École de littérature 2018

Rencontres

Samedi 20 janvier à 17 h

dans le cadre de La Nuit de la Lecture, en association avec la Bibliothèque de Lagrasse.

 

Rencontre avec François Garcia

autour de son nouveau roman

Bye bye, bird

Verdier, 2018

dans la Boulangerie des moines, entrée libre et gratuite.

À propos.

Au milieu des années soixante, Paco et ses camarades débarquent à Bristol pour un séjour linguistique. Très vite, un malaise s’installe au contact de familles anglaises traditionnelles. Mais une jeunesse middle class est en train de s’inventer une façon de vivre à travers les Rolling Stones, les Animals, le Bye bye bird des Moody Blues ou les codes vestimentaires décalés. Un désir de liberté sexuelle s’affirme en même temps que se fait jour une prise de conscience politique. L’adolescent va alors faire l’apprentissage d’un monde nouveau.

La presse en parle.

François Garcia par Jean-Claude Raspiengeas, La Croix, 5/02/16.
« J’ai décidé de me consacrer au roman par une discipline de vie et une implication qui avaient un prix. Pas question de “toréer de profil”. Se placer droit, de face, pour atteindre “la ligazon”, cette manière, entre maîtrise et relâchement, d’étirer, d’enrouler les passes.
Travail de fourmi. Dans le petit restaurant italien où il a ses habitudes, le docteur François Garcia esquisse l’arabesque et le délié de gestes, mille fois répétés, qui modèlent en secret son écriture. « S’ouvrir de cape, c’est déployer la cape pour recevoir la charge et l’engager dans une passe, comme on s’engage dans une phrase. Ensuite, lier les phrases comme on lie les passes, avec le plus de fluidité possible. » […] « Une scène, une photo, un élément inattendu ou une simple phrase déclenche tout et me dicte le rythme. »
L’humanité dans toute sa diversité. « Je me lève à cinq heures. Je lis les classiques pour tenter de comprendre comment l’auteur emporte le lecteur. Le galop admirable de Stendhal, la familiarité de Naguib Mahfouz, la beauté des sentiments modestes chez Kundera… »
Sa spécialisation, l’homéopathie, l’a ouvert à « l’étude des caractères ». Observatoire précieux pour un romancier qui, enfant, a vu défiler, parmi les rayons de l’épicerie familiale, l’humanité dans toute sa diversité. « La tauromachie et la médecine m’ont inculqué l’importance de ce sentiment romantique, très espagnol. C’est la mort qui donne du prix à la vie. »

Extrait de Bye bye, bird, p 76-77.

Enfin, l’entracte est arrivé, nous avons pu sortir dans le hall, nous moquer un peu entre gens du même âge des simagrées de Julie Andrews et des autres, my God ! a gémi Malcolm qui tenait Cathy par le cou comme s’ils étaient un vieux couple désormais, j’ai cru qu’on n’en verrait pas le bout ! mais nous avons vite retrouvé nos places car le second film allait commencer, c’était la série de scopitones de groupes anglais et, pendant que Cynthia se blottissait l’air de rien contre mon épaule, Eric Burdon, le râblé, le teigneux chanteur des Animals, avec sa voix âpre, rauque qui bondissait des basses aux aigus, un vertige, a inauguré avec The House of the Rising Sun et ça tombait bien, parce cette chanson-là, je la connaissais, j’en savais les paroles par cœur et je me suis mis à les chanter, je souhaitais partager avec les autres, shut up, Paco ! m’a intimé Malcolm, je devais trop manifester mon émotion, il voulait entendre et dans le calme, Mr Malcolm, déjà personnel et intime dans ses choix, un futur bourgeois ! je me suis dit. Oh, mother, tell your children ! poursuivait Burdon, costume serré gris souris, chemise jaune, not to do what I have done, il fallait que nous soyons bon public pour accepter le jeu de scène puéril des guitaristes, du chanteur qui défilaient devant la caméra les uns après les autres et autour de John Steel, le batteur, qui affichait un sourire benêt dans ce film, and God, I know I’m one, a conclu Burdon, sacré groupe ! s’est réjouie Cynthia, elle m’a posé un baiser dans le cou, you like The Animals, Paco ? elle m’a demandé, décidément conciliante, I like you ! je lui ai rétorqué dans un moment d’inspiration, ça lui a plu ce genre de déclaration, elle s’est engouffrée dans l’espace offert et m’a embrassé avec une fougue telle que j’ai glissé de mon fauteuil et me suis retrouvé bloqué contre le dossier, jambes en l’air, juste au moment où les Them, sur une courte estrade et entourés de fans surgissaient sur l’écran en noir et blanc, Baby please don’t go ! a scandé Van Morrisson, le leader, en tapant dans ses mains, celui-là aussi avait une voix inouïe, Baby please don’t go ! c’était timbré, affirmé, libre en somme, et ça faisait irruption dans l’univers de nos âges incertains avec la force d’une brutale révélation.

François Garcia est médecin et exerce à Bordeaux. Son entrée tardive en littérature, 54 ans, avec Jours de marché, Liana Levi, 2005, fut un coup de maître, salué par la critique. Suivi par trois autres romans dont le héros récurrent, Paco Lorca, partage bien des traits avec son auteur. Passionné de tauromachie, fils d’immigrés espagnols qui tiennent une épicerie dans le quartier des Capucins à Bordeaux, il se lance à 17 ans sur les routes d’Espagne, pour devenir torero. Il a raconté cette période de sa vie dans Bleu ciel et or, cravate noire, Verdier, 2009.
Autres romans chez Verdier : Federico ! Federico !, 2012 ; Le Remplacement, 2016

 

Autres événements

Samedi 20 janvier

LA NUIT DE LA LECTURE À LAGRASSE

en association avec la Bibliothèque municipale

17 h – Rencontre d’écrivain avec François Garcia, Bye bye, bird, Verdier, 2018
18 h – Lecture d’un conte, à la bibliothèque
19 h – Inauguration de la Bibliothèque de Lagrasse
20 h – Lectures par tous, à la bibliothèque
Inscriptions à la Maison du Banquet – 04 68 91 46 65 ou à la Bibliothèque municipale, les mardis et vendredis de 17h à 19h (même en période de vacances).