Librairie

Présentation | Commandes | Librairies partenaires | Sélections du mois


Présentation

La librairie Le nom de l’homme doit son nom au titre du premier livre de Benny Lévy, publié en 1984 par les Éditions Verdier : Le Nom de l’homme, Dialogue avec Sartre.

Responsable : Aline Costella.

La librairie est ouverte :
– tous les week-ends et jours fériés
– tous les jours durant les vacances scolaires et de la mi-juin à la mi-septembre.

Partenaire de diverses manifestations culturelles, la librairie se déplace.

Elle propose : nouveautés et fonds, livres poche et brochés, soit 7000 références, et près de 8000 ouvrages.

  • Littérature francophone et traduite : romans, polars, science fiction, théâtre, poésie, lettres classiques, critique littéraire, CD audio…
  • Sciences humaines : philosophie ancienne et contemporaine, histoire, anthropologie, essais socio-politiques, psychologie et psychanalyse…
  • Spiritualités : traditions chrétienne, islamique, hébraïque et bouddhiste…
  • Arts : peinture, architecture, musique, photographie, beaux livres…
  • Enfance, jeunesse : pour tous les âges, contes, romans, livres illustrés, livres d’activités, documentaires…
  • BD, mangas, romans graphiques…
  • Ouvrages régionaux, nature, jardin, cuisine, vie pratique…

Librairie Le nom de l’homme

 

commandes

Vous pouvez commander les livres, sur place, par courrier électronique : librairie@lamaisondubanquet.fr ou par téléphone : 04 68 32 63 89. Nous vous informerons de l’arrivée de votre commande (délai moyen : une semaine).

La libraire peut effectuer à votre demande des recherches sur les livres disponibles, relatifs à un sujet ou à un auteur précis.

 

Librairies partenaires

Créée en 2008, avec la Maison du Banquet, la librairie n’existerait pas sans la collaboration amicale et le soutien de Christian et Martine Thorel, de la librairie Ombres Blanches, à Toulouse, une des principales librairies indépendantes de France, qui nous a permis de constituer un fonds riche et exigeant.
Et c’est encore à eux que nous confions, lors du Banquet du livre d’été, la création d’une vaste librairie temporaire, installée dans les salles voûtées de l’abbaye, et qui propose un choix exceptionnel d’ouvrages en lien avec le thème.


Sélections du mois : JANVIER

Après les « derniers cadeaux 2018″… pour vos premiers cadeaux 2019 !

Une rentrée littéraire de plus en plus attendue, quelques chefs-d’œuvre en perspective… et un large choix de premiers romans.

LITTÉRATURE FRANCOPHONE

Samy LANGERAERT, Mon temps libre, Verdier, janvier 2019, 96 p., 12,50 €
Premier roman.
Mon temps n’a rien à voir avec ce temps qui passe à l’extérieur. C’est un temps ralenti, engourdi, un temps un peu malade que j’émiette et qui tombe comme une neige lente, poudreuse.
À l’issue d’une rupture amoureuse, le narrateur de Mon temps libre quitte Paris pour s’installer à Berlin, une ville qu’il connaît déjà pour y avoir passé un hiver fantomatique. Ainsi s’ouvrent les quatre saisons d’une vacance, d’un temps libéré des contraintes mondaines et qui aiguise la perception du monde.
Le jeune homme fait l’expérience d’une étrangeté et d’une solitude radicales, qui est aussi celle d’un entre-deux-langues.
Berlin nous apparaît ainsi sous un jour inédit. Loin des clichés contemporains d’une ville créative et frénétique – qui surgissent parfois en négatif et comme toujours vus à distance –, cette odyssée en mineur nous confronte à sa météorologie, sa flore et sa faune, à ses lieux périphériques, à ses rebuts et ses personnages secondaires.
https://editions-verdier.fr/wp-content/uploads/2018/11/Langeraert_LIVRES-HEBDO_23-11-2018.jpg

Capucine et Simon JOHANNIN, Nino dans la nuit, Allia, janvier 2019, 288 p., 14 €. Nos invités du samedi 23 février à 16h.
Dès les premières pages, le hurlement du sergent résonne pour longtemps dans vos oreilles : “Tout le monde en rang, à l’ordinaire. Mâchez bien sinon vous allez nous cimenter les chiottes, et c’est pas moi qui irai les déboucher, compris ?”
Le sergent ? Oui, le sergent, celui qui recrute les futurs légionnaires. Nino, dix-neuf ans, figure parmi les volontaires, groupe d’hommes venus des quatre coins du monde afin de recevoir, coûte que coûte, une solde, pour pouvoir s’en sortir. La Légion, c’est l’apprentissage d’un code d’honneur autant que celui d’une langue. Hélas, Nino ne passera pas l’épreuve puisqu’il échouera brillamment au test de dépistage. De retour, Nino enchaîne les petits boulots. Une vie de débrouille criblée par les flashs de fêtes étourdissantes, par les personnages qui surgissent et les histoires qu’ils racontent.
Après L’Été des charognes, premier roman fulgurant et remarqué, la langue est vive, les dialogues mordants : Nino dans la nuit bouillonne, cingle une histoire à cent à l’heure et dessine, à travers le destin chaotique de son héros, le portrait d’une génération qui tente de trouver sa place là où il n’y en a plus.
« Je condense juste l’énergie, j’hiberne un peu en attendant plus d’étoiles »
https://www.lesinrocks.com/2018/12/13/livres/capucine-et-simon-johannin-signent-le-roman-le-plus-etonnant-de-janvier-111151703/

Eric CHEVILLARD, L’Explosion de la tortue, Minuit, janvier 2019, 256 p., 18,50
Les tortues de Floride élevées en aquarium ne sont pas tout à fait des cailloux. Elles ont donc besoin d’eau et de nourriture pour vivre. C’est ce que découvre le narrateur de cette histoire, de retour chez lui après un mois d’absence. Il croyait la sienne plus endurante, mais la carapace décalcifiée de la petite Phoebe se fend sous son pouce. Par ailleurs, alors qu’il s’employait à réhabiliter en la signant de son nom l’œuvre de Louis-Constantin Novat, écrivain ignoré du XIXe siècle, cette généreuse initiative se trouve soudain menacée. Or la forêt des mystères n’abrite pas que des crimes : les deux mésaventures pourraient bien être liées.
http://www.lelitteraire.com/?p=45991

Béatrice LECA, L’Étrange animal, Éditions Corti, janvier 2019, 128 p., 14 €
C’est une histoire vraie : dans un appartement de New York un enfant entend un bruit, comme un chant ou une plainte.
Il est seul.
Il sort : il veut savoir d’où vient cette parole.
L’enfant et l’étrange animal se rencontrent.
Ils deviennent amis.
https://www.franceculture.fr/emissions/latelier-fiction/letrange-animal-de-beatrice-leca

Céline MINARD, Bacchantes, Rivages, janvier 2019, 112 p., 13,50 €
Notre invitée du samedi 11 mai à 17h…
Céline Minard revisite avec brio les codes du film de braquage autour de la thématique du vin pour distiller un cocktail explosif où l’ivresse se mêle à la subversion. Voilà cinquante-neuf heures que la brigade de Jackie Thran encercle la cave à vin la plus sécurisée de Hong Kong, installée dans d’anciens bunkers de l’armée anglaise. Un groupe de malfaiteurs est parvenu à s’y introduire et garde en otage l’impressionnant stock qui y est entreposé. Soudain, la porte blindée du bunker Alpha s’entrouvre. Une main gantée apparaît, pose une bouteille sur le sol. Un pied chaussé d’un escarpin noir sort de l’entrebâillement et pousse le corps de verre sur la chaussée. L’acier claque à nouveau…
https://www.telerama.fr/livres/bacchantes,n6073970.php

Erwan DESPLANQUES, L’Amérique derrière moi, L’Olivier, janvier 2019, 176 p., 16 €
« Parvenu à l’extrémité du Massachusetts, Thoreau avait écrit : Un homme doit s’asseoir ici et poser toute l’Amérique derrière lui.»
Le narrateur est désormais cet homme, conscient que l’attend en France une décision essentielle qui tiendra du courage et de l’abandon. Après avoir résisté aux excès passionnels de ses parents, arrêté la musique, quitté un journal, enterré son père comme un héros de l’armée américaine, peu avant la naissance de son propre fils, il décide de se réinventer loin de Paris.
L’Amérique derrière moi raconte cette période étrange pendant laquelle l’attente d’un «heureux événement» et l’imminence d’un grand malheur finissent par se confondre. Cette comédie qui mêle douceur, lucidité et humour, est surtout l’occasion pour son auteur de revenir sur l’histoire familiale et le vent de folie que le père faisait souffler dans la maison.
« J’ai été assez épatée par la beauté de ce texte, par l’élégance d’Erwan Desplanques et la manière qu’il a de construire son texte. Il est beaucoup question de secrets. Je trouve la description de la mort du père extraordinaire du point de vue de la pudeur, de l’intimité qu’il laisse à chacun. » Raphaëlle Leyris

Charif MAJDALANI, Des Vies possibles, Seuil, janvier 2019, 192 p., 17 €
Début du XVIIe siècle. Un jeune homme originaire de la Montagne libanaise est envoyé à Rome pour étudier et entrer au service de la papauté. Avide d’atlas et des découvertes scientifiques d’un temps dominé par Galilée, Raphaël Arbensis ne tarde pas à se détourner de la carrière qui s’imposait à lui, rêvant d’autres vies possibles. De Rome à la république de Venise, puis à Istanbul et Ispahan, de Vicence à Paris et Amsterdam, le voici tour à tour aventurier, diplomate, marchand, côtoyant la famille Barberini et ses papes, Fabri de Peiresc, Borromini, Corneille ou Rembrandt. Ami des peintres, il se mêlera aussi d’astronomie, tâtera de la politique auprès de Mazarin à l’heure de la Fronde, connaîtra la disgrâce et les déceptions amoureuses…
En une succession de brefs chapitres qui sont autant de miniatures d’une époque tumultueuse et foisonnante, Charif Majdalani conte le roman d’un homme né ailleurs mais fasciné par l’humanisme européen, en quête d’une place dans le monde et d’un bonheur pour lesquels il devra s’affranchir des lois et des savoirs anciens.

Charif Majdalani est né au Liban en 1960. Il enseigne les lettres françaises à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l’auteur, notamment, d’Histoire de la Grande Maison (2005), Caravansérail (2007), Le Dernier Seigneur de Marsad (2013), Villa des femmes (2015, prix Jean Giono) et L’Empereur à pied (2017), tous parus au Seuil.
http://magazine.com.lb/index.php/fr/component/k2/item/18860-des-vies-possibles-de-charif-majdalani-et-le-roman-devient-po%C3%A9sie?issue_id=280

LITTÉRATURE TRADUITE

Mohammad RABIE, La Bibliothèque enchantée, traduit de l’arabe (Égypte) par Stéphanie DUJOLS, Actes Sud, janvier 2019, 176 p., 19 €
Chaher, jeune fonctionnaire du ministère des “Biens de mainmorte”, se voit confier une mission inhabituelle : rédiger pour la forme un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l’État veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Il se décide pourtant à mener sérieusement son enquête et, peu à peu, tout un monde mystérieux et labyrinthique s’ouvre à lui dans cette bâtisse délabrée et poussiéreuse où les ouvrages sont entassés sans cotation ni indexation et où l’on trouve des traductions dans toutes les langues imaginables. Fasciné par l’étrange bibliothèque, il ne l’est pas moins par la poignée d’originaux qui la fréquentent, comme Ali, célèbre traducteur ayant perdu toute foi en son métier, ou “Jean le copiste”, homme mutique ayant passé sa vie à photographier des livres page après page et, surtout, Sayyid, vieil intellectuel nihiliste, cynique et truculent, qui connaît la bibliothèque comme sa poche mais n’est pas prompt à divulguer ses secrets.
Dans ce roman surprenant, Mohammad Rabie tisse d’une main de maître une double trame narrative. Entre la voix de Chaher et celle de Sayyid, son récit dévoile des franges de marginalité, loin de l’étau suffocant de la bureaucratie, et des strates de rêves et de légendes sous l’épiderme racorni de la ville.
« Un lieu magique, exceptionnel, peuplé de quelques merveilleux vieux messieurs, fossiles d’une époque et d’une culture en voie d’extinction. Le Caire était une ville cosmopolite, ouverte, peuplée d’écrivains de toutes origines et confessions. Mais c’était avant. Une époque que ce livre farfelu et nostalgique évoque avec une grâce certaine.  » Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo, 30 novembre 2018

George SAUNDERS, Lincoln au Bardo, Fayard, janvier 2019, 400 p., 24
Récompensé par le Man Booker Prize 2017, le premier roman de l’écrivain américain George Saunders a pour point de départ une anecdote historique, la visite de Lincoln dans le caveau où fut enterré son jeune fils Willie, mort à onze ans de la fièvre typhoide au beau milieu de la guerre de Sécession.

Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill,
non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare… Un peu plus tôt
ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n’est autre
que le fils du Président des États-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté
de chagrin, s’échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la
sépulture de son enfant.
Il croit être seul – il ne l’est pas. Bientôt, des voix se font entendre, et
voici que jaillit des caveaux tout un peuple d’âmes errantes, prises au piège
entre deux mondes, dans une sorte de purgatoire (le fameux Bardo de la tradition
tibétaine). L’arrivée du jeune Willie va déclencher parmi eux un immense
charivari – une bataille épique, reflet d’outre-tombe de la guerre de Sécession
qui, au même moment, menace de déchirer la nation américaine.
Tour à tour inquiétants, hilarants, attendrissants, les spectres surgis de
l’imagination de George Saunders nous offrent un spectacle inouï, qui tient
de la farce beckettienne autant que de la tragédie shakespearienne. Magistral
chef d’orchestre de ce chœur d’ombres baroques, George Saunders s’amuse
à dynamiter tous les registres romanesques, pour mieux nous confronter aux
plus profonds mystères de notre existence : qu’est-ce que la mort ? qu’est-ce
que la vie ? qu’est-ce que l’amour ? et comment vivre, et aimer, quand nous
savons que tout est voué au néant ?
https://culturebox.francetvinfo.fr/livres/evenements/george-saunders-laureat-du-man-booker-prize-2017-pour-lincoln-in-the-bardo-264005

Alicia KOPF, Frère de glace, traduit du catalan par Marie VILA CASAS, Robert Laffont, janvier 2019, 234 p., 20 €
« Mon frère est un homme pris dans la glace. Il nous voit à travers la glace : il est là et il n’y est pas. Ou, plus exactement, il existe en lui une fissure où parfois la glace se dépose. Dans la vie quotidienne, quelque chose en lui fait qu’il se bloque et s’immobilise entre une action et la suivante. Par chance, il vit dans une petite ville, on le connaît dans le quartier et les gens prennent soin de lui. »
Au cœur de ce roman-oeuvre d’art se trouvent un garçon autiste et sa sœur artiste, tous deux comme gelés dans le silence et l’incompréhension. Obsédée par les explorations polaires et les étendues du Grand Nord, la jeune plasticienne les transcrit dans des dessins mêlés à des écrits, des souvenirs et des photos. En traquant les différents visages de la glace, parviendra-t-elle à conjurer son sentiment de congélation intérieure et à renouer avec les rêves, les désirs et l’amour ?
« L’un des romans les plus admirables d’une nouvelle génération d’auteurs catalans. » The New York Times.

António LOBO ANTUNES, Jusqu’à ce que les pierres deviennent plus douces que l’eau, Christian Bourgois, janvier 2019, 576 p., 23 €
Un jeune sous-lieutenant, après avoir servi en Angola pendant vingt-sept mois, rentre au pays où il ramène un tout jeune orphelin. Il va élever cet enfant noir, qui a survécu à la destruction de son village et au massacre des siens par l’armée portugaise, comme son propre fils. Plus de quarante ans plus tard, le vétéran et sa femme font le trajet depuis Lisbonne pour rejoindre la vieille maison de famille, dans un village reculé, quasi abandonné, quelque part au pied des montagnes. Dans trois jours, conformément à la tradition, on tuera le cochon. Comme chaque année, leur fille, leur fils adoptif, son épouse les rejoignent pour l’occasion. Or ce jour-là, l’animal ne sera pas le seul à se vider de son sang.
« L’écrivain portugais a renoncé à parler comme un livre, mais il n’est pas question pour lui d’écrire comme on parle. Il invente un parler qui ramasse en lui tout le savoir-faire de l’écriture et la fait oublier. » Hédi Kaddour, Le Monde
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/160717/antonio-lobo-antunes-j-ecris-en-tachant-de-dire-ce-que-le-livre-attend-de-moi?onglet=full

J.J. Amaworo WILSON, Les Dévastés, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Camille NIVELLE, L’Observatoire, janvier 2019, 416 p., 22 €
Premier roman
Ils sont six cents, sans abri, sans pays et sans destin. Parias magnifiques, ils sont « les dévastés ».
Leur espoir est porté par un homme, Nacho Morales. Polyglotte estropié, prophète athée, ce joueur d’échecs cultivé qui conte des histoires pour faire comprendre le monde à son peuple veut le mener jusqu’à la terre promise. Envers et contre tout, il a décidé de les établir dans la célèbre Tour des Torres, un gratte-ciel abandonné de soixante étages dans la mégalopole de Favelada.
Ainsi commence l’aventure des dévastés, qui leur demandera de faire face à un déluge biblique, des policiers corrompus, une armée de libellules ou des gangsters illuminés, dans une lutte toujours héroïque et souvent comique pour la survie et la dignité.
https://www.livreshebdo.fr/article/la-tour-des-parias?xtmc=les+d%C3%A9vast%C3%A9s&xtcr=1

Paula PORRONI, Bonne élève, traduit de l’espagnol (Argentine) par Marianne MILLON, Noir sur blanc, janvier 2019, 9,99 €
Bonne élève est le portrait d’une jeune femme de Buenos Aires qui a fait de brillantes études en histoire de l’art dans une université du nord de l’Angleterre.
De retour en Argentine, elle ne trouve pas de travail, et repart en Angleterre quelques années plus tard. Sa mère lui a donné un an pour se bâtir une nouvelle vie, l’entretenant grâce à l’héritage du père. Mais le pays est en crise lui aussi.
Déclassée, elle loue des chambres de plus en plus minables, travaille dans une bibliothèque universitaire en attendant un mieux qui ne vient pas, rattrapée par la précarité.
On ne peut lâcher ce premier roman optimiste et désespéré de Paula Porroni qui a créé une antihéroïne, naufragée volontaire qui ne cherche pas à se faire aimer, comme à des années-lumière de sa propre vie.
« Je ne connais pas de romans argentins contemporains qui soient allés aussi loin avec une orientation aussi toxique, et en soient revenus avec le trésor perturbant, à la fois lucide et abject, avec lequel Bonne élève remonte à la surface. Le ressentiment est l’âme, le cœur malade, inconditionnel, qui maintient la voix du roman dans cet extraordinaire état de tension et d’alerte, aux aguets, comme sur le pied de guerre. » Alan Pauls, El País

 

POCHE

Aharon APPELFELD, Des Jours d’une stupéfiante clarté, traduit de l’hébreu par Valérie ZENATTI, Points, janvier 2019, 7,40 €
Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu’il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d’abandonner à l’approche des Russes. Il n’a qu’un seul but : retrouver la maison familiale. Errant sur les chemins, blessés au plus profond d’eux-mêmes, les déportés qu’il croise lui rappellent l’horreur à laquelle il a survécu, tandis que d’autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetti, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l’œuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître.
Des jours d’une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d’Europe centrale baignés de lumière. Chaque rencontre suscite en lui d’innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ? Comment retrouver sa part d’humanité ?
Par-delà le fracas de l’Histoire, ce livre admirable est le récit d’une résurrection.
https://www.telerama.fr/livres/des-jours-dune-stupefiante-clarte,n5462149.php

Céline MINARD, Le Grand jeu, Rivages, janvier 2019, 220 p., 7,80 €
Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un roman brillant sur les jeux et les enjeux d’une solitude volontaire confrontée à l’épreuve de la nature. Installée dans un refuge high-tech accroché à une paroi d’un massif montagneux, une femme s’isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question simple : comment vivre ? C’est dans l’espoir d’une réponse qu’elle s’est volontairement préparée, qu’elle a tout prévu : longues marches, activités de survie, rédaction d’un journal de bord…  Tout, sauf la présence d’une ermite, surgie de la roche et du vent, qui bouleversera ses plans et changera ses résolutions.
http://www.lacauselitteraire.fr/le-grand-jeu-celine-minard

Peter MAY, Les Disparus du phare, traduit de l’anglais par Jean-René DASTUGUE, Actes sud, janvier 2019, 432 p., 9,80 €
Un homme reprend connaissance sur une plage où l’ont rejeté les vagues, presque paralysé par le froid, en état de choc. Il ne sait pas où il se trouve. Il ne sait pas même qui il est. Seul subsiste dans sa conscience un sentiment d’horreur, insaisissable, obscur, terrifiant… Revenant à l’archipel des Hébrides où il a situé sa Trilogie écossaise, Peter May nous emporte dans la vertigineuse quête d’identité d’un homme sans nom et sans passé.
« Le romancier écossais tisse une intrigue qui mêle, avec intelligence et savoir-faire, personnages attachants et rebondissements habiles. (…) Mais l’intérêt des Disparus du phare, comme celui de la fameuse Trilogie écossaise, tient plus encore à son décor qu’à l’intrigue : Lewis, petite île où tempêtes et marées rythment le quotidien. Passant des descriptions inspirées d’une nature sauvage à l’auscultation anthropologique d’un passé encore très présent, Peter May a su faire de ce bout de terre un personnage, et rendre palpable le mode de vie rude qui s’impose. » Hubert Prolongeau, Télérama

Christian GUAY-POLIQUIN, Le Poids de la neige, J’ai Lu, janvier 2019, 288 p., 7,40 €
Dans une région lointaine qu’on imagine être celle des grands espaces, un village est cerné par la neige, privé d’électricité et de contact avec le reste du monde. Nous y trouvons deux hommes, à deux âges de la vie, contraints par le hasard ou le destin d’affronter ensemble le froid, la faim et l’ennui.
À leur suite, le lecteur est emporté dans ce huis clos tout de blanc vêtu, dans cette lutte pour la survie, dans cette lente traversée de l’hiver, qui est avant tout une histoire de rémission.
Car c’est quand rien ne se passe que tout peut arriver.
https://www.telerama.fr/livres/le-poids-de-la-neige,n5453501.php

 

BANDES DESSINÉES, ROMANS GRAPHIQUES

Fabrizio DORI, Le Dieu vagabond, Sarbacane, janvier 2019, 25 €
Une plongée extraordinaire dans le monde antique !
Dernier de sa lignée divine, Eustis le satyre mène une vie oisive et solitaire dans le monde moderne. Lorsqu’il découvre que d’autres dieux ont survécu, il part à la recherche de son ami Pan, curieux disparu qui semble cristalliser l’attention de tout le nouveau panthéon de l’« Hôtel Olympus ». Mais Eustis n’est qu’une divinité mineure, et peut-être vient-il de mettre le doigt dans un engrenage dangereux…
« Il faut souligner la beauté des images de Fabrizio Dori, qui fait vibrer les couleurs… ce qui confère à son travail une qualité plastique exceptionnelle.» LJ
« C’est un album magnifique, magique, rythmé, surprenant ! Un vrai coup de coeur pour moi, un pur joyau ! » Frédéric Lavabre, éditeur BD

Après avoir étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan, Fabrizio Dori a travaillé dans le domaine de l’art. Il a exposé à Milan, Modène, Vérone, Ravenne, Udine dans des Galeries comme Luciano Inga-Pin, Studio d’Arte Can-naviello, Ninapì, ArteRicambi, Galleria San Salvatore…. Il a publié en Italie le roman graphique Uno in diviso tiré du roman de Alcide Pierantozzi. Il vit à Milan et travaille comme illustrateur et auteur de bandes dessinées. Chez Sarbacane, il est l’auteur et l’illustrateur de Gauguin, l’autre monde qui a remporté un joli succès.

Jean-Luc CORNETTE, John STEINBECK, La Perle, Futuropolis, janvier 2019, 136 p., 20 €
Kino, est un pêcheur de perle. Il vit avec sa femme Juana et leur bébé Coyotito, au bord de l’eau en Basse-Californie. Leur vie est rythmée par les gestes simples de la vie, dans un ordre immuable des choses : dormir, manger, s’occuper de leur enfant, prendre la barque, pêcher des huitres, chercher des perles.
Jusqu’au jour où Kino pêche une perle énorme « parfaite comme la lune ». Les forces du mal se déchaînent alors contre lui.
La cupidité et l’envie l’obligent à se défendre et à tuer. La perle fabuleuse n’aura été pour eux qu’une brêve rêverie et un atroce cauchemar. Car on ne dérange pas si facilement l’ordre des choses.

 

HISTOIRE

James C. SCOTT, Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers États, La Découverte, janvier 2019, 23 €
Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine.
Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d’aménagement du territoire, de l’« auto domestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».

James C. Scott est professeur émérite de science politique et d’anthropologie à l’université Yale. Il est l’auteur de nombreux livres, dont trois ont été traduits en français : La Domination et les arts de la résistance (Amsterdam, 2009), Zomia ou l’art de ne pas être gouverné (Seuil, 2013) et Petit Éloge de l’anarchisme (Lux, 2013).

 

ESSAIS LITTÉRAIRES

Pierre BAYARD, La Vérité sur les dix petits nègres, Minuit, janvier 2019, 176 p., 16
Aucun lecteur sensé ne peut croire en la solution invraisem­blable proposée à la fin du célèbre roman policier Dix petits nègres.
En donnant la parole au véritable assassin, ce livre explique ce qui s’est réellement passé et pourquoi Agatha Christie s’est trompée.

 

PHILOSOPHIE

Tristan GARCIA, Âmes, Histoire de la souffrance, tome 1, Gallimard, janvier 2019, 720 p., 24 €
«— J’ai peur de la croix. Il paraît que ce n’est pas très long, mais c’est le dernier moment, il faut le passer, et ça fait mal. J’ai peur d’avoir encore mal. Je n’ai pas le courage, et… S’il y avait quelque chose d’agréable après, mais il n’y a rien… J’ai peur que ça dure, j’ai peur d’avoir la respiration coupée, de sentir une enclume contre mes poumons. J’aimerais être mort. Je ne veux pas attendre. Je ne veux plus vivre maintenant, je voudrais que ça finisse tout de suite, sans avoir à y penser.
— Tu vis. Tu ne mourras jamais.»
À travers les siècles, depuis la toute première étincelle de douleur au sein d’un organisme, quatre âmes se croisent, se battent, se ratent et se retrouvent. Successivement animales et humaines, elles voyagent au néolithique, en Mésopotamie, à travers la Méditerranée à l’âge de bronze, dans la Chine ancienne des Wu, sous l’Empire romain, dans le royaume indien de Samudragupta ou au beau milieu du désert australien. Elles meurent, elles reviennent. Chacune de leurs existences est l’occasion d’un récit, petite partie d’une fresque dont le sens se dévoilera peu à peu : l’épopée des oubliés, le chant des perdants, le grand livre des êtres morts dans l’ombre. Des femmes, des esclaves, des lépreux, des enfants ou des bêtes en sont les héros.
Âmes est un projet ambitieux et désespéré de ressusciter tout ce qui a vécu, petit ou grand, rare ou nombreux, misérable ou glorieux. C’est aussi un foisonnant roman d’aventures pour notre époque, un roman multiple, décentré de l’Occident et attentif à tous les êtres. C’est enfin la Légende dorée de notre monde, adressée aux temps futurs.
https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/01/05/tristan-garcia-ecrit-l-histoire-des-vaincus-et-des-sans-grade_5405317_3260.html

POÉSIE

Serge PEY, Le Carnaval des poètes, Flammarion, janvier 2019, 476 p., 22 €
Héritier du surréalisme international, attaché à ses racines sudistes, Serge Pey se réclame de plusieurs traditions – provençale, amérindienne, anarchiste, sans parler du cante jondo ou de l’hérésie cathare – et d’un archaïsme fondamental : celui du chamanisme sans patrie qui est l’axe central de la poésie telle qu’il la pratique et l’entend.
Le Carnaval des poètes vient s’inscrire comme en point d’orgue au terme de quatre décennies d’écriture et de poésie-action. En faisant défiler une cohorte de chars et de masques grotesques ou graves dans un joyeux chaos temporel, le livre renoue avec une veine satirique qui ne s’interdit ni la louange ni la trivialité, perpétuant la tradition du carnaval où les valeurs s’inversent et où la «bassesse» reprend ses droits pour proférer d’autres mystères. Que la poésie puisse se permettre de semblables fêtes – à l’encontre des cérémonies confites qui la guettent – a quelque chose de rassurant. Même si c’est toujours vers une lumière plus secrète que tendent les flammes noires du poème de Pey.

JEUNESSE

Grahame BAKER-SMITH, Le Rythme de la pluie, Kimane, octobre 2018, 12,95 €. Dès 6 ans.
Arthur s’amuse à attraper des petits poissons dans le torrent quand, soudain, il se met à pleuvoir. La pluie remplit son bocal et, lorsqu’il le vide, l’eau de pluie se mêle à celle du torrent, court vers la rivière, rejoint le fleuve qui traverse la ville avant de se jeter dans l’océan, immense et mystérieux. Où est l’eau de mon bocal, maintenant ? se demande Arthur. A l’autre bout du monde, dans un village en plein désert, Mina est très heureuse d’accueillir enfin la pluie ! De la goutte de pluie à l’océan, cet album merveilleusement illustré retrace le parcours de l’eau à travers les yeux d’enfants que des milliers de kilomètres séparent.
Il nous apprend ou nous rappelle que l’eau est une ressource précieuse qu’il faut préserver.