École de littérature 2014

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atelier de littérature — cycle 2014 : « En lisant en écrivant» :

L’année 2014 accueille un nouvel atelier de littérature, où il est question de lecture et d’écriture. Cet atelier a pour thème : « Quand les petits livres sont de grandes œuvres ».

Jocelyn Bonnerave, écrivain, musicien, auteur de pièces radiophoniques et de performances ; a publié deux romans : Nouveaux Indiens (éditions du Seuil, 2009) et L’Homme bambou (Seuil, 2013).

« En lisant, en écrivant » : le titre générique du cycle, emprunté à Julien Gracq, ne renvoie pas à une idée de la tradition littéraire comme héritage patrimonial et autoritaire, mais bien plutôt comme champ de possibles.

Cet atelier se décline selon deux temps successifs :

1) Un cycle de 6 séances, à raison d’une séance par mois, consistant en des leçons de littérature et d’écriture où Jocelyn Bonnerave partagera avec les participants les ouvrages dont la lecture a été et demeure fondamentale dans sa propre expérience d’écrivain. Comme l’intitulé le suggère, ce sont des textes de petit format, mais qui constituent des œuvres majeures de la littérature :

2) Un atelier intensif d’écriture, invitant les participants à expérimenter par eux-mêmes cette continuité entre lecture des autres et écriture personnelle sous la forme d’ateliers d’écriture de 2 jours, répartis sur deux dimanches successifs.

Écouter les enregistrements audio de ces séances, en bas de page.

 STAGES DE LITTÉRATURE 2014

Inscription préalable obligatoire pour chacun de ces stages de littérature et/ou d’écriture de 2014.

  • Participation aux frais :
    Chacun de ces stages fait l’objet d’une participation aux frais de : 20 euros pour l’ensemble.
    Tarif réduit de 10 euros pour les personnes disposant d’un revenu principal équivalent à un minimum social (R.S.A., Allocation spécifique de Solidarité, Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées, etc.) et pour les étudiants.
    Il est vivement conseillé de déjeuner sur place (13 euros le repas tout compris, hors boissons).

 

SAMEDI 12 AVRIL ET DIMANCHE 13 AVRIL 2014 : STAGE D’ÉCRITURE AVEC LA ROMANCIÈRE JEANNE BENAMEUR

Ce stage d’écriture se déroulera sur deux journées pleines.

Thématique : Ce stage consistera à faire, de l’intérieur de la littérature, l’expérience de l’écriture, pour mieux s’adonner à la lecture de romans de qualité.

Jeanne Benameur est une écrivaine française, née d’un père arabe et d’une mère italienne. La guerre d’Algérie amène sa famille à s’installer en France. Ces deux langues ont bercé son enfance : l’arabe et le français. Après l’obtention du CAPES, elle est professeur de lettres en banlieue parisienne. Ce n’est qu’à partir de 2000 qu’elle se consacre entièrement à l’écriture. Elle a publié pour la 1re fois en 1989 des textes poétiques, puis elle fait paraître des romans, d’abord chez Denoël et, depuis 2006, chez Actes Sud. Elle publie également de nombreux livres de littérature jeunesse aux éditions Thierry Magnier. Elle a également été directrice de collection chez Actes Sud junior (collection « D’Une Seule Voix ») et chez Thierry Magnier (coll. «  Photoroman »).

Son roman, Les Demeurées reçoit en 2001 le Prix Unicef. Elle est lauréate par la suite de nombreux prix, et en 2013, Profanes est couronné par Le Grand Prix RTL Lire.

Parallèlement à son travail d’écrivain, elle anime régulièrement des ateliers d’écriture, notamment en milieu carcéral. Ceux-ci tiennent une grande place dans son parcours. Pour Jeanne Benameur, l’atelier d’écriture ne fait peut-être pas des écrivains, mais des lecteurs. Lorsque quelqu’un travaille ses propres mots, il a moins peur des mots des autres.

Bibliographie :

Jeanne Benameur a publié une trentaine de livres : romans pour adultes et pour jeunes. Entre autres :

Littérature jeunesse :

Le Petit Être, Éditions Thierry Magnier, coll. « Album illustré par Nathalie Novi », 2000.
Une heure, une vie, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman », 2006
Ça t’apprendra à vivre, Actes Sud junior, coll. « Babel », 2007
Le Ramadan de la parole, Actes Sud Junior, coll. « D’une Seule Voix », 2007
Je vis sous l’œil du chien suivi de L’Homme de longue peine, Actes Sud, janvier 2013.

Littérature générale :

Les Demeurées, Gallimard, coll. « Folio », 2002
Les Mains libres, Gallimard, coll. « Folio », 2006
Les Reliques, Denoël, 2005, puis Actes sud Babel, 2011
Présent ?, Denoël, 2006, puis Gallimard en folio, 2010
Les Insurrections singulières, Actes Sud, 2011
Profanes, Grand Prix RTL-Lire 2013, Actes Sud, janvier 2013.

Jeanne Benameur

Jeanne Benameur

 

SAMEDI 7, DIMANCHE 8 ET LUNDI 9 JUIN 2014 : STAGE DE LECTURE-ÉCRITURE « LES AMIS SECRETS », AVEC L’ÉCRIVAIN MARC BLANCHET

Voici la présentation de ce stage, telle qu’elle est proposée par son animateur, l’écrivain Marc Blanchet.

« Durant trois jours, je propose aux personnes inscrites de se retrouver autour de différents auteurs qui font partie de mes « amis secrets », expression qu’utilisait Pétrarque pour parler des auteurs classiques (les grecs et latins) et que nous pouvons reprendre à notre compte afin de désigner, de l’Antiquité à aujourd’hui, ces auteurs, ces artistes dont la fréquentation ont nourri notre personnalité, permis notre accomplissement, développé notre pensée.

Pour ce stage, la langue française sera à l’honneur. Nous tenterons d’avoir ce plaisir de décortiquer quelques œuvres brèves, quelques tableaux et musiques pour les restituer dans notre propre écriture, croisant cette étude à des perceptions qui sont nôtres, des points de vue personnels, des regards intimes.

Au programme de ce passage entre la lecture et l’écrit, et ce pêle-mêle, afin de créer un dynamisme dans ce partage : Hugo, Claudel, Baudelaire, Beckett, Mallarmé, Nerval, Villon, Segalen, Dupin, Musset, Venaille ; en musique : Couperin, Ravel, Debussy, Messiaen, Dutilleux (listes littéraire et musicale non exhaustives, liste des peintres en cours).

Textes, musiques, peintures : chacun essaiera de créer sur une base commune un petit volume d’écrits où, dans une mise en tension née de l’approche des œuvres, il aura la liberté, non sans rigueur, de raconter sa vision de l’œuvre, d’en inventer une existence nouvelle, entre la bienveillance d’une prose accessible et un sens possible de l’aphorisme, afin que le verbe serve au mieux ces carnets d’études, de méditations.

Ce travail nécessite donc un élan aux vertus pédagogiques, de l’enthousiasme aussi, un besoin de ma part d’apporter ces œuvres avec conviction, l’importance d’accompagner dans l’écriture les émotions ressenties, les intuitions, les pensées. »

Marc Blanchet, né en 1968 à Bourges, a publié une quinzaine d’ouvrages (fictions, poésies, essais), dont : Les Amis secrets (essai, éd. Corti, 2005), Trophées (récits, Farrago, 2005), Cheval Blanc (poésie, Virgile, 2005), Les Naissances (poésie, Le Bois d’Orion, 2006), L’Éducation des monstres (proses, La Lettre volée, 2010) ; L’Ondine (récit, L’arbre vengeur, 2010). Ses poèmes ont été mis en musique par György Kurtag et par Patrick Burgan. Également photographe, il a exposé à Bordeaux (2007), au Sri Lanka (Ambassade de France, 2008), au C.A.C. de Châtellerault (2012). Il organise et anime des rencontres littéraires ; enseigne à l’Université de Tours.

Marc Blanchet

 Calendrier :

3 journées pleines : samedi 7 juin 2014 (11 h – 18 h), dimanche 8 juin 2014 (10 h – 18 h), lundi 9 juin (10 h – 16 h).

 

SAMEDI 18 OCTOBRE ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2014 : STAGE DE LITTÉRATURE AVEC L’ÉCRIVAIN ÉRIC VUILLARD

LA LITTÉRATURE : FICTION OU RÉALITÉ ? « ET SI LA LITTÉRATURE VISAIT À DÉFAIRE LA FABLE ? »

L’écrivain Éric Vuillard propose durant deux jours (le week-end des 18 et 19 octobre 2014, durant les vacances scolaires d’automne) un stage de Littérature. Il s’agira de partager avec l’auteur une approche à contre-courant de ce qu’est la littérature, à partir d’une lecture commune d’un choix de grands textes, proposé par Éric Vuillard, car ils ont constitué – et constituent – pour lui des moments décisifs de son parcours de lecteur et d’écrivain.
« On entend souvent dire que la littérature est un exercice d’imagination, une fable. Et si, au contraire, s’adossant à notre désir de comprendre, la littérature visait avant tout à défaire la fable ? Si sa plus grande ambition ou son premier penchant n’était pas la fiction mais de rendre compte de la réalité ? Et si la fiction tenait davantage au discours dominant, dont l’une des fonctions est de nous raconter, le plus sérieusement du monde, des salades ?
A travers des lectures de Villon, Manzoni, Melville, Dos Passos et Jean-Paul Michel, des discours de Faulkner et des écrits théoriques de Döblin, nous allons tenter de raconter cette autre histoire. » (Éric Vuillard).

Repas terrasse séminaire Vuillard ocot. 14Déjeuner des participants au séminaire de littérature d’Éric Vuillard

 

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il vit actuellement à Rennes. Il est l’auteur de six livres, Le Chasseur (Michalon, 1999) et aux éditions Léo Scheer : Bois vert (2002), Tohu (2005) et Conquistadors (2009), récompensé par le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a publié en 2012 deux récits aux éditions Actes Sud, La Bataille d’Occident et Congo.
Il a réalisé deux films, L’homme qui marche (2007) et Mateo Falcone (2014) – une adaptation de la nouvelle de Prosper Mérimée.

À propos de Congo : « Belle et riche de fulgurances, cette écriture, parfois tremblante d’émotion, nous entraîne de la conférence de Berlin (1884), où l’Europe se partagea l’Afrique, à la jungle… Vuillard écrit comme Goya peignait la guerre ; il est aussi juste dans la compassion que dans l’anathème et parvient à sortir de l’oubli à la fois les crimes commis et leurs pauvres victimes. ». Olivier Pascal-Mousselard, Télérama

« Commencée dans le ricanement, l’histoire finit par tordre d’émotion le lecteur. Comment fait Éric Vuillard ? » Alain Nicolas, L’Humanité.

Son dernier roman, Tristesse de la terre – Une histoire de Buffalo Bill Cody, paraît en août 2014, chez Actes Sud.

Bibliographie
Le Chasseur, récit, Paris, Éditions Michalon, 1999
Bois vert, poésies, Paris, Éditions Léo Scheer, 2002
Tohu, Paris, Éditions Léo Scheer, 2005
Conquistadors, roman, Paris, Éditions Léo Scheer, 2009. Prix Ignatius J. Reilly, 2010.
La Bataille d’Occident
, récit, Arles, Éditions Actes Sud, coll. « Un endroit où aller », 2012. Prix Franz Hessel, 2012; prix Valery-Larbaud, 2013.
Congo
, récit, Arles, Éditions Actes Sud, coll. « Un endroit où aller », 2012. Prix Franz Hessel, 2012; prix Valery-Larbaud, 2013.
Tristesse de la terre, récit, Arles, Éditions Actes Sud, coll. « Un endroit où aller », 2014

Filmographie :
La vie nouvelle – 2002
Mateo Falcone – Aloest Distribution, 2014

Eric Vuillard

Eric Vuillard

 

rencontres d’écrivain en 2014

Tout au long de 2014, des rencontres mensuelles sont organisées, le samedi après-midi, à 17 h (ou à 16 h les mois d’hiver), sous formes de débats-lecture avec des écrivains invités.

SAMEDI 25 JANVIER 2014 À 16 H, RENCONTRE AVEC L’ÉCRIVAIN GREC, YANNIS  KIOURTSAKIS,

à l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage, traduit en français : Double exil (éd. Verdier 2014).

Rencontre-Kiourtsakis-14

Rencontre avec Yannis Kiourtsakis, le 25 janvier 2014

Double exil est le second volet de la grande trilogie romanesque de Yannis Kiourtsakis dont la traduction du premier volume, Le Dicôlon, a été remarquée par la critique.
L’auteur revendique fermement d’avoir écrit un roman, en même temps qu’il ne nie pas sa dimension biographique. Le récit est rédigé à la troisième personne, sans masquer pour autant que le héros et l’auteur du livre précédent ne font qu’un.
Ce « dédoublement » est le signe sous lequel est placée la totalité de l’œuvre de Kiourtsakis : on se souvient que, dans Le Dicôlon, le centre de gravité de la narration était occupé par la relation complexe du narrateur avec son frère aîné dont le suicide était pour lui une énigme à élucider.
Dans Double exil, Yannis Kiourtsakis quitte la Grèce pour venir, comme son frère, étudier en Europe : il choisit Paris et la faculté de droit ; il y rencontre une Française, Gisèle, sa future épouse. Le roman les accompagne à travers les années sombres de la dictature des colonels (1967-1974), puis au temps des premières années du retour du pays à la démocratie, avec l’avènement de la République.
Si l’exil est double, pour le héros de ce livre, c’est qu’il se découvre deux patries – la France s’ajoutant à la Grèce – sans appartenir pleinement à l’une ni à l’autre.
Mais l’écriture opère chez le romancier une métamorphose qui, pour finir, fera de lui un écrivain grec trouvant dans les mythes populaires de son pays un moyen de se comprendre.
Comme à la fin de La Recherche, le héros entrevoit soudain ce que sera son futur livre.

Yannis Kiourtsakis, essayiste, romancier et traducteur, est l’auteur de nombreux essais sur le folklore grec et la langue grecque. La publication de sa trilogie romanesque a fait de lui un intellectuel écouté et considéré. À l’heure où la Grèce, en pleine tourmente économique, ne cesse de faire parler d’elle, il incarne exemplairement la dimension européenne de l’esprit grec et apparaît comme un témoin majeur de notre temps.
Né à Athènes en 1941, il a fait des études de droit à Paris où il a vécu une dizaine d’années. Le Dicôlon, paru en 1995 a obtenu le Prix du meilleur roman. La revue L’Atelier du roman lui consacre le numéro de février 2011. Le Dicôlon paraît en traduction français, aux éditions Verdier, en 2011. Double exil est le second livre qui est publié en France.
Le Dicôlon a été remarquablement bien reçu par la critique en France.
Le Monde des livres, vendredi 8 juillet 2011, par Fl. N. :
Qu’est-ce qu’un Dicôlon ? C’est un personnage, non à deux têtes comme Janus, mais à deux corps, portant sur le dos le cadavre de son frère. À partir de cette figure du théâtre populaire grec, l’essayiste et romancier Yannis Kiourtsakis, né à Athènes en 1941, bâtit un roman puissant et prémonitoire. « En Grèce, grâce à quelques romans publiés dans les années 1990, on a pressenti que la « crise économique » qui secoue le monde occidental n’est que l’épiphénomène d’une crise « humaine » grave, peut-être fatale », lit-on dans le n°65 de L’Atelier du roman, entièrement consacré au Dicôlon. Un roman à lire pour dépasser toutes les analyses superficielles sur la fameuse « crise grecque ».

Kiourtsakis

Yannis Kiourtsakis

 

SAMEDI 15 FÉVRIER 2014, À 16 H : RENCONTRE AVEC LE ROMANCIER ET ESSAYISTE ARNAUD RYKNER

à l’occasion de la parution de son roman La Belle Image (Le Rouergue, 2013)

Cette rencontre a débuté par la projection du film Arnaud Rykner : Le silence des mots, réalisé par Hervé Gouault et Chris Thorp (2012, 52′) (Entrée libre et gratuite)

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Conversation après la projection du film : « Arnaud Rykner : le silence des mots ».

À propos de La Belle Image : Un homme vient de sortir de prison après 7 ans derrière les barreaux, pour un crime dont on ne sait d’abord rien. Il entretient depuis quelques temps une correspondance avec un universitaire qui l’a aidé à entamer une thèse de littérature. Leur correspondance se poursuit, hors les murs, et prend des tours plus intimes. Qu’est ce qui, dans l’histoire dramatique de l’un, attire l’autre ? En quoi correspondent-ils ? Le condamné raconte les chemins qui l’ont mené en prison, lui qui, par sa condition bourgeoise, n’était pas destiné à la connaître. Il dit surtout qu’on ne sort pas de prison, que l’acte qu’il a commis l’a fait entrer dans une prison plus vaste, qui l’efface de la société. Dans son village natal, il n’est plus que l’auteur d’un fait divers. La prison ne s’ouvre que sur l’impasse sociale.

Ce nouveau roman d’Arnaud Rykner s’inspire de la correspondance réelle que l’auteur a menée avec un prisonnier. La Belle Image ne se veut pas un roman social sur la prison ou la double peine, qui marque souvent définitivement du fer de l’exclusion un homme condamné. Il nous permet cependant de saisir la dure réalité de la prison dedans, et ce qu’elle entraîne dehors. Avec Arnaud Rykner, on s’interroge sur la condition de chacun, notre part de liberté et d’enfermement et notre rapport aux passions. Comme dans Le Wagon, son précédent roman, Arnaud Rykner joue du réel et de la fiction avec la force de son écriture dépouillée.

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Conversation avec Arnaud Rykner

Né en 1966, Arnaud Rykner a publié à ce jour sept romans, tous aux Éditions du Rouergue/Actes Sud : Mon roi et moi (1999), Je ne viendrai pas (2000), Blanche (2004), Nur (2007 ; rééd. Babel, 2008), Enfants perdus (2009), Le Wagon (2010 ; rééd. Babel 2013) et La Belle Image. Sa première pièce, Pas savoir, est parue en décembre 2010 aux éditions Les Solitaires Intempestifs, avec une préface de Claude Régy.

Il a par ailleurs publié plusieurs essais aux Éditions José corti et aux Éditions du Seuil, et édité le théâtre de Nathalie Sarraute dans la Pléiade et en collection Folio (collection pour laquelle il a également commencé l’édition des pièces de Marguerite Duras). Metteur en scène, il a monté deux spectacles d’après Sarraute (Tropismes I, à la Ménagerie de Verre à Paris, et Tropismes II, au Théâtre du Maillon à Strasbourg), créé Aucun regard de Dominique Hubin (1999) et Les Aveugles de Maurice Maeterlinck (2001) au Théâtre National de Toulouse, et plus récemment Dans la solitude des Champs de coton de B.-M. Koltès (2010) au Théâtre du Pavé (Toulouse).

Arnaud Rykner

Arnaud Rykner @Romain Saada/Opale

 

Samedi 15 mars 2014, à 16 h : rencontre avec la romancière Léonor de Récondo

autour de son roman Pietra viva (Sabine Wespieser, 2013)

À propos de Pietra viva : Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Leonor-de-recondo-4Il vient de découvrir sans vie le corps d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre.
Lors de ses soirées solitaires à l’auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d’interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre.
Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son œuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l’affection du petit garçon feront  resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo.
Parce qu’enfin il s’abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d’une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu’il a aimés dans la matière vive du marbre.

Léonor de Récondo à la librairie du Banquet

Léonor de Récondo à la librairie du Banquet

Léonor de Récondo, née en 1976, débute le violon à l’âge de cinq ans. Son talent précoce est rapidement remarqué, et France Télévisions lui consacre une émission alors qu’elle est adolescente. À l’âge de dix-huit ans, elle obtient du gouvernement français la bourse Lavoisier qui lui permet de partir étudier auNew England Conservatory of Music (Boston/U.S.A.). Elle devient, pendant ses études, le violon solo du N.E.C. Symphony Orchestrade Boston. Trois ans plus tard, elle reçoit l’Undergraduate Diploma et rentre en France. Elle fonde alors le quatuor à cordesArezzo et, grâce au soutien de l’association ProQuartet, se perfectionne auprès des plus grands maîtres du genre (Quatuor Amadeus, Quatuor Alban Berg). Sa curiosité la pousse ensuite à s’intéresser au baroque. Elle étudie pendant trois ans ce nouveau répertoire auprès de Sigiswald Kuijken au Conservatoire de Bruxelles. Depuis, elle a travaillé avec les plus prestigieux ensembles baroques (Les Talens Lyriques, Le Concert d’Astrée, Les Musiciens du Louvre, Le Concert Spirituel). De 2005 à 2009, elle fait partie des musiciens permanents des Folies Françoises,un ensembleavec lequel elle explore, entre autres, le répertoire du quatuor à cordes classique. En février 2009, elle dirige l’opéra de Purcell Didon et Enée mis en scène par Jean-Paul Scarpitta à l’Opéra national de Montpellier. Cette production fait l’objet d’une tournée. En avril 2010, et en collaboration avec la chanteuse Emily Loizeau, elle crée un spectacle mêlant musique baroque et musique actuelle.
Léonor de Récondo a été premier violon sous la direction de Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique), Patrick Cohën-Akenine (Les Folies Françoises), Enrico Gatti, Ryo Terakado, Sigiswald Kuijken. Elle est lauréate du concours international de musique baroque Van Wassenaer (Hollande) en 2004.
Elle fonde en 2005 avec Cyril Auvity (ténor) L’Yriade, un ensemble de musique de chambre baroque qui se spécialise dans le répertoire oublié des cantates. Un premier disque de l’ensemble paraît chez Zig-Zag Territoires autour du mythe d’Orphée (plusieurs fois récompensé par la presse), un deuxième de cantates de Giovanni Bononcini en juillet 2010 chez Ramée.
Léonor de Récondo a enregistré une quinzaine de disques (Deutsche Grammophon, Virgin, K617, Alpha, Zig-Zag Territoires) et a participé à plusieurs DVD (Musica Lucida).
En octobre 2010, elle publie La Grâce du cyprès blanc (roman) aux éditions Le temps qu’il fait et, en janvier 2012, Rêves oubliés chez Sabine Wespieser éditeur.

Leonor-de-recondo

Léonor de Récondo ©Cyril Auvity

 

samedi 12 avril 2014, à 16 h : rencontre avec la romancière jeanne benameur

Cette rencontre autour des derniers romans de Jeanne Benameur a été programmée à l’occasion du stage d’écriture animé par la romancière durant tout le week-end des 12 et 13 avril 2014. Voir plus haut présentation du stage d’écriture.

samedi 17 mai 2014, à 16 h : rencontre avec la romancière kéthévane davrichewy

à l’occasion de la parution de son nouveau roman, Quatre murs (Sabine Wespieser Éditeur, 2014).

Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Son enfance est marquée par les souvenirs et l’expérience de l’exil qu’ont vécue ses grands-parents. Après des études de lettres modernes, de cinéma et de théâtre, elle a travaillé pour différents magazines et a commencé à collecter des contes géorgiens pour l’École des loisirs, où elle a publié depuis lors de nombreux ouvrages pour la jeunesse. Elle écrit aussi des scénarios de films. Après un premier roman, Tout ira bien, paru en 2004 aux éditions Arléa, elle puise dans la mémoire familiale la matière de La Mer Noire, publié en 2010 chez Sabine Wespieser éditeur, roman qui a remporté plusieurs prix et été traduit en allemand, géorgien, italien, néerlandais et suédois. Les Séparées a paru en janvier 2012, toujours chez Sabine Wespieser éditeur. Ce troisième roman, salué par la presse et déjà un succès en librairie, a figuré dans la sélection des prix RTL/Lire, France Culture/Télérama et L’Express.
Elle a publié chez Sabine Wespieser trois romans, tous remarqués : La Mer Noire, Les Séparées et donc Quatre murs, paru en 2014.

À propos de Quatre murs, présentation de l’éditeur :
La maison familiale est trop vaste pour une femme seule. En ce jour de déménagement, les quatre enfants, devenus adultes, s’y retrouvent pour la dernière fois. Leur père est mort. Dans les pièces vides qui résonnent, les propos en apparence anodins se chargent de sous-entendus. Ces quatre-là se connaissent trop pour donner le change, d’autant que leur mère, profitant qu’ils soient pour une fois ensemble sans enfants ni conjoints, soulève la question de l’héritage.
Deux ans plus tard, rien n’est résolu : les frères et sœurs ne se parlent plus guère, et surtout pas de leur passé. Sur l’insistance de leur mère, ils ont pourtant accepté de se retrouver en Grèce, le pays de leur origine, dans la maison où l’aîné vient de s’installer.
Ce voyage est, pour chacun d’entre eux, l’occasion de revenir sur l’ambivalence de leurs relations. Comment en sont-ils arrivés là, eux qui étaient tout les uns pour les autres ?
Excellant à pointer la dissonance dans les voix de ses quatre protagonistes, qui chacun livre sa version des faits, Kéthévane Davrichewy, comme si elle assemblait les pièces d’un puzzle, révèle petit à petit les motifs d’un drame familial, et propose une belle variation sur la perte de l’innocence.

K-Davrichewy

SAMEDI 21 JUIN À 17 H : RENCONTRE AVEC LE ROMANCIER, AUTEUR DE POLARS, PASCAL DESSAINT

autour de ses deux derniers livres : Maintenant le mal est fait (Rivages, 2013) et Quelques pas dans la solitude (La Contre Allée, 2014). Conversation, lecture, débat avec l’écrivain. Entrée libre et gratuite.

Pascal Dessaint partage sa vie entre le nord de la France où il est né en 1964 et Toulouse où il vit aujourd’hui, deux univers qui nourrissent son inspiration. Ses romans ont été récompensés par plusieurs prix importants dont le Grand Prix de la littérature policière (Du bruit sous le silence), le Grand Prix du roman noir français du Festival de Cognac (Loin des humains) et le Prix Mystère de la Critique, qu’il a reçu deux fois (Bouche d’ombre et Cruelles Natures). Sensible aux questions environnementales, marcheur et militant dans l’âme, Pascal Dessaint écrit depuis Mourir n’est peut-être pas la pire des choses (2003) sur les rapports complexes et parfois ambigus entre l’Homme et la Nature. Tous les romans de Pascal Dessaint sont édités par les éditions Payot & Rivages, qui publient également ses chroniques “vertes et vagabondes” (Un drap sur le Kilimandjaro et L’appel de l’huître).

Bibliographie de Pascal Dessaint :

  • Les Paupières de Lou, Laporte, 1992 – Rivages/Noir n°493, 2004
  • De quoi tenir dix jours, nouvelles, L’Incertain, 1993 – réédition Librio, 2000
  • Une pieuvre dans la tête, Éditions L’Incertain, 1994 – réédition Rivages/Noir n°363, 2000
  • La vie n’est pas une punition, Rivages/Noir n°224, 1995
  • Les Pis rennais, Baleine, Le Poulpe n°14, 1996 – réédition Librio, 1999 – repris en bande-dessinée par Marc Pichelin et Guillaume Guerse, 6 pieds sous terre, 2000
  • Bouche d’ombre, Rivages/Noir n°255, 1996
  • À trop courber l’échine, Rivages/Noir n°280, 1997
  • Ça y est, j’ai craqué, nouvelles, La Loupiote, 1997 – réédition Seuil, Points Virgule n°20, 2001
  • Journal de Grèce, Baleine, Tourisme et Polar, 1998
  • Du bruit sous le silence, Rivages/Noir n°312, 1999
  • On y va tout droit, Rivages/Noir n°382, 2001
  • Mourir n’est peut-être pas la pire des choses, Rivages/Thriller 2003 – réédition Rivages/Noir n°540, 2005
  • Un drap sur le Kilimandjaro : chroniques vertes et vagabondes, Rivages, 2005
  • Loin des humains, Rivages/Thriller, 2005 – réédition Rivages/Noir n°639, 2007
  • Les hommes sont courageux, nouvelles, Rivages/Noir n°597, 2006
  • Cruelles natures, Rivages/Thriller, 2007 – réédition Rivages/Noir n°809, 2011
  • Tu ne verras plus, Rivages/Thriller, 2008
  • L’Appel de l’huître : Chroniques vertes et vagabondes, Rivages, 2009
  • Les Derniers Jours d’un homme, Rivages, 2010
  • Le Bal des frelons, Rivages, 2011
  • Les Voies perdues, avec des photographies de Philippe Matsas, Après la lune, 2011
  • Maintenant, le mal est fait, Rivages 2013
  • Quelques pas dans la solitude, La Contre Allée, 2014.

 À propos de Le Mal est fait (Rivages, 2013) :

« Être soi-même se révèle parfois une faute, ou une erreur. Il y a une grande différence. La faute est impardonnable, très souvent. L’erreur est rectifiable, si on a le temps pour soi. Ma mère ne paraissait pas vouloir accorder ce temps à mon père, ni lui pardonner. »
La disparition troublante d’un homme va changer le regard que ses amis portent sur eux-mêmes, perturber l’équilibre déjà fragile d’une petite communauté qui voit son existence contrariée par un projet de route. Comment saisir les forces qui gouvernent la vie de chacun, et s’en accommoder ? Au-delà d’un roman sur l’amitié et les risques qu’elle fait courir, Maintenant le mal est fait est une  réflexion sur la frénésie de notre monde et sur le progrès, sur les rapports complexes que les hommes entretiennent avec la Nature et sur le mal qui en découle.

Pascal-dessaint

sAMEDI 27 SEPTEMBRE 2014 À 17 H :

RENCONTRE AVEC L’ÉCRIVAIN ITALIEN ANTONIO MORESCO ET SON TRADUCTEUR LAURENT LOMBARD

à l’occasion de la parution, en traduction française, de son roman, La Petite Lumière (Verdier, septembre 2014)

Antonio Moresco est né à Mantoue, le 30 octobre 1947. Écrivain italien, il est l’auteur depuis 1993 d’une trentaine de romans, récits, textes pour théâtre et essais. Fabio d’amore, son dernier roman, est paru en 2014.
La Petite Lumière est le premier traduit en français.
« Écrivain Patrimoine », ainsi que l’a défini Roberto Saviano, Antonio Moresco a un parcours humain et littéraire riche et complexe. Il passe une partie de son enfance comme séminariste dans un collège religieux, puis débute une longue période d’activisme politique (ces deux expériences sont racontées dans Gli esordi). Il exerce ensuite différents métiers (portier de nuit, ouvrier…) et se consacre à l’écriture. Toutefois, le chemin sera long de la reconnaissance littéraire qui fait désormais de lui un écrivain contemporain majeur, car il a toujours refusé de se plier à d’autres exigences que celle son impérieuse vocation, cherchant sa voie propre, luttant contre l’institution littéraire. Et son premier livre, Clandestinità, ne sortira qu’en 1993.
En 2001, il a organisé avec Dario Voltolini un débat entre écrivains et intellectuels intitulé Scrivere sul fronte occidentale dont les actes ont été publiés en 2002 chez Feltrinelli. En 2003, il fait partie des co-fondateurs du blog collectif Nazione Indiana qu’il quitte en 2005 pour fonder la revue Il primo amore.
Aujourd’hui, Antonio Moresco est une figure majeure de la prose narrative contemporaine. Il est sans aucun doute l’un des écrivains les plus inspirés, les plus puissants, les plus imaginatifs, mais aussi les plus délicats de la littérature italienne, et qui depuis toujours poursuit son œuvre dans la solitude des plus hautes exigences.

moresco
À propos de La Petite Lumière :

Présentation de l’éditeur :
« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant » : ainsi commence La Petite Lumière. C’est le récit d’un isolement, d’un dégagement mais aussi d’une immersion. Le lecteur, pris dans l’imminence d’une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s’offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disparition possible.
L’espace fait signe par cette petite lumière que le narrateur perçoit tous les soirs et dont il décide d’aller chercher la source. Il part en quête de cette lueur et trouve, au terme d’un voyage dans une forêt animée, une petite maison où vit un enfant. Il parvient à établir un dialogue avec lui et une relation s’ébauche dans la correspondance parfaite des deux personnages. Cette correspondance offre au narrateur l’occasion d’un final inattendu.
La Petite Lumière sera comme une luciole pour les lecteurs qui croient encore que la littérature est une entreprise dont la portée se mesure dans ses effets sur l’existence.

Extrait de La Petite Lumière :
Le soleil vient tout juste de s’effacer derrière la ligne de crête. La lumière s’éteint. En ce moment, je suis assis à quelques mètres de ma petite maison, face à un abrupt végétal. Je regarde le monde sur le point d’être englouti par l’obscurité. Mon corps est immobile sur une chaise en fer dont les pieds s’enfoncent de plus en plus dans le sol, et pourtant, de temps en temps, j’ai le souffle coupé, comme si je chutais, assis sur une balançoire aux cordes fixées en quelque endroit infiniment lointain de l’univers.
Le ciel est traversé par les dernières hirondelles qui volent, çà et là, comme des flèches. Elles passent en rase-mottes au-dessus de moi, s’abattant tête la première sur de vastes sphères d’insectes suspendus entre ciel et terre. Je sens le vent de leurs ailes sur mes tempes. Je vois distinctement devant moi le corps noir, plus caréné et plus grand, de quelque insecte englouti par une hirondelle qui le suivait le bec grand ouvert en lançant des cris. Le silence est tel que j’arrive même à entendre le craquement de son corps qui continue à souffrir, broyé et démembré, dans le corps de l’autre animal qui remonte grisé dans le ciel.

 

SaMEDI 18 octoBRE 2014 À 17 H :

RENCONTRE AVEC l’écrivain éric vuillard

à l’occasion de la parution de son nouveau roman : Tristesse de la terre – Une histoire de Buffalo Bill Cody (Actes Sud, septembre 2014).

Éric Vuillard est en résidence à la Maison du Banquet durant l’automne 2014.

Eric Vuillard

À propos de Tristesse de la terre :
«  Alors, le rêve reprend. Des centaines de cavaliers galopent, soulevant des nuages de poussière. On a bien arrosé la piste avec de l’eau, mais on n’y peut rien, le soleil cogne. L’étonnement grandit, les cavaliers sont innombrables, on se demande combien peuvent tenir dans l’arène. C’est qu’elle fait cent mètres de long et cinquante de large ! Les spectateurs applaudissent et hurlent. La foule regarde passer ce simulacre d’un régiment américain, les yeux sortis du crâne. Les enfants poussent pour mieux voir. Le cœur bat. On va enfin connaître la vérité. » (Éric Vuillard).
À travers le portrait romanesque de cet incroyable personnage qu’était Buffalo Bill, c’est un pan peu glorieux mais fascinant de l’Histoire américaine, de l’extermination des Indiens à la création de la société du spectacle, qu’Éric Vuillard analyse avec finesse, ironie et gravité.
Magnifique ! Et quelle force !
Tristesse de la terre
fait partie des quinze romans sélectionnés pour le Prix Goncourt 2014.

Présentation de l’éditeur :
Alors, le rêve reprend. Des centaines de cavaliers galopent, soulevant des nuages de poussière. On a bien arrosé la piste avec de l’eau, mais on n’y peut rien, le soleil cogne. L’étonnement grandit, les cavaliers sont innombrables, on se demande combien peuvent tenir dans l’arène. C’est qu’elle fait cent mètres de long et cinquante de large ! Les spectateurs applaudissent et hurlent. La foule regarde passer ce simulacre d’un régiment américain, les yeux sortis du crâne. Les enfants poussent pour mieux voir. Le cœur bat. On va enfin connaître la vérité.

Extrait Tristesse de la terre p.18, 19 :
« Du mouvement et de l’action. La réalité elle-même. Oui, juste des chevaux qui galopent, des batailles reconstituées, du suspense, des types qui tombent morts et se relèvent. Tout y était. Et le public venait toujours plus nombreux, applaudissant, riant, criant, tout entier captivé, fasciné; comme si le monde avait été créé dans un roulement de tambour.
Mais la petite étincelle était encore ailleurs. L’idée centrale du Wild West Show était ailleurs. Il fallait stupéfier le public par une intuition de la souffrance et de la mort qui ne le quitterait plus. Il fallait le tirer hors de lui-même, comme ces petits poissons argentés dans les épuisettes. Il fallait que devant lui des silhouettes humaines poussent un cri et s’écroulent dans une mare de sang. Il fallait de la consternation et de la terreur, de l’espoir, et une sorte de clarté, de vérité extrême jetées sur toute la vie. Oui, il fallait que les gens frémissent –le spectacle doit faire frissonner tout ce que nous savons, il nous propulse devant nous-mêmes, il nous dépouille de nos certitudes et nous brûle. Oui, le spectacle brûle, n’en déplaise à ses détracteurs. Le spectacle nous dérobe et nous ment et nous grise et nous offre le monde sous toutes ses formes. Et, parfois, la scène semble exister davantage que le monde, elle est plus présente que nos vies, plus émouvante et vraisemblable que la réalité, plus effrayante que nos cauchemars.
Et pour attirer le public, pour provoquer chez lui ce désir de venir voir toujours plus nombreux le Wild West Show, il fallait qu’on lui raconte une histoire, celle que des millions d’Américains d’abord, puis d’Européens avaient envie d’entendre, la seule qu’ils voulaient entendre et qu’ils entendaient déjà dans le crépitement des ampoules électriques, sans peut-être le savoir. »

 

SaMEDI 22 novembre 2014 À 17 H :

RENCONTRE AVEC l’écrivain emmanuel ruben

autour de son dernier roman, La Ligne des glaces (Rivages, avril 2014).
Ce roman d’Emmanuel Ruben figure parmi les 15 livres sélectionnés pour le Prix Goncourt 2014.

Emmanuel Ruben, par lui-même :
« 16 novembre 1980. Naissance à Lyon.
Collège et lycée à la campagne. Désir très vif d’écrire : bandes dessinées, romans policiers, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre.
1998-2001. Lyon. Hypokhâgne et khâgne. Reçu au concours de l’École Normale Supérieure Lettres & Sciences Humaines. Correspondance avec Julien Gracq.
2001-2004. Lyon. Premier roman refusé. Séjours en Italie, à l’École normale supérieure de Pise. Voyages en Toscane, en Ombrie, dans les Marches. Mémoire de maîtrise sur L’Arrière-pays d’Yves Bonnefoy. Reçu au concours de l’agrégation de géographie.
2004-2006. Voyages, désapprentissages, errances. Lecteur de français à Washington University (Saint-Louis, Missouri). Séjour d’un mois en Amérique du Sud (Pérou, Équateur). Recherches à Istanbul, à l’Institut français d’études anatoliennes. Volontaire international à Riga, Lettonie. Activités de coopération culturelle. Lecteur au lycée français et à l’université. Stage en chancellerie. Vif intérêt pour cette région méconnue de l’Europe et pour la langue russe.
2006-2010. Retour en France. Etudes à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (master 2 de géographie humaine) et à l’Institut des langues et civilisations orientales (licence de russe). Nombreux séjours de recherche dans les pays baltes, en Ukraine. Commence une thèse de géographie humaine sur les mutations des symboliques urbaines à Riga et à Kiev depuis 1991 (« une géopolitique de la mémoire »). Allocataire-moniteur à l’INALCO. Enseigne la géographie post-soviétique.
Depuis 2010. Abandon de la thèse et de la vie de chercheur pour consacrer mon temps libre à l’écriture et au dessin. Professeur d’histoire-géographie dans un lycée du Val d’Oise. »

Emmanuel-rubenEmmanuel Ruben @ Tina Merandon

 Bibliographie
Halte à Yalta, Jbz&Cie, août 2010, roman
L’appel des Syrts, novembre 2010, article en ligne, revue Sens public.
J’habite en balcon des feux et des nues, juillet 2011, nouvelle, Edwarda collection
Ubu muet, octobre 2011, nouvelle, Ravages n°7
À l’enquerre d’or, décembre 2011, nouvelle, Edwarda n°6
La Jeune Fille au narval, avril 2012, nouvelle, Edwarda n°7
Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu, éditions du Sonneur, mai 2013, roman.
La Ligne des glaces, Rivages, avril 2014, roman.
– Icecolor, Peintures et dessins de Per Kirkeby, Éditions Réalgar, juin 2014

 À propos de La Ligne des glaces :

Présentation de l’éditeur :
Une exploration, aussi audacieuse que singulière, des confins du grand Nord.
Un jeune diplomate en herbe, Samuel Vidouble, est envoyé dans un mystérieux pays de la Baltique orientale, dont il ignore tout. Dès son arrivée à l’ambassade de France, on lui confie la tâche de le cartographier en vue de proposer une délimitation de ses frontières maritimes. Au fil des voyages, des trouvailles, des rencontres et des déconvenues – guidé par Lothar Kalters, un ami linguiste, et par Néva, une jeune fille ensorcelante –, il comprend que cette mission est impossible et s’en désintéresse peu à peu, gagné par une mélancolie que ne fait qu’aviver l’hiver.
Cette exploration romanesque, aussi audacieuse que singulière, des confins de l’Europe nous offre dans un style très imagé une satire troublante de la diplomatie, avec son lot d’intrigues géopolitiques, ainsi que de très beaux tableaux sur les ruines et les tragédies de l’Histoire. À travers les discussions entre les personnages surgissent de belles pages qui nous donnent à voir le véritable objet de ce récit personnel et ambitieux : une interrogation sur les lisières mouvantes
du réel et de l’imaginaire.

Extrait de La ligne des glaces (1re page) :
« Embarqué ce matin dans le port de N. à bord du S/S Nordost à destination de V. Vers huit heures, le paquebot qui vient de se faufiler entre les dernières îles de l’archipel intérieur aborde le large, le brouillard se dissipe, les passagers affluent sur le pont, il fait frais, le ciel est d’un bleu pâle mais chacun souhaite admirer le panorama des îles s’éparpillant dans notre sillage – on laisse bientôt à bâbord un îlot semblable par ses couleurs à tous les autres, vert-noir des conifères, vert-jaune de quelques feuillus, rouge sang d’un petit cottage en bois qui jette sur les grosses baleines de gneiss son ponton de poupée, et comme cette terre de rien du tout derrière son grand phare blanc paraît la dernière avant la haute mer, je demande son nom – Sandhamn, me répond un inconnu et, traduisant aussitôt en anglais, the sand haven. Peu pressé de quitter le pont malgré le froid, je garde un instant les yeux rivés sur l’horizon désormais vide. Encore au moins dix heures avant V. Et voici que surgit soudain des lointains brumeux une silhouette qui flotte sur l’eau noire – pétrolier ? ferry ? paquebot ? chalutier ? mais, non, quelque chose me dit que cette silhouette n’est pas celle d’un navire, et la silhouette se fait plus précise, insistante, pas moyen d’en détacher les yeux, on croirait une île montagneuse à la dérive qui avancerait vers nous – j’ai consulté plusieurs fois la carte et je sais qu’il n’y aura sur notre chemin pas la moindre île, aucun rocher, une fois passé l’archipel. La rive opposée, déjà ? «

 

SAMEDI 13 DÉCEMBRE À 16 H

RENCONTRE AVEC L’AUTEUR-ILLUSTRATEUR LAURENT BONNEAU,

autour de ses albums B.D. et à l’occasion de la parution de Ceux qui me restent (Éd. Grand Angle, septembre 2014).

Né le 5 octobre 1988 à Bordeaux, Laurent Bonneau suit un cursus artistique dès le lycée à Bordeaux. Il rencontre en parallèle Marc Moreno à l’âge de 13 ou 14 ans. Ce dernier lui apprend beaucoup sur la bande dessinée et l’histoire de l’art.
Il monte sur Paris à l’âge de 17 ans et demi pour suivre un cursus de cinéma d’animation à l’École Estienne pendant deux ans. Puis il signe chez Dargaud, avec son frère, pour la trilogie Metropolitan, un an plus tard, lorsqu’il commence sa deuxième année en Animation.
Il entre en 2008 à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en section Photo-vidéo, où il continue de réaliser actuellement des courts métrages en prise de vues réelles avec une obsession pour la représentation du corps humain.
Il donne également des cours de dessin à l’École Nationale Supérieure Estienne à Paris.
En 2013, il sort deux albums : Douce pincée de lèvres en ce matin d’été, ouvrage intimiste sur une journée de la vie de Max, puis Rêves Syncopés avec Mathilde Ramadier au scénario, album retraçant l’histoire des musiques électro, via la vie du DJ Laurent Garnier.
En août 2014, paraît aux éditions Grand Angle son dernier album : Ceux qui me restent.
Il vit désormais à Narbonne, en continuant l’alliance du dessin avec la réalisation de courts métrages. »
Outre la création de livres de BD, seul ou avec un scénariste, Laurent Bonneau réalise de nombreuses expositions de ses dessins.
Enfin il a créé une quinzaine de courts métrages.

Laurent-bonneauLaurent Bonneau

Bibliographie :
Damien Marie (scénario), Laurent Bonneau (dessin et couleurs), Ceux qui me restent, Éd. Grand Angle, août 2014, 160 p.
Mathilde Ramadier (scénario), Laurent Bonneau (dessin et couleurs), Rêves syncopés, Dargaud, 2013, 176 p.
Laurent Bonneau (scénario, dessin et couleurs), Douce pincée de lèvres en ce matin d’été, Dargaud, 2013, 112 p.
Julien Bonneau (scénario), Laurent Bonneau (dessin et couleurs), Metropolitan 1- Borderline, Dargaud, 2010, 56 p.
Julien Bonneau (scénario), Laurent Bonneau (dessin et couleurs), Metropolitan 2- Cocaïne, Dargaud, 2010, 56 p.
Julien Bonneau (scénario), Laurent Bonneau (dessin et couleurs), Metropolitan 3- Cendres, Dargaud, 2011, 56 p.

À propos de Ceux qui me restent – Un voyage en Alzheimer. (Grand Angle, août 2014), 160 p. :
Florent Vastel est jeune. Il a épousé Jenny, une jolie anglaise. Le grand amour.
Il n’a que 39 ans quand elle meurt, le laissant seul avec leur fille de 5 ans, Lilie. Jenny est enterrée en Angleterre. Mais lors du voyage de retour, Florent perd de vue Lilie sur le pont du ferry. Il panique, la cherche, ne parvient pas à la retrouver.
Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir, sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus.
La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus. Un voyage en Alzheimer.

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Autres événements


Samedi 26 juillet (de 15 h à 23 h) :
Journée « À Voix haute » – texte, parole, musique

Pour sa seconde édition, la Journée « À Voix haute » offrira des espaces de réflexion et de propositions artistiques sur l’oralité en littérature et les liens inventés entre texte, parole et musicale. Au programme : table ronde, performances, lectures musicales.

Le programme de la journée :

– 15 h  : Projection du film L’Homme approximatif, suivi d’une discussion et d’une lecture avec François Dominique.

A VOIX HAUTE 14 - F. Dominique
– 16 h : Table ronde « Littérature et oralités », animée par Jocelyn Bonnerave, avec A voix haute 14 - table rondeJean-Luc Raharimanana, Jacques Rebotier et Dominique Sigaud.
17 h 30  : Performance de Jacques Rebotier, autour de Description de l’omme.
– 18 h 15 : Lecture musicale « La Connerie des siècles », de Jean-Luc Raharimanana avec le vibraphoniste Alex Grillo.
– 19 h : Vins et tapas préparées par Thibault Olivier
(Assiettes tapas salées 6 €, Plancha-bar 7 €, assiettes tapas desserts 5 €)
– 20 h 30 : Soirée spectacle « Texte & musique »
. 1re partie : Lecture-concert avec Dominique Sigaud (voix) et Julien Lagrange (violoncelle).

A voix haute 14 - J. Lagrange D. Sigaud
. 2nde partie : Concert-parole de Jacques Rebotier (voix) avec Jean-Marc Montera (guitare).

A voix haute 14 - Montera et Rebotier
Les écrivains invités :

Jocelyn Bonnerave, né en 1977 à Reims, est écrivain, musicien et performer. Il vit actuellement dans les Corbières. Ancien élève de l’ENS de Lyon, agrégé de Lettres Modernes et Docteur en anthropologie à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales), il a consacré sa thèse de doctorat à l’anthropologie du spectacle vivant, plus spécifiquement à l’improvisation musicale. Cette étude a eu une profonde influence sur son travail scénique mais aussi sur sa recherche littéraire marquée par l’oralité, le rythme et l’effet de spontanéité. En outre, l’observation de terrain l’a notamment conduit en Californie durant l’année 2004, un séjour qui a nourri la trame narrative de son premier roman Nouveaux Indiens. Une fois terminé son parcours universitaire, Jocelyn Bonnerave a choisi de se consacrer exclusivement à la création.
Nouveaux Indiens paru au Seuil en août 2009, dans la collection Fiction et Cie, a obtenu le prix du Premier Roman 2009. Ce premier roman travaille les codes, ceux du récit de voyage mais également ceux du roman policier en créant un jeu sur la vitesse. Aux passages lents et laconiques d’observation et d’enquête viennent contraster ceux qui s’affolent et qui donnent à la langue la rapidité et la richesse de la poésie sonore. La structuration en courts chapitres répond à l’enjeu de mise en voix présent dans l’écriture même du roman.
L’Homme bambou, deuxième roman de l’auteur, est paru en janvier 2013 aux éditions du Seuil, dans la collection Fiction et Cie.
Jocelyn Bonnerave collabore régulièrement avec des musiciens pour des lectures-performances semi-improvisées : Olivier Lété, Manu Scarpa, Yoann Scheidt, David Soubis. Il s’est produit entre autres à Bron (Fête du livre), Lagrasse, Lucinges (Bibliothèque Michel Butor), Paris (Atelier du Plateau), Porto (ESMAE), Nantes (festival Atlantide et festival Aux heures d’été), en Franche-Comté (Les Petites fugues). Il est guitariste dans le trio Loa Frida.

BonneraveJocelyn Bonnerave

François Dominique, né à Paris en 1943, est l’auteur de plusieurs romans et récits, de recueils de poèmes et d’essais. Il est aussi traducteur.
Il a enseigné le droit public, puis les sciences politiques à l’Université. Il a notamment publié Le Droit antisémite de Vichy dans la collection « Le genre humain », en 1996, aux Éditions du Seuil, puis La Pauvreté saisie par le droit et Le Droit de résistance à l’oppression, chez le même éditeur sous le nom de Dominique Gros.
Il a fondé en 1987 avec Alain Coulange et Jean-Michel Rabaté les éditions Ulysse Fin de Siècle (poésie et essais), continuées par les Editions Virgile.
Il a publié, entre autres :
Aséroé, récit, POL, 1992.
Romulphe, roman, Mercure de France, 2008.
Solène, roman, Verdier, 2011 (Mention spéciale du jury, Prix Wepler-Fondation La Poste 2011, Prix Littéraire Charles Brisset 2012).
À Présent, Louis-René des Forêts, récit, Mercure de France, 2013,
Petite Cassandre, poèmes, photographies de Bernard Plossu, éditions du Murmure, 2011.
Le Paradis de Monsieur Truc, récit, avec Catherine Gardone (photographe), Les Philadelphes, 2013,
À paraître en septembre chez Al Dante : le livre collectif (prose et poésie), avec Bruno Lemoine, intitulé L’Homme approximatif, hommage indirect à Tzarra…
Ce livre qui rassemble 14 poètes est accompagné d’un DVD de 30′ réalisé par Isabelle Filleul de Brohy.
François Dominique lit l’introduction de ce livre, intitulée « L’Inachevé », texte qu’il a lu à la New York National Library en 2005, lors d’une rencontre franco-américaine sur les « avant-gardes »…

francoisdominiqueFrançois Dominique

Poète, Jacques Rebotier a notamment écrit : L’Attente (Æncrages & Co), Le Désordre des langages, 1, 2 et 3 (Les Solitaires intempestifs), Litaniques (Gallimard), Le Dos de la langue (Gallimard). Son théâtre est publié aux Solitaires intempestifs.
Auteur et metteur en scène, il fabrique des spectacles dérangeants et joyeux qui allient une écriture exigeante au sens de l’insolite, ou plutôt de l’« incongru » – ce qui refuse de se mélanger.
Il a fondé la compagnie voQue : voix, invocation, équivoque aussi. Y circulent, par-dessous les frontières, poésie, roman-photo, lecture-performance, théâtre-installation, danse, musique.
Derniers spectacles : Réponse à la question précédente, La Vie est courbe (Théâtre de l’Athénée), Vengeance tardive (Théâtre national de Strasbourg), Éloge de l’ombre de Tanizaki (mise en scène, Théâtre des Amandiers), spectacle de cirque-théâtre (Chalons-en-Champagne, Avignon), etc.
Dernières œuvres musicales : Plages, La musique adoucit les sons, Requiem, 66 Brèves pour 66 instrumentistes, Chants de ménage et d’amour.

Photo-j-rebotierJacques Rebotier

Dominique Sigaud est journaliste, essayiste et romancière. Elle est née à Paris en 1959.
De 1984 à 1996, journaliste indépendante, elle parcourt le monde arabe et l’Afrique.
En 1996, elle obtient le prix de l’Association des femmes journalistes pour son article « Tutsies et Hutues: elles reconstruisent ensemble le Rwanda en ruine », paru dans la revue Cosmopolitan en novembre 1995.
Depuis, elle se consacre à l’écriture. Elle est l’auteur d’une vingtaine de romans, récits, essais, romans policiers.
A publié dernièrement :
Conte d’exploitation, Éd. Actes Sud, coll. « Actes noirs », 2011
Franz Stangl et moi, Éd. Stock, 2011
Le piège des loups, Éd. Stock, 2011
Partir, Calcutta, Éd. Verdier, 2014

sigaudDominique Sigaud

Jean-Luc Raharimanana est un auteur malgach’aphone. Il est né en 1967 à Antananarivo. Après une activité de journaliste à RFI, puis d’enseignant de français, il se consacre depuis 2002 entièrement à l’écriture, à la recherche et à la restitution de cette mémoire trahie par des récits où « se confondent mythe et réalité ». Il a publié des recueils de nouvelles, des pièces de théâtre et des romans.
Passionné d’oralité, il se produit fréquemment pour des lectures à voix haute et des lectures musicales.
Mise en comptine depuis les leçons de rêve premier, mise en boucle depuis le camps des soumis, puisée dans les tombeaux des fous, la connerie des siècles est une lecture joyeuse, espiègle, triste, rageuse, tendre, féroce…
Il a publié en 2013 aux éditions Vents d’ailleurs Des ruines et Il n’y a plus de pays.
Alex Grillo, avec son vibraphone, amène Raharimanana et ses mots aphones sur la folie de ce siècle, quand les marchés financiers se déchainent et quand les rires fusent, quand les démocrades menacent la tambouille des grenouilles, et quand la poésie fut…
Avec Alex Grillo, Raharimanana lit « La Connerie des siècles », issus du livre Les Cauchemars du Gecko, Prix poésie du salon du livre d’Ouessant, 2011 (Éd. Vents d’ailleurs, 2011).

RaharimananaJean-Luc Raharimanana

Les musiciens complices :

Jean-Marc Montera. Guitariste français issu du rock, spécialiste de l’improvisation libre et de l’expérimentation sonore, il se produit en solo et dans différentes formations : AMP (avec Noël Akchoté et Jean-François Pauvros), Bad Boys (avec Daan Vandewalle, Chris Cutler, Arne Deforce), Meditrio (avec les musiciens médiévistes Julien Ferrando et Jean-Michel Robert), The Invisible Ensemble, etc. Parmi les plus actifs dans le champ des musiques improvisées, il multiplie depuis les années 1970 les rencontres et les contacts avec d’autres univers artistiques jusqu’à rendre de plus en plus floue la barrière entre les genres.
Il collabore notamment avec Louis Sclavis, Carlos Zingaro, Ahmad Compaoré… Ces multiples rencontres l’emmènent jusqu’à jouer avec SonicYouth et Patti Smith.
En 2001 il crée l’Ensemble d’Improvisateurs Européens, spécialisé dans l’interprétation des partitions graphiques existantes (Cornelius Cardew, John Cage, Earl Brown…), et de celles commandées à de jeunes compositeurs (Pierre-Yves Macé et Annette Schlünz).
Il réalise également de nombreuses collaborations avec l’image (avec Laure Verluise, Salvo Cuccia, José Cesarini…), le théâtre (avec Hubert Colas, Jean-Claude Berutti, Peter Palitzsch…), la danse (avec Odile Duboc, le collectif Skalen), les arts plastiques (avec Piotr Klemensiewicz, Sandy Amério, Lionel Scoccimaro, Richard Baquié) et l’architecture (avec Éric Lapierre).
En octobre 2013, Jean-Marc Montera sort What’s Up, femmes poètes de la Beat Generation (Signature / Radio France), double CD accompagné d’un livret.

JM-MonteraJean-Marc Montera
@ Pierre Gondard

Julien Lagrange. Après avoir appris le violoncelle classique à l’école de musique de St Lô, il se tourne vers des styles variés, à l’écart d’une approche trop conformiste de la musique : chanson, musiques traditionnelles, rock… Sa pratique assidue du théâtre et son goût pour les mélanges de genres l’invitent à multiplier les expériences musicales ou théâtrales avant de se recentrer ces dernières années sur la pratique du violoncelle, et notamment par l’improvisation sonore ou musicale. La rencontre avec la musique scandinave est l’occasion de se retrouver entre la force de la tradition classique et la fantaisie plus libre de l’art d’improviser, dans le cadre du quatuor Glädja. Il est lecteur et musicien dans « Char, Camus, Sénac » (Cie du Piano Voyageur).

J-LagrangeJulien Lagrange

Alex Grillo est un improvisateur au vibraphone qui parfois se prend pour un griot, compose pour le théâtre, la danse, ensembles instrumentaux, sons fixés ou ateliers de création radiophonique et aime raconter des histoires musicales avec des poètes d’ici et d’ailleurs…
Alex Grillo, vibraphoniste et compositeur, s’est produit avec de nombreux musiciens de jazz et de musique improvisée (S. Lacy, D. Malherbe, B. Phillips, A. Nozati, D. Lazro, P. Villarroel, B. Achiary, etc).
Il a réalisé des « cabarets poétiques » mêlant textes et sons, sur des thèmes tels que « La Perte », « La Navigation », « Le Désert », « l’Exotisme », d’autres plus marathoniennes comme « L’Amour toute une nuit » avec la Compagnie d’arts de la rue Ilotopie ou encore « L’Amour dans le jardin » sur des textes de poètes contemporains.
En 2004, il travaille sur le concert-poétique de « l’Afrique est en nous » du poète Daniel Biga avec Didier Petit et Christian Sebille. Et en 2009 « il dit » du poète marseillais JC Izzo avec Catherine Jauniaux et Raymond Boni. En 2011 il se produit en duo avec le poète malgache Jean-Luc Raharimanana.
Il enseigne l’improvisation libre à l’ARIAM d’Ile de France.
Il a collaboré avec des danseurs, des comédiens, des scientifiques ou des collectifs d’artistes sur des projets spécifiques. Et il a également composé pour le théâtre, la danse et des ensembles instrumentaux, pour des sons fixés, des chœurs et quatuors, un oratorio, des suites de danses pour orchestres, mais aussi un Atelier de Création Radiophonique, des livres/disques pour enfants et des pièces pédagogiques…

alex-grilloAlex Grillo

Samedi 1er novembre 2014 : Journée « Écrire la guerre »

Cette journée est réalisée dans le cadre de la manifestation « La guerre entre les lignes », organisée avec le Centre Joë Bousquet et Montolieu Village du Livre.

Depuis au moins L’Iliade et la guerre de Troie, la littérature, l’art, et la guerre ont partie liée.
Les écrivains, les peintres n’ont cessé de décrire les ruses et les fureurs de la guerre, dénonçant ses atrocités comme son absurdité, ou exaltant au contraire ses vertus rédemptrices. Ainsi, récemment, l’œuvre littéraire du Prix Nobel Claude Simon (cf. le Banquet d’automne 2013) est construite admirablement sur le matériau vécu des deux guerres mondiales, parce que – cela est – l’Histoire est le plus souvent une histoire des guerres, que le temps humain est troué par la destruction des hommes.
Les écrivains d’aujourd’hui poursuivent cette gageure : tenter de dire l’indicible. Ainsi, Éric Vuillard et sa Bataille d’Occident, ou Congo ; Jean Hatzfeld et son mémorable récit, La Stratégie des antilopes, inspiré par les massacres du Rwanda…

Tableaux-ronan-barrot-nov-14Tableaux de Ronan Barrot, dans le « cellier des moines » à l’abbaye

Les peintres ont de tout temps pris la guerre pour motif. Léonard de Vinci tente d’évoquer la bataille d’Anghiari sur une grande fresque murale. Ou, à l’opposé, David célèbre les guerres napoléoniennes. Picasso traduit l’horreur du bombardement de Guernica… Aujourd’hui encore, Ronan Barrot peint avec frénésie, la douleur, la guerre, la mort : avec lui c’est « crimes et châtiments » dans l’exubérance des pigments et de la matière.

Cette journée « Écrire la guerre » tente d’approcher l’énigme de cette proximité entre la destruction (la guerre) et la création (l’art, la littérature).

 Calendrier :

10 h : Ouverture de la librairie et du bistrot du Banquet.
11 h : Présentation des peintures de Ronan Barrot
14 h 30 : Rencontre avec Michel Cécé : « Témoignages croisés de 1914-1918 »
15 h 30 : Rencontre avec Éric Vuillard : « Écrire la guerre dans le récit littéraire »
17 h : Conversation entre Ronan Barrot et Éric Vuillard : «  Écrire, peindre, la guerre »
18 h 30 : Rencontre avec Alain Lercher : « Les Fantômes d’Oradour »
19 h 30 : menu tapas, par Thibault Olivier (17 €)
21 h : Lecture de La Bataille d’Occident, d’Éric Vuillard, et autres textes, par Jacques Bonnaffé

Les invités :

Ronan Barrot expose régulièrement en France et à l’étranger, dans des galeries et des musées. Ainsi : galerie Trafic (Ivry), musée national Marc Chagall (Nice), galerie Claude Bernard (Paris), Espace Fernet-Branca (Saint-Louis), musée Gustave Courbet (Ornans), la FIAC (Grand Palais, Paris)… Admiratif de Cézanne et Rembrandt, Ronan Barrot est souvent comparé à Géricault, Delacroix et surtout Courbet pour la puissance de ses toiles. Plusieurs catalogues ont été publiés sur son œuvre, récemment : Pendant la répétition, Galerie Claude Bernard, 2014, texte d’Éric Vuillard.

Jacques Bonnaffé est comédien. Ses principaux rôles ont été tenus dans les films de Jean-Luc Godard (Prénom Carmen), Jean-Charles Tacchella (Escalier C), Jacques Rivette (Va savoir, 36 vues du Pic Saint-Loup), Michel Deville (Un fil à la patte),Alain Corneau, etc., tous porteurs d’un cinéma exigeant. Il mène également une carrière de théâtre avec de nombreux metteurs en scène : Denis Podalydès, Jean-Pierre Vincent, Alain Françon, Didier Bezace,… Il se consacre aussi à la poésie et aux lectures publiques : d’Arthur Rimbaud à Jean-Pierre Verheggen. En 2014, il a mis en scène 36 nulles de salon de Daniel Cabanis, au Théâtre du Rond-Point.

Michel Cécé vit à Nîmes. Il est poète et écrivain. Il a mis en scène une lecture de ses poèmes au Festival d’Avignon. Il vient de publier Carnets de guerre (1914-1918) Témoignages croisés d’Alfred Bénézech à Genevois, Giono, Cendrars (Lucie éditions, 2014).

Alain Lercher est l’auteur de récits et nouvelles, dont Les Fantômes d’Oradour (rééd. Verdier-poche, 2008).  Le 10 juin 1944, par mesure de représailles, les Allemands massacrèrent les habitants d’Oradour-sur-Glane avant d’incendier le village. Aujourd’hui encore ses ruines étranges demeurent. L’approche de cet événement, qui touche de près l’auteur de ce livre puisque deux membres de sa famille y ont péri, se fait selon trois modes : la relation historique des faits, sa vision subjective qui nourrit une réflexion sur les enjeux de la mémoire et la réponse qu’on peut opposer à la violence et à la barbarie.

Éric Vuillard est écrivain et cinéaste. Ses derniers récits sont parus chez Actes Sud : La Bataille d’Occident et Congo (2012), Tristesse de la terre (2014). Au fil du temps historique, la succession des scènes de destruction massive, d’horreurs aux limites de l’indicible, laisse sans réponse satisfaisante les questions qu’elle soulève. Ceux qui s’obstinent à les poser sont confrontés au « trou noir de la conscience, à la terre humide de nos malheurs et à la pierre nue de nos vérités ». Cette conclusion implacable s’impose à la lucidité d’Éric Vuillard (Le Magazine littéraire).

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Conversation entre Éric Vuillard (à gauche) et Ronan Barrot

enregistrements audio

Leçons de littérature, par le romancier Jocelyn Bonnerave, dans le cadre du cycle des ateliers « en lisant en écrivant » de 2014

  • 11 janvier 2014 : La Grande Beune, de Pierre Michon

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  • 22 février 2014 : Le Nom sur le bout de la langue, de Pascal Quignard

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  • 22 mars 2014 : Olimpia, de Céline Minard

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  • 24 mai 2014 : Le Neveu de Rameau, de Diderot

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21 juin 2014 : L’Éloge de la folie, d’Érasme

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Journée «Écrire la guerre », le 1er novembre 2014 :

  • Rencontre-lecture avec le poète Michel Cécé : Les Carnets de guerre (1914-1918) Témoignages croisés d’Alfred Bénézech à Genevois, Giono, Cendrars (Lucie éditions, 2014). Et autres textes

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  • Intervention de l’écrivain Éric Vuillard : « Écrire la guerre »

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  • Conversation entre Éric Vuillard et l’artiste peintre Ronan Barrot qui a exposé quelques superbes toiles au « cellier des moines » de l’abbaye publique, lors de la journée « Écrire la guerre »

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  • Rencontre-lecture avec l’écrivain Alain Lercher : « Les fantômes d’Oradour »

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