecture. Écartant cette image, nous nous en tiendrons à sa manière si singulière de lire les textes, quels qu’ils fussent, de leur donner vie. Qu’un texte puisse, grâce à la voix qui le porte et le déplie, grâce au travail, acharné et patient, de la lecture qui en explore les articulations les plus manifestes mais aussi les plus secrètes, parler à chacun en propre, l’atteindre en son point sensible : telle est la vie dont nous parlons, plus forte que la mort qui menace tous les textes.

Car la voix risque de disparaître dans l’épaisseur même des lettres ; les textes réifiés de perdre leur pouvoir de dire. Re-susciter la voix au cœur de la lettre, faire retentir son grain, son souffle, son amplitude et ses nuances : telle doit être l’ambition d’une véritable lecture. Pour Benny Lévy, la pensée fut indissociable d’un tel travail de lecture, l’amenant à reprendre à neuf les textes, à en renouveler la compréhension. Cette puissance de lecture produisit dans son geste de pensée cinq exigences qui guideront notre réflexion : réformer la pensée, sortir du politique, penser l’universel autrement, faire retour au Nom, produire, enfin, des événements de lecture. » (Présentation de Benny Lévy, l’Éclat de la pensée).

Au programme :

14 h – 14 h 30 : Benny Lévy, Lagrasse et le Banquet du livre. Introduction à la journée, par Colette Olive et Michèle Planel, gérantes des éditions Verdier, Dominique Bondu, directeur de la Maison du Banquet et Jean-Michel Mariou, président du Marque-Page.

14 h 30 – 15 h 30 : « À la vie : un parcours dans le siècle », entretien de Léo Lévy avec Serge Bonnery

16 h – 17 h : Benny Lévy, l’éclat de la pensée, par Gilles Hanus

17 h – 18 h 30 : Projection de Benny Lévy, traces d’un enseignement
(durée : 58’), film inédit de Jackie Berroyer et de Pascale Thirode. Jackie Berroyer a filmé Benny Lévy lors d’un séminaire sur L’Alcibiade de Platon à l’université de Paris VII en 1976, et l’a interviewé à Jérusalem. Jackie Berroyer est scénariste, auteur, acteur et dialoguiste. Il travaille pour le cinéma, la télévision, le théâtre et la presse écrite.

C’est en suivant un cours de Benny Lévy qu’il fut convaincu qu’on devait en garder témoignage. Il a donc filmé les 32 h de cours sur l’Alcibiade et est allé plus tard à Jérusalem interviewer Benny Lévy. Réalisé avec Pascale Thirode et la collaboration de Gilles Hanus, le film inédit, Benny Lévy, traces d’un enseignement, est fait à partir de ce matériau.

enregistrements audio

– Journée Benny Lévy du 20 octobre 2013 : brève intervention d’Alain Raybaud :

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– Journée Benny Lévy du 20 octobre 2013 : intervention de Gilles Hanus :

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