Librairie

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Présentation de la librairie

Installée dans l’abbaye publique médiévale de Lagrasse (Aude – Languedoc-Roussillon), au cœur des Corbières, et attenante au café littéraire, la librairie « Le Nom de l’homme » doit sa dénomination au titre du premier livre de Benny Lévy, publié en 1984 par les Éditions Verdier : Le Nom de l’homme, Dialogue avec Sartre.

Généraliste, la librairie veut offrir le meilleur au plus grand nombre : à tous ceux qui habitent dans la région, aux visiteurs de passage à Lagrasse et dans les environs, aux personnes qui viennent participer aux activités de la Maison du Banquet.

La librairie propose un choix important d’ouvrages : nouveautés et fonds, poche et broché, 7000 références différentes, et près de 8000 ouvrages, dans des domaines variés :

  • Littérature française et traduite : romans, polars, science fiction, théâtre, poésie, prose, lettres classiques, critique littéraire, CD audio etc.
  • Sciences humaines : philosophie ancienne et contemporaine, histoire, anthropologie, essais socio-politiques, psychologie et psychanalyse, etc
  • Spiritualités : traditions chrétienne, islamique, hébraïque et bouddhiste,

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    La librairie en pleine activité

  • Arts : peinture, architecture, musique, photo, beaux livres, etc
  • Enfance, jeunesse : pour tous les âges, livres d’activités, documentaires, contes, romans, livres illustrés, etc.
  • BD, mangas,
  • Ouvrages régionaux, nature, jardin, cuisine, vie pratique, etc.

Accueil, conseil, recherche bibliographique

– Du 15 juin au 15 septembre et pendant les vacances scolaires d’automne, d’hiver et de printemps : ouverture tous les jours de 11h à 19 h.
– Pour les autres périodes : ouverture les week-ends, aux mêmes horaires.

Vous pouvez commander les livres que vous souhaitez, sur place ou par téléphone : 04 68 91 46 65 ou de préférence par mèl : lamaisondubanquet@orange.fr. Vous êtes informés par mèl ou par téléphone de l’arrivée de votre commande (délai moyen : une semaine).

Grâce à une base de données informatique complète et actualisée en permanence, la libraire peut effectuer à votre demande des recherches sur les livres disponibles, relatifs à un sujet ou à un auteur précis.

Responsable : Marie-Françoise Bondu.

Enfin, soucieuse de la diffusion optimale du livre sur tout le territoire des Corbières, la librairie est partenaire de diverses manifestations culturelles qui ont lieu dans les Corbières.

Librairies partenaires

La librairie a instauré un partenariat avec la librairie Libellis, à Narbonne.

La libraire

La responsable de la librairie

Par ailleurs, créée en 2008, avec la Maison du Banquet, la librairie n’existerait pas sans la collaboration amicale et le soutien de Christian et Martine Thorel, de la librairie Ombres Blanches, à Toulouse, une des principales librairies indépendantes de France, qui nous a permis de constituer un fonds riche et exigeant.

Et c’est encore à eux que nous confions, lors du Banquet d’été, la création d’une vaste librairie temporaire, installée dans les salles voûtées de l’abbaye, et qui propose un choix exceptionnel d’ouvrages en lien avec le thème de notre rendez-vous estival.

 

Les sélections du mois

Janvier constitue désormais la seconde « rentrée littéraire » : 588 nouveaux livres sont attendus en janvier et février 2017 : des romans, des essais… Nous vous proposons une sélection thématique parmi ces parutions de la nouvelle année.

Littérature française

Mathieu Belezi, Le Pas suspendu de la révolte, Éd. Flammarion. Date de parution : 4 janvier 2017, 400 p., 21,00 €Couv-le-pas-suspendu

Six membres d’une famille au bord de l’implosion crient leur révolte. Certains veulent encore croire en un monde meilleur quand d’autres veulent dynamiter le mensonge et l’hypocrisie d’une époque sans rédemption possible.
Le portrait d’une société qui laisse les égoïsmes l’emporter sur toute idée sociale ou morale.

 

 

 

Michel Jullien, Denise au Ventoux, Éd. Verdier. Date de parution : janvier 2017, 144 p., 16 €

Denise s’est entichée de Paul, le narrateur. C’en était gênant au début. Alors, malgré ses Couv-denise-au-ventouxhabitudes volontiers casanières, il n’a pas refusé. Ensemble, ils ont passé un an dans son appartement parisien, une année de routine sans tellement se divertir. Lui, le matin, se rend à son bureau quand elle ne sort pas, car Denise est un chien, de bonne taille, un bouvier bernois, une femelle, ancienne élève de l’école des chiens d’aveugle, un cancre recalé pour sa couardise urbaine. Jeune de quatre ans, elle avait de faux airs de Bakounine.
Entre eux, l’ordinaire des sempiternelles vadrouilles urbaines se limite à trois sorties quotidiennes dans une géographie relevant plus du pâté que du quartier, un pâté autour duquel ils tournent ensemble, sans varier, des flâneries au carré. Elle s’en contente, en bête, la langue souriante, le croupion au roulis, ses cuissots qui ressemblent tellement aux contours de l’Afrique. Un an de la sorte, Paul s’en fait une peine, tellement que, pour quatre jours, lui et la chienne s’offrent une escapade. Denise au Ventoux.
Mais que s’est-il passé à la descente entre Denise et son maître sur les gradins du grand Ventoux ? Subitement les voici face à face, comme jamais, rassemblés dans une calme éternité.

 

 

Gaëlle Obiégly, N’Être personne, Éd. Verticales. Date de parution : 3 janvier 2017, 320 p., 22 €

« Je m’utilise comme si j’étais un instrument. De toute façon, je suis une toute petite partie Couv-n-etre-personned’un être immense et souvent je dis des conneries. C’est pour ça que je cherche à n’être personne. Ça me permet d’en dire moins. Ou plus, mais sans craindre pour ma réputation.»
Hôtesse d’accueil accidentellement enfermée un week-end entier dans les WC de son entreprise, la narratrice de N’être personne va endurer cette épreuve avec les moyens du bord (de la sagesse, du papier hygiénique, un stylo bic) en improvisant un cabinet d’écriture. Au gré de remémorations, apparemment chaotiques, elle se trouve peu à peu traversée par tous les âges de la vie.

 

 

Emmanuelle Pagano, Saufs riverains, Trilogie des Rives T.2, P.O.L. Date de parution : 3 janvier 2017, 352 p., 19.50 €

Saufs Riverains est la deuxième partie, après Ligne & Fils, d’une « Trilogie des rives » Couv-saufs-riverainsinterrogeant la relation de l’eau et de l’homme, du naturel et du bâti, la violence des flux et celle des rives qui les contraignent. Ligne & Fils se penchait sur les rivières et les moulinages à leur bord, en empruntant deux vallées ardéchoises et en remontant sur le plateau d’où elles dévalent, pour écrire une histoire de famille en deux rivières. Dans ce deuxième volume, Emmanuelle Pagano s’est intéressée à l’ennoyage, par un lac de barrage, d’une vallée géologiquement riche et marquée, la vallée du Salagou, où son grand-père paternel possédait deux petites vignes, aujourd’hui sous l’eau, dont elle n’a connu qu’une image : la photo des dernières vendanges. Cette photo a été prise par sa mère, dans le ventre rond de laquelle elle était alors prête à naître. Les vannes du barrage étaient déjà fermées. Au moment de sa naissance, de la perte des eaux de sa mère, les vignes du père de son père étaient noyées. Dans ce livre comme dans les deux autres volumes de la trilogie, elle a eu le même souci de mettre en mots, pour mémoire, ce qui disparaît ou va disparaître, avec cette différence que celui-ci relate des éléments en grande partie autobiographiques.

 

Daniel Pennac, Le Cas Malaussène T. 1, Ils m’ont menti, Gallimard, Coll. Blanche. Date de parution : 3 janvier 2017, 320 p., 21 €

« Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu Couv-le-cas-malausseneC’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde.
Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle. »
Benjamin Malaussène.

 

Laurent Seksik, Romain Gary s’en va-t’en guerre, Flammarion. Date de parution : 18 janvier 2017, 180 p., 19 €Couv-romain-gary

L’évocation de la jeunesse de Romain Gary, des parents fictifs et des doubles qu’il s’est inventés, pour éclairer le mystère d’un homme et la genèse d’un créateur.

Laurent Seksik est né à Nice en 1962. Il est médecin et écrivain. Romain Gary s’en va-t’en guerre est son huitième roman.

 

 

 

Tanguy Viel, Article 353 du code pénal, Minuit. Date de parution : 3 janvier 2017, 176 p., 14,50 €

Couv-article-353Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d’être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l’ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d’investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu’il soit construit.

 

 

Littérature traduite

 

Lynn Cullen, Mrs. Poe, traduit de l’anglais (E-U) par Cécile Magné, Galaade. Date de parution : 19 janvier 2017, 606 p., 23 €

Nous sommes en 1845. New York, terre d’optimisme et d’opportunité, de pauvreté et de Couv-mrs-poecrime, est en émoi devant la récente publication du Corbeau, sombre poème qui provoque les plus vives passions et propulse Alan Edgar Poe, son auteur, sur le devant de la scène littéraire. Frances Osgood est elle loin d’atteindre un tel succès. La jeune poétesse vivote à peine et tente de subvenir aux besoins de ses deux jeunes enfants. Elle rencontre Poe dans un Salon. Tandis qu’elle n’éprouve que peu d’engouement pour son œuvre, elle est immédiatement séduite par la présence magnétique de l’écrivain.
Narrée du point de vue de Frances Osgood elle-même, ce qui n’était au début que l’histoire d’une simple attirance nous emmène bientôt sur le terrain de la séduction et des rencontres clandestines, alors que la jeune femme tombe inexorablement sous le charme de Poe. L’histoire prend un tour bien plus complexe quand Virgina, la jeune et fragile épouse de l’écrivain, demande à rencontrer la poétesse. Les deux femmes se lient d’amitié et le triangle amoureux qui se crée alors entraîne progressivement le lecteur, happé, dans une histoire sombre et torturée, à l’image de celles d’Alan Edgar Poe.
Mrs Poe apporte un éclairage tout à la fois sur un personnage peu célébré, la femme de lettres Frances Osgood, et sur une figure historique bien connue mais entourée de mystères, Edgar Poe. L’auteure occupe l’espace de non-dits et de mystères de leurs biographies respectives pour inventer une relation passionnelle crédible et lui donner vie. L’écriture, le sens du détail, sont au service d’une fiction historique riche et vivante. Sur fonds de progrès techniques et industriels, d’immigration, de transports et d’urbanisation, Mrs Poe est également un portrait de la ville – notamment New York, sur le point de devenir le centre financier du monde –  comme entité à la fois fascinante et monstrueuse, où le riche et le misérable se côtoient et seuls les codes et l’apparence les distinguent, où la prospérité se fait au profit d’un petit nombre et laisse la majorité sur le pavé.

Lynn Cullen a grandi à Fort Wayne dans l’Indiana. Cinquième fille d’une famille de sept enfants, elle s’est prise de passion pour l’histoire en faisant chaque année avec sa famille du camping sur les principaux sites historiques des États-Unis. Diplômée de l’Université de l’Indiana, c’est avec des livres pour enfants écrits à l’intention de ses trois filles qu’elle débute sa carrière d’écrivain. Rembrandt’s Daughter, publié en 2007 (sélectionné dans la liste des Discover Great New Writers de Barnes & Noble en 2008 et sur la liste des meilleurs livres de fiction du Atlanta Journal-Constitution 2008), lui confère une véritable reconnaissance littéraire. Une reconnaissance qui s’est depuis confirmée et n’a fait que croître avec Reign of Madness (sélectionné parmi les « Best of the South » du Atlanta Journal-Constitution et finaliste du Townsend Prize 2012), The Creation of Eve (nominé aux Best Fiction Books 2010 du Atlanta Journal-Constitution et sélectionné sur la liste du Indie Next 2010), et Mrs Poe, des romans qui reçurent tous un accueil critique exceptionnel.
Aujourd’hui Lynn Cullen continue à voyager, mais les virées familiales se sont transformées en tours européens au cours desquels elle collecte les données historiques qui viendront étayer ses prochains romans.
Après le succès de Mrs Poe, Lynn Cullen a publié une biographie de Mark Twain à paraître chez Galaade en 2018.

 

Elena Ferrante, Celle qui fuit et celle qui reste, L’amie prodigieuse III, traduit de l’italien par Elsa Damien, Gallimard, coll. « Du monde entier ». Date de parution : 3 janvier 2017, 480 p., 23 €

Après L’Amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de Couv-celle-qui-fuitla formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d’histoire italienne et d’amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila.
Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’École normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux sœurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix.
Celle qui fuit et celle qui reste n’a rien à envier à ses deux prédécesseurs. À la dimension historique et intime s’ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l’Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité.

 


Erich Maria Remarque, Cette terre promise, traduit de l’allemand et postfacé par Bernard Lortholary, Stock, Coll. La Cosmopolite. Date de parution : 11 janvier 2017, 350 p., 23 €

« J’ai vu la ville pendant trois semaines devant moi, mais c’était comme si elle avait été Couv-cette-terre-promisesituée sur une planète inconnue. J’étais dans l’île d’Ellis Island, c’était l’été 1944, et sous mes yeux j’avais New York. »
Ludwig Sommer, jeune Allemand pourchassé par les nazis, a enfin rejoint les États-Unis. Son permis de séjour en poche, il part à la découverte de cette terre promise dont les richesses semblent inépuisables. Mais les souvenirs et blessures de la guerre, toujours vivaces, remettent en question la possibilité d’un nouveau départ.
Dans cet ultime roman, inédit en France, l’auteur d’ À l’ouest rien de nouveau (Stock, 1929) brosse le portrait d’une incroyable communauté d’exilés tout en offrant une réjouissante satire de la société américaine.

 

 

Roopa Farooki, Gentilles filles, braves garçons, traduit de l’anglais par Jérémy Oriol, Gaïa. Date de parution : 1er février 2017, 432 p., 23 €

Dans le Pendjab des années 1940, quatre frères et sœurs, soumis à une mère Couv-gentilles-fillesmanipulatrice qui voulait juste faire d’eux « de gentilles filles et de braves garçons ». Si les frères pourront fuir pour faire des études de médecine à l’étranger, qu’en sera-t-il des sœurs, soumises à la perspective d’un mariage forcé ? À l’heure où l’on enterre ses morts, tous quatre retournent au pays et reviennent sur ce que furent leurs choix. Multiculturalisme, fratrie soudée et secrets de famille, un hommage aux immigrants d’Asie du Sud.

Roopa Farooki est née au Pakistan en 1974 et grandit à Londres. Après des études de philosophie, de politique et d’économie à Oxford, elle travaille un temps dans la publicité. Depuis 2004, Roopa se consacre à l’écriture et partage sa vie entre l’Angleterre et la France.

 

 

Eleni Sikelianos, Animale Machine, La Grecque prodige, traduit de l’anglais (E-U) par Claro, Actes Sud. Date de parution : 11 janvier 2017, 220 p. 21 € Couv-animale-machine

Avec Animal Machine, Eleni Sikelianos rend hommage à Melena, sa défunte grand-mère, dans un texte saisissant à la frontière des genres, et raconte l’expérience poétique d’une femme qui a vécu aux marges de la société américaine.

 

 

 

 Essais

Patrick Boucheron (sous la direction de), Histoire mondiale de la France, Seuil, Coll. Histoire. Date de parution : 12 janvier 2017, 800 p., 29 €

« Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France » Jules Michelet, Couv-histoire-mondiale-franceIntroduction à l’histoire universelle (1831)
Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.
Une histoire qui ne s’embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l’identité, mais prend au large le destin d’un pays qui n’existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l’incarner tout entier. Une histoire qui n’abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c’est par dates qu’elle s’organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.
Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l’ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d’historiennes et d’historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s’agit de prendre la mesure d’une histoire mondiale de la France, c’est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l’élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !
Ce livre est joyeusement polyphonique. Espérons qu’un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment.

 

 

Asli Erdogan, Le Silence même n’est plus à toi, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud, Coll. Essais. Date de parution : 4 janvier 2017, 120 p., 16,50 €

Dans l’un de ses derniers livres parus en France, Aslı Erdoğan évoquait déjà ce lieu Couv-le-silence-memeeffrayant entre tous, le « Bâtiment de pierre » – autrement dit la prison de Bakırköy à Istanbul. Or voici qu’en août 2016, à la suite de la tentative de coup d’État de juillet, la romancière turque est arrêtée et s’y trouve incarcérée. Son délit : avoir écrit dans un journal pro-kurde (Özgür Gündem) pour clamer son indignation et dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion. Depuis lors, la situation en Turquie s’aggrave et Aslı Erdoğan – entre autres intellectuels, journalistes et universitaires – encourt une condamnation aussi infondée qu’inacceptable.
Ce volume rassemble quelques-unes des chroniques qui lui ont valu cette accusation. Le lecteur y retrouvera l’exigence poétique d’Aslı Erdoğan, son amour de la liberté, sa lucidité et la beauté de sa langue.
Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le vœu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son œuvre a droit de cité.

 

 

Arlette Farge, Il me faut te dire, Éd. du Sonneur. Date de parution : 19 janvier 2017, 90 p., 10 €

Arlette Farge a le goût des autres, gens du passé, gens du présent. Aussi attentive à la Couv-il-me-faut-te-diremarche du monde qu’attirée par les petites choses de la vie, cette irréductible fonceuse n’a pas hésité un instant à s’exposer : dire ce que la vie signifie pour elle. L’exploratrice des archives, toujours soucieuse du réel, fait ici acte d’imaginaire tout en nous offrant un de ses grands plaisirs : écrire des lettres, des vraies, avec un crayon et du papier. Prendre le temps de songer à une personne, lui faire part d’un rien joyeux, d’une émotion, d’une pensée, et d’une main vive, pétillante, chaleureuse, dessiner des phrases qui donnent sens et plaisir. Enfin, choisir un joli timbre et se rendre à la poste. C’est sa façon de faire lien, de prendre soin. Il me faut te dire est un recueil de lettres adressées à des personnes fictives – ou presque – un ami, un collègue, un petit-fils, un pauvre gars sorti tout droit de son XVIIIe siècle… Chez Arlette Farge, tout est source d’étonnement, d’émotion : paysage, film, bruits de la ville, couleurs, lectures ; tout mène à l’humain, geste, parole ; tout mène au partage.
S’approprier les mots d’Arlette Farge, c’est lire notre propre vie ; c’est bien là tout son talent : nous faire croire d’emblée qu’elle s’adresse à chacun d’entre nous.
Née en 1941 à Charleville (Ardennes), l’historienne Arlette Farge vit à Paris. Directrice de recherches émérite au CNRS, elle a publié une trentaine d’ouvrages. En mai 2016, l’ensemble de son œuvre a été récompensé par le prix international Dan David (l’équivalent de la médaille Fields pour les mathématiciens).
Arlette Farge s’est inventé un métier, une mission – explorer les archives de police et de justice et mettre à jour des existences oubliées : « Écrire l’histoire des plus déshérités au XVIIIe siècle est une passion, celle de donner vie et sens aux plus méconnus du siècle des Lumières, qui autrefois, ont vécu, aimé, désiré et souffert, tandis que la grande histoire traditionnelle tarde à les sortir de l’ombre au profit des grands événements sociaux et politiques. »
Spécialiste par ailleurs de l’histoire des femmes, Arlette Farge poursuit des travaux de recherche sur la transmission de l’histoire.
Elle collabore aux côtés d’Emmanuel Laurentin à La Fabrique de l’histoire sur France Culture.

 

Didier Fassin, Punir, une passion contemporaine, Éd. du Seuil. Date de parution : 5 janvier 2017, 208 p., 17 €

Au cours des dernières décennies, la plupart des sociétés se sont faites plus répressives, Couv-punirleurs lois plus sévères, leurs juges plus inflexibles, et ceci sans lien direct avec l’évolution de la délinquance et de la criminalité. Dans ce livre, qui met en œuvre une approche à la fois généalogique et ethnographique, Didier Fassin s’efforce de saisir les enjeux de ce moment punitif en repartant des fondements mêmes du châtiment.
Qu’est-ce que punir ? Pourquoi punit-on ? Qui punit-on ? À travers ces trois questions, il engage un dialogue critique avec la philosophie morale et la théorie juridique. Puisant ses illustrations dans des contextes historiques et nationaux variés, il montre notamment que la réponse au crime n’a pas toujours été associée à l’infliction d’une souffrance, que le châtiment ne procède pas seulement des logiques rationnelles servant à le légitimer et que l’alourdissement des peines a souvent pour résultat de les différencier socialement, et donc d’accroître les inégalités.
À rebours du populisme pénal triomphant, cette enquête propose une salutaire révision des présupposés qui nourrissent la passion de punir et invite à repenser la place du châtiment dans le monde contemporain.
Didier Fassin est professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d’études à l’EHESS. Il est notamment l’auteur, au Seuil, de La Force de l’ordre (2011) et de L’Ombre du monde (2015).

 

Bandes dessinées, jeunesse

Pénélope Bagieu, Culottées, T. 2, Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, Éd. Gallimard Bande dessinée. Date de parution : 26 janvier 2017, 168 p., 20,50 € Couv-les-culottees

Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : deuxième volet ! Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde… « Les Culottées » ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin.

 

 

Gilles Baum, Thierry Dedieu, D’entre les ogres, Seuil Jeunesse. Date de parution : 5 janvier 2017, 40 p., 15 €. À partir de 6 ans.

Un bébé est abandonné, dans un panier, au cœur de la forêt… Lorsque l’ogre s’approche, Couv-d-entre-les-ogresil sourit. Voilà 200 ans que lui et l’ogresse voulaient un enfant ! Alors cette petite fille, ils vont la choyer. Blanche va devenir le centre de leur vie, leur unique préoccupation. Elle se régalera des mets les plus fins, elle sera habillée de soie. Mais un jour, Blanche s’étonne. Pourquoi ses parents ne mangent-ils pas la même chose qu’elle ? Que font-ils la nuit lorsqu’elle dort ? Blanche pose des questions et s’énerve de ne pas avoir les réponses. Alors l’ogre et l’ogresse prennent une terrible décision, la seule possible : ils décident de ramener Blanche dans le village des Hommes. Y trouvera-t-elle sa place et sa « vraie » famille ?Un album indispensable, à lire en famille.
Gilles Baum a fait des études de mathématiques, et enseigne aujourd’hui avec stress et passion en école élémentaire (CM). Il a découvert les albums en apprenant son métier. Il y a douze ans, un livre a changé sa vie : Yakouba. Il y a quatre ans, un projet scolaire lui a permis de rencontrer Dedieu, à qui il a proposé des histoires ; ensemble ils ont déjà signé quatre albums au Seuil jeunesse : Un royaume sans oiseaux (2013), Le Baron bleu (2014) qui a reçu le prix Saint Exupéry, Camille est timide (2015) et Le Totem (2016).Gilles Baum vit en Alsace. Thierry Dedieu a réalisé une quarantaine d’albums au Seuil Jeunesse. Auteur prolifique, il consacre à chacun de ses livres un style différent et une écriture ciselée. Il a reçu de nombreux prix, notamment le prix spécial Sorcières en 2010, récompensant l’ensemble de son œuvre, et en 2014 le prix P’tits mômes des bibliothèques de la ville de Genève pour Poisson chat. Ses derniers albums personnels au Seuil jeunesse : L’Étrange zoo de Lavardens (2014, lauréat du Prix Chrétien de Troyes), À la recherche du Père Noël (2015), Le Caillou (2016), Le Totem (2016) et Les Bonshommes de neige sont éternels (2016). Il vit dans le Gers.

 

Jean-Christophe Piot, La Mythologie grecque racontée aux enfants, Illustrations couleur, Éd. La Martinière. Date de parution : 26 janvier 2017, 72 p., 14,50 €. Enfants 6-10 ans. Couv-la-mythologie-grecque

A la découverte de la mythologie grecque, en partant des grands mythes fondateurs et de la cosmogonie à l’avènement des Olympiens, puis en passant aux grands héros et aux principaux récits.