École de la pensée 2017

Atelier | Stages, séminaires | Autres événements | Audio | Retour à Présentation École de la Pensée

Atelier

« PENSER ET AGIR : APPROCHES D’UNE PHILOSOPHIE MORALE »

journee-levy

Journée « Hommage à Benny Lévy »

– Le thème : Les interrogations passées sur la notion d’« étranger », ce qui n’est pas « nous », mais aussi sur l’État et la nation, ont inévitablement débouché sur la question du rapport à l’autre, l’altérité – la tension, comme l’écrit Rousseau, entre « l’instinct de soi » et « l’instinct de pitié ». Ainsi se dessinait un parcours réflexif menant de l’ontologie – le plan de l’être, décliné sur le registre individuel ou collectif – à la morale ; c’est la parcours qu’a d’une certaine façon suivi Jean-Paul Sartre, quand à l’issue de L’Être et le Néant, il conclut sur la nécessité d’une réflexion morale. Après bien des méandres, Cahiers pour une morale paraîtra seulement en 1983, après la mort du philosophe. Dans le prolongement de ses réflexions sur la relation à autrui, Sartre étudie ce que peut être une « morale concrète » – en situation. Ce parcours est parallèlement celui d’Emmanuel Lévinas qui arrache la philosophie au terrain de l’être pour poser l’exigence d’un être-au-monde tourné vers la question de la responsabilité pour autrui, de l’éthique – d’un « autrement qu’être ou au-delà de l’essence ». Au fond, ces parcours nous suggère qu’il se révèle un manque, une insuffisance, à s’exercer seulement à la saisie, à la contemplation de l’être. Dans le cours de son existence, le sujet humain est requis dans l’orientation de ses conduites, de sa manière de vivre, de répondre de soi et de l’autre. Cette réquisition implique la nécessité de se situer sur le plan de « la raison pratique » et non pas seulement de « la raison pure », pour reprendre ainsi le vocabulaire d’Emmanuel Kant. À partir du moment où nous nous considérons comme possédant une certaine liberté, et non pas seulement soumis au déterminisme ou au destin, nous ne pouvons échapper à la question de ce qui doit guider en conscience notre vie concrète, orienter nos actions. Les Anciens (les Stoïciens, mais aussi les épicuriens, par exemple, mais aussi Platon et son souverain Bien, au-delà de l’Être) ont également éprouvé la nécessité de réfléchir à l’orientation de leur conduite, de leur sagesse de vie, à la question morale.
Dans notre monde actuel, marqué par le triomphe de l’Intérêt et de l’utilitarisme économique, où l’affirmation de l’être est devenu l’impératif catégorique de l’individu humain, la question morale revient plus que jamais à sa source : « que faire ? », dans chaque situation concrète de l’existence, où le surgissement de « l’étranger » vient interrompre le circuit fermé de moi à moi, me « dés-inter-esser ».

– Animateur : M. Dominique Bondu, directeur de la Maison du Banquet & des générations, docteur en philosophie sociale.

– Contenu : Cet atelier veut être un espace commun de pensée, de réflexion partagée, à partir d’éclairages théoriques et de lectures de textes philosophiques. Par convention, nous réserverons le terme d’éthique au champ théorique d’une réflexion sur les valeurs, tandis que morale viendra désigner l’interrogation sur ce qui oriente les conduites individuelles et collectives. Dans ce cycle, nous nous attacherons à approfondir cette question (re-)devenue cruciale de la « morale concrète », en nous appuyant sur différentes œuvres de la philosophie morale.

– Public : Toute personne désireuse de s’engager dans une démarche de pensée. Aucun prérequis n’est demandé.

– Calendrier : Les séances se déroulent un dimanche matin par mois (hors vacances scolaires), de 10 h 30 à 12 h 30. Voici le calendrier prévisionnel des 10 séances :

– Dimanche 4 décembre 2016 (10h30 – 12h30)
– Dimanche 22 janvier 2017 (10h30 – 12h30)

Telle ou telle date pourra éventuellement être modifiée si une majorité de participants le souhaitent.
L’inscription se fait pour la totalité du cycle des 8 séances.

Il est possible de partager ensuite le déjeuner sur place (le repas : 13 euros tout compris, à régler sur place. Nombre de place limité pour chaque repas à 12 personnes).

– Lieu : La Maison du Banquet & des générations, Abbaye publique de Lagrasse (11220).

– Participation aux frais : 40 euros les 10 séances. Réduction : 20 euros pour les personnes disposant d’un revenu correspondant à un minimum social (R.S.A., A.S.S., Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées, etc.) et pour les étudiants.

– Inscription préalable obligatoire, renvoyer le bulletin (Télécharger le bulletin) à : Association Le Marque-Page, BP 5, 11220 LAGRASSE, accompagné d’un chèque de 40 euros (ou 20 euros) à l’ordre du Marque-Page.

Stages, séminaires

 

AUTRES ÉVÉNEMENTS

La nuit des idées

jeudi 26 janvier 2017 à 18h30

Afrique, Europe : du pillage à un monde commun ?

Entrée libre et gratuite.

Depuis quelques années, de nombreux lieux partenaires de l’événement (libraires, associations, ONG, écoles, centres d’art, laboratoires…) proposent de venir, à la nuit tombante, rencontrer chercheurs, artistes et créateurs pour découvrir leurs travaux et partager leurs réflexions, dans l’effervescence de véritables fêtes de la pensée. Débats d’un nouveau genre, les Nuits de la philosophie, Nuits des philosophes, Nlogo-nuit-des-idees-17uits des idées…
Après avoir accompagné ces initiatives de Londres à Tokyo, de Buenos Aires à Rabat, l’Institut français propose ce 26 janvier de faire un pas de plus :
– rassembler toutes ces Nuits des idées le même jour, ou plutôt la même nuit, dans le monde entier
– associer, pour promouvoir ensemble la libre circulation des idées, de grands lieux de savoir et de culture en France comme à l’international

Cette année, la Nuit des idées aura pour thème « Un monde commun ».

La Maison du Banquet accueillera à cette occasion l’écrivain Arno Bertina pour une conférence-débat, qui s’articulera autour des questions suivantes :

Si l’idée de « monde commun » est stimulante, créatrice et intrigante, elle ne résiste presque jamais à l’examen. Qu’avons-nous en partage avec l’Afrique par exemple ? Que mettons-nous au pot commun ? Que subtilisons-nous à ce pot commun ? Ces questions dessinent les limites du monde commun, de la fraternité, de l’universalisme.
Elles font aussi apparaître, en creux, l’utopie qu’il nous revient de nommer, de décrire, pour qu’un jour peut-être il ne soit plus ridicule de parler d’un monde ou de préoccupations que l’Europe aurait en commun avec l’Afrique. Les mots de « malice », de « créativité » seront prononcés, et il sera question des esprits, de la magie, etc.

Arno Bertina est né en 1975 est écrivain. Il a été pensionnaire à la Villa Médicis à Rome (2003-2004). Il est l’auteur de plusieurs romans, récits, essais, extrêmement inventifs par leur forme (de la phrase à la structure d’ensemble du livre), où récits et personnages sont portés, levés, par un souci de vitesse et de libération – libération de la langue, des sens, du sens ; libération identitaire. Il collabore régulièrement à différentes revues et coopère aux éditions Inculte, collectif d’auteurs, qui vient de publier (avril 2016) En procès, une histoire du XXe siècle. Il a également écrit des fictions telles que Le Clochard avait un coffre et La Relève des dieux par les pitres, et les adaptations radiophoniques de Sous le volcan de Malcolm Lowry et de La Conscience de Zeno d’Italo Svevo, qui ont été diffusées par France Culture.

Photo-bertina-patrick-gherdoussi

Arno Bertina @ Patrick Gherdoussi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Nuit des idées bénéficie du soutien d’un comité de parrainage constitué de personnalités prestigieuses du monde de la culture : Robert Badinter (avocat, universitaire et responsable politique, France), Patrick Boucheron (historien, France) ; Barbara Cassin (philosophe, France), Hélène Carrère d’Encausse (Secrétaire Perpétuel de l’Académie Française, France), Michaël Foessel (philosophe, France), Esther Duflo (économiste, France et USA), Souleymane Bachir Diagne (philosophe, Sénégal), Achille Mbembe (historien, Cameroun), Pierre Rosanvallon (historien, France),  Anne Cheng (sinologue, France), Maylis de Kérangal (romancière, France), réunis sous la houlette des deux coordinateurs de l’événement, Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, responsable du pôle idées et savoirs de l’Institut français) et Mark Alizart (philosophe).