Librairie

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Présentation de la librairie

Installée dans l’abbaye publique médiévale de Lagrasse (Aude – Languedoc-Roussillon), au cœur des Corbières, et attenante au café littéraire, la librairie Le Nom de l’homme  souhaite offrir le meilleur au plus grand nombre : habitants de la région, visiteurs de passage à Lagrasse et dans les environs et aux personnes participant aux activités de la Maison du Banquet.

La librairie propose un choix important d’ouvrages : nouveautés et fonds, livres poche et brochés, 7000 références différentes, et près de 8000 ouvrages, dans des domaines variés :

  • Littérature française et traduite : romans, polars, science fiction, théâtre, poésie, lettres classiques, critique littéraire, CD audio…
  • Sciences humaines : philosophie ancienne et contemporaine, histoire, anthropologie, essais socio-politiques, psychologie et psychanalyse…librairie-animee2
  • Spiritualités : traditions chrétienne, islamique, hébraïque et bouddhiste…
  • Arts : peinture, architecture, musique, photographie, beaux livres…
  • Enfance, jeunesse : pour tous les âges, contes, romans, livres illustrés, livres d’activités, documentaires…
  • BD, mangas, romans graphiques…
  • Ouvrages régionaux, nature, jardin, cuisine, vie pratique…

La librairie Le Nom de l’homme doit sa dénomination au titre du premier livre de Benny Lévy, publié en 1984 par les Éditions Verdier : Le Nom de l’homme, Dialogue avec Sartre.

 

Accueil, conseil, recherche bibliographique

La Librairie est ouverte à partir de 11h :
– les week-ends
– et tous les jours :
du samedi 8 avril au dimanche 23 avril
du samedi 17 juin au samedi 17 septembre
du samedi 21 octobre au dimanche 5 novembre

Vous pouvez commander les livres, sur place, par courrier électronique : lamaisondubanquet@orange.fr ou par téléphone : 04 68 32 63 89. Nous vous informerons de l’arrivée de votre commande (délai moyen : une semaine).

Grâce à une base de données informatique complète et actualisée en permanence, la libraire peut effectuer à votre demande des recherches sur les livres disponibles, relatifs à un sujet ou à un auteur précis.

Responsable : Aline Costella.

Enfin, soucieuse de la diffusion optimale du livre sur tout le territoire des Corbières, la librairie est partenaire de diverses manifestations culturelles qui ont lieu dans les Corbières.

 

Librairies partenaires

La librairie a instauré un partenariat avec la librairie Libellis, à Narbonne.

Par ailleurs, créée en 2008, avec la Maison du Banquet, la librairie n’existerait pas sans la collaboration amicale et le soutien de Christian et Martine Thorel, de la librairie Ombres Blanches, à Toulouse, une des principales librairies indépendantes de France, qui nous a permis de constituer un fonds riche et exigeant.
Et c’est encore à eux que nous confions, lors du Banquet d’été, la création d’une vaste librairie temporaire, installée dans les salles voûtées de l’abbaye, et qui propose un choix exceptionnel d’ouvrages en lien avec le thème de notre rendez-vous estival.

sélections du mois

« Le roman n’est pas une confession de l’auteur mais une exploration de ce qu’est la vie dans le piège qu’est devenu le monde » – Milan Kundera

La semaine de la Langue française et de la Francophonie

Du 18 au 26 mars 2017, la Librairie Le Nom de l’Homme s’inscrit dans cette manifestation en proposant une sélection de livres (romans, essais, BD, albums jeunesse…) liés au travail de la langue française. Certaines nouveautés présentées ci-dessous s’inscrivent dans ce cadre.

Le Printemps des Poètes 2017

La Maison du Banquet & des générations est partenaire du Printemps des Poètes 2017 organisé par Eurocultures en Corbières entre le 4 et le 11 mars 2017. Au programme, des lectures sur le thème « L’(es) Afrique(s) » dans les bibliothèques de Quintillan et Coustouges, dans les gîtes labellisés « Accueil paysan » de Tuchan et de Villerouge-Termenès, deux spectacles avec Catherine Leforestier autour d’Aimé Césaire, les vendredi 10 et samedi 11 mars 2017.
Pour l’occasion, la Librairie Le Nom de l’homme de la Maison du Banquet, proposera une table de livres sur L’(es) Afrique(s).

Littérature francophone

David BOSC, Relever les déluges, Verdier, mars 2017, 96 p., 12,50 €.

Enfants de rois, de paysans ou de bourgeois, les personnages
de ces quatre récits ont ouvert sur le monde des yeux de premier homme : l’ordre des choses, ils entendent l’éprouver, en restant sourds aux « vérités éternelles ».
Ce sont alors des assauts et des ruses, des solidarités intempestives et de soudains dégagements. Liberté, égalité, fraternité : les vieilles lunes sont décrochées avec tout le décor, et les voici qui se rallument, fragiles, toutes neuves, à hauteur de regard, sur le visage de n’importe qui.

 

Yasmine CHAMI, Mourir est un enchantement, Actes Sud, mars 2017, 112 p., 13,80 €.

Sara, une femme marocaine de quarante ans fragilisée par un diagnostic médical inquiétant, s’installe sur un canapé, choisissant peut-être de prendre le temps de vivre. Là, tendrement entourée de ses deux fils, elle se livre au plaisir de redécouvrir le contenu d’un grand sac de toile dans lequel se trouvent pêle-mêle toutes ses photos de famille.
Dès lors s’imposent les visages de ses parents, de ses oncles et tantes, ces jeunes gens des années soixante-dix aussi beaux que déterminés au bonheur dans ce pays qui se trouvait pourtant à l’orée d’un basculement irréversible. Viendront ensuite ses cousins et son frère – ils ont huit ou dix ans – dans un jardin, posant avec elle sur un muret en plein soleil, ou au couchant en bord de mer.
Tant d’images, de lumières et d’impressions subtiles figées pour l’éternité. Tant de portraits riches de singularités conjuguées que Sara réanime en éclairant leur vulnérabilité et leur aveuglement face à ce pays tant aimé qui ne cessait pourtant de subir les violences des enjeux de pouvoir.
Un roman d’une rare élégance, sur une constellation familiale qui a rassemblé, au cœur des conflits de l’Histoire, des hommes et des femmes dont l’acceptation profonde de l’humanité des autres a contribué à la création d’un univers éminemment particulier. Un livre où le combat des femmes s’éploie de l’intime à l’universel.

 

Marie COSNAY, Aquerò, Les Éditions de l’Ogre n°17, mars 2017, 128 p., 17 €.

Une femme tombe dans une grotte. Entre visions et hallucinations, elle se rêve en moineau, et assiste, par-delà le temps, au basculement de la vie de Bernadette Soubirous. « Elle voit, parfois aussi elle devient Bernadette, comme si tout enfant, toute fille en tout cas, pouvait l’être aussi. »
L’expérience surnaturelle ou mystique est avant tout une expérience du corps. Qu’ont-elles vu, exactement ? Peu importe, elles ont vu, ou cru voir.
Entre sensibilité, gravité et humour, Marie Cosnay mêle ces deux destins de femmes, à deux époques différentes, et nous invite à repenser la possibilité de l’apparition. Sous prétexte de nous parler de Bernadette Soubirous, Marie Cosnay interroge l’instrumentalisation politique du corps féminin.
« La question bien après que la petite a vu et parlé, à peine, s’est posée ainsi : elle a vu aquèra, accent sur le « e », c’est‐à‐dire celle‐ci, fille, fée ou déesse ou bien elle a vu la lumière à l’état de lumière : aquerò, l’accent sur la dernière syllabe, ceci, neutre ? Bernadette a vu celle‐ci, la fille, ou ceci, la chose ? »
Que voyons‐nous ? Que pouvons‐ nous voir ? Notre regard peut‐il échapper à la contamination de ce qui nous domine ?

 

Louis-Philippe DALEMBERT, Avant que les ombres s’effacent, Sabine Wespieser Éditeur, mars 2017, 296 p., 21 €.

 Dans le prologue de cette saga conduisant son protagoniste de la Pologne à Port-au-Prince, l’auteur rappelle le vote par l’État haïtien, en 1939, d’un décret-loi autorisant ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à tous les Juifs qui en formuleraient la demande.
Avant son arrivée à Port-au-Prince à la faveur de ce décret, le docteur Ruben Schwarzberg fut de ceux dont le nazisme brisa la trajectoire. Devenu un médecin réputé et le patriarche de trois générations d’Haïtiens, il a tiré un trait sur son passé. Mais, quand Haïti est frappé par le séisme de janvier 2010 et que sa petite-cousine Deborah accourt d’Israël parmi les médecins du monde entier, il accepte de revenir sur son histoire.
Pendant toute une nuit, sous la véranda de sa maison dans les hauteurs de la capitale, le vieil homme déroule pour la jeune femme le récit des péripéties qui l’ont amené là. Au son lointain des tambours du vaudou, il raconte sa naissance à Łódź en 1913, son enfance et ses études à Berlin – où était désormais installé l’atelier de fourrure familial –, la nuit de pogrom du 9 novembre 1938 et l’intervention providentielle de l’ambassadeur d’Haïti. Son internement à Buchenwald ; son embarquement sur le Saint Louis, un navire affrété pour transporter vers Cuba un millier de demandeurs d’asile, mais refoulé vers l’Europe ; son séjour enchanteur dans le Paris de la fin des années trente, où il est recueilli par la poétesse haïtienne Ida Faubert, et, finalement, son départ vers sa nouvelle vie : le docteur Schwarzberg les relate sans pathos, avec le calme, la distance et le sens de la dérision qui lui permirent sans doute, dans la catastrophe, de saisir les mains tendues.
Avec cette fascinante évocation d’une destinée tragique dont le cours fut heureusement infléchi, Louis-Philippe Dalembert rend un hommage tendre et plein d’humour à sa terre natale, où nombre de victimes de l’histoire trouvèrent une seconde patrie.

 

Maryline DESBIOLLES, Avec Rodin, Fayard, mars 2017, 208 p., 18 €.

Comment vient-on à Rodin ? Peut-être en tâchant de laisser tomber ce qu’on croyait connaître. En tâchant de laisser tomber ses croyances. En fréquentant Auguste Rodin, et, avec lui, les écrivains et les artistes qui l’ont aimé, en s’immisçant dans cet immense XIXe siècle qu’il projette dans le XXe siècle. En y tissant un récit de sa vie. Mais aussi en fréquentant ses figures, en entrant dans la danse des corps inventés par lui. En fréquentant la sculpture qu’il a bouleversée. En prenant exemple sur lui. En accueillant le réel et ses surprises. En étant entièrement solidaire de sa manière de procéder. C’est-à-dire, somme toute, en faisant le pari d’être un peu plus libre.

 

Philippe DJIAN, Marlène, Gallimard, coll. Blanche, mars 2017, 224 p., 19,80 €.

Dan et Richard, deux vétérans de l’Afghanistan et amis d’enfance, vivent dans la même ville depuis leur retour des zones de combat. Encore gravement perturbés par ce qu’ils ont vécu, ils peinent à retrouver une vie normale.
Le cas de Dan est à peu près réglé – il s’oblige à une hygiène de vie très rigoureuse, travaille assidûment ; mais celui de Richard – bagarreur, récidiviste, infidèle – semble définitivement perdu.
L’arrivée de Marlène, la belle-sœur de Richard, va redistribuer les cartes. Jusqu’à la tragédie?
Condensé dans sa forme, nerveux, Marlène est un roman tout entier tendu par la brusque fuite en avant de ses héros.

 

Parutions en poche 

Velibor ČOLIĆ, Jésus et Tito, Gaïa, 2010. Date de parution en poche : mars 2017, 240 p., 10 €.

En 1970, dans la Yougoslavie de Tito, Velibor a six ans et veut devenir footballeur.
Noir et Brésilien, de préférence.
« Relativement tôt, je me suis rendu compte que mes souvenirs, mon enfance, toute ma vie d’avant, appartenaient au Jurassic Park communiste, disparu et enterré avec l’idée de la Yougoslavie. »
Une enfance sous le signe de la bonne étoile… rouge : le petit Jésus contre le maréchal Tito est le match qui se joue tous les jours à la maison. À l’adolescence, Velibor se choisit des icônes résolument plus rock’n roll : entre Jack London et Pelé, entre les Clash et Bukowski.
Et pour grand amour, la littérature.
Velibor rêve d’être poète. Maudit, évidemment.

 

Erri DE LUCA, Histoire d’Irène, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, « Du monde entier », 2015. Date de parution en poche Folio Gallimard : mars 2017, 128 p., 5,90 €.

 «Toutes les nuits, Irène rejoint la famille des dauphins, onze avec elle, guidés par une femelle adulte. Elle vide pour eux les filets sans les couper, elle descend sur le fond et détache des hameçons les anchois et les morceaux de calamars, elle ouvre les nasses. Avec son couteau italien, elle libère et sauve les siens empêtrés dans les filets. Elle reste avec eux jusqu’à la fin de la nuit. Elle a le même âge que deux des dauphins, une femelle et un mâle. Ils ont grandi ensemble, ils ont exploré les jeux jusqu’à la venue de la maturité.»
Dans une langue épurée et puissante, Erri De Luca nous offre ici l’histoire d’une jeune femme vivant sur une île grecque, qui passe ses nuits à nager avec les dauphins. Ce texte est accompagné de deux autres courts récits, Le ciel dans une étable et Une chose très stupide.

 

Asli ERDOGAN, Le bâtiment de pierre, traduit du turc par Jean DESCAT, Actes Sud, 2013. Date de parution Actes Sud, Babel : mars 2017, 112 p., 6,70 €.

Au cœur de l’onirisme, à la frontière du visible et de l’invisible, entre mémoire, rêve et cris, une femme se souvient du Bâtiment de pierre. Dans cette prison, des militants politiques, des intellectuels récalcitrants à la censure, des gosses des rues – petits voleurs de misère – se retrouvaient pris au piège.
De ce monde de terreur véritable, la narratrice de ce récit est pourtant revenue et sa voix, en une étrange élégie, se fait l’écho d’un ange, un homme qui s’est éteint dans cette prison en lui laissant ses yeux.
Ce livre est un chant dont la partition poétique autorise le motif en lui donnant parfois une douceur paradoxalement inconcevable. Un texte rare sur l’un des non-dits de la vie en Turquie.

 

Yanick LAHENS, Failles, Sabine Wespieser Éditeur, 2010. Date de parution en poche Sabine Wespieser : mars 2017, 160 p., 8 €.

« Le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, le temps s’est fracturé. Dans sa faille, il a scellé à jamais les secrets de notre ville, englouti une partie de notre âme, une âme qu’elle nous avait patiemment taillée à sa démesure. Dans sa faille, le temps a emporté notre enfance. Nous sommes désormais orphelins de cent lieux et de mille mots. Les rues jouent à colin-maillard, lago kache, avec nos souvenirs. Certaines façades sont des ombres, et des fantômes y rôdent déjà que nous croyons toucher des yeux. »
Paru en octobre 2010 chez Sabine Wespieser éditeur, quelques mois après le séisme qui ravagea Haïti, Failles témoigne à la fois de l’horreur qui s’est abattue sur l’île, et de la nécessité de la surmonter. Texte animé par l’urgence, texte de compassion et de réflexion aussi, ce récit en appelle à la responsabilité de tous. Yanick Lahens, qui vit et écrit à Port-au-Prince, martèle ici, comme dans ses romans, La Couleur de l’aube (SW poche) ou Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur, prix Femina 2014), qu’il n’y a pas de fatalité du malheur pour son peuple, mais l’obligation de combattre les failles sociales, politiques et économiques, aussi scandaleuses que la faille géologique.

 

Littérature traduite

Hanan AYALTI, Attendez-moi métro République, traduit du yiddish par Monique Charbonnel-Grinhaus, Éd. de L’Antilope, mars 2017, 448 p., 23,50 €. Cet ouvrage est publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Les Sokolovski, immigrés juifs polonais à Paris, sont pris dans la tourmente de l’Occupation. Le père voit sa boutique aryanisée.Le fils Jacques, résistant communiste, participe à des attentats. Recherché par la Gestapo, il se cache. Au-delà de l’énigme policière, ce roman fait découvrir une société d’immigrés, et le regard d’un écrivain immigré sur la société française.
Écrit en 1943 en Uruguay, Attendez-moi métro République a permis aux Juifs d’Amérique de découvrir les conditions de vie en France occupée. C’est le premier roman de Hanan Ayalti traduit en français.

 

Jesús CARRASCO, La terre que nous foulons, traduit de l’espagnol par Marie VILA CASAS, Robert Laffont, mars 2017, 270 p., 19 €.

Quand l’Espagne est annexée au plus grand empire que l’Europe ait jamais connu, Iossif et Eva Holman se voient attribuer une propriété en Estrémadure. Sur cette terre âpre vivent des hommes et des femmes qu’ils considèrent à peine mieux que des bêtes. Jusqu’au jour ou un vagabond hagard, à moitié fou, s’installe dans leur jardin.
Contre toute attente, Eva le cache et le nourrit. Elle écoute ses divagations sur le massacre de sa famille, sur ses années d’esclavage dans un camp de travail. Au fil du temps, les cauchemars de cet homme se mêlent à ses propres souvenirs, aux révoltes qu’elle a toujours tues, aux colères qui la hantent. Peu à peu, leurs deux voix se confondent, élevant un terrible lamento en mémoire des victimes d’une idéologie de mort et de destruction.

 

Cookie MUELLER, Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir, traduit de l’américain et présenté par Romaric Vinet-Kammerer, Finitude, mars 2017, 192 p., 17 €.

 Devant l’objectif des plus grands photographes, des plus grands cinéastes, elle excellait à être simplement Cookie. L’inoubliable, la touchante Cookie Mueller, égérie de l’avant-garde new-yorkaise des années 70 et 80.
Lors de soirées devenues mémorables, elle exerçait ses fabuleux talents de conteuse. Tous se délectaient de ses aventures extraordinaires, de ses souvenirs de l’époque où elle était la bad girl du lycée jusqu’à ses anecdotes de tournage avec John Waters, en passant par les épisodes sa vie californienne, lorsqu’elle côtoyait Janis Joplin ou un certain Jim Morrison.
Et quand un jour, elle s’est enfin décidée à mettre tout ça par écrit, on s’est aperçu qu’un écrivain était né. Quel style, quel naturel, quelle verve, quelle fantaisie !
Lire Cookie Mueller aujourd’hui, c’est retrouver l’insouciance, goûter la liberté, tâter de la sauvagerie, risquer la tendresse. Elle écrit « cash », comme elle a vécu.
On aurait tant aimé la connaître.

 

Essais, philosophie, histoire, sciences humaines

 Philippe ARTIÈRES et Dominique KALIFA, Vidal, le tueur de femmes. Une biographie sociale, Verdier Poche, mars 2017, 368 p., 10,50 €.

En décembre 1901, Henri Vidal, un hôtelier de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une autre fille publique ainsi qu’une jeune Suissesse. Arrêté parce qu’il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite « le Tueur de femmes » est condamné à mort par la cour d’assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906.
Dès ces crimes commis, l’assassin devient l’objet d’une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu’une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d’un criminel.
Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont le forme suscita l’étonnement, interroge à la fois l’écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l’histoire.

 

La Capture. En compagnie de Pierre BERGOUNIOUX. Un partenariat Verdier / La Huit Productions / France Culture, mars 2017, 25 €.

Ce coffret livre et DVD rassemble :
– la réédition du récit de Pierre BERGOUNIOUX, Le Grand Sylvain, Verdier, 1993, 80 p.
– La Capture, portrait filmé par Geoffrey LACHASSAGNE, La Huit productions, 2015
– L’enfance, les fondations.
Un entretien radiophonique avec Marie RICHEUX

« Qu’avons-nous laissé entre nos doigts mal joints ? » C’est ce que demande avec une grave douceur l’écrin Pierre Bergounioux au jeune réalisateur Geoffrey Lachassagne.
Au fond, ni l’un, ni l’autre n’attendent ni ne veulent de réponse à cette question, seulement préserver le souvenir de cette pluie incessante en plein mois de juin, retenir ce qu’il reste de l’enfance, des mots inédits et des insectes dont nous espérions la capture, comme nous essayons, aujourd’hui adultes, de chercher la clarté pour compenser la pénombre dans laquelle nous sommes.
Aux confins du plateau des Millevaches et sur la page blanche, dans ces espaces vastes et solitaires, Pierre Bergounioux sillonne, cherche, inventorie. Mots et insectes sont parents. Ils disent notre nuit d’avant – la plus silencieuse -, ce que nous sommes et ce que nous avons été.

 

Sarah MAZOUZ, La République et ses autres : politiques de l’altérité dans la France des années 2000, thèse de 2010, ENS éditions, mars 2017, 300 p., 24 €.

 La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d’années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l’altérité ». À partir d’une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d’une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s’articulent dans l’espace social les questions de l’immigration, de la nation et de la racialisation. En faisant porter l’examen de manière originale sur ces deux politiques publiques, elle interroge les processus d’inclusion et d’exclusion à l’intérieur même du groupe national (via l’examen de la mise en œuvre de l’anti-discrimination) et à l’extérieur, entre le national et étranger (via l’étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s’attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l’ordre national.

 

Chimamanda NGOZI ADICHIE, Chère Ijeawele ou Un manifeste pour une éducation féministe, Hors série Littérature, traduit de l’anglais (Nigeria) par Marguerite Capelle, Gallimard, mars 2017, 84 p., 8,50 €.

 «Je suis convaincue de l’urgence morale qu’il y a à nous atteler à imaginer ensemble une éducation différente pour nos enfants, pour tenter de créer un monde plus juste à l’égard des femmes et des hommes.»
À une amie qui lui demande quelques conseils pour élever selon les règles de l’art du féminisme la petite fille qu’elle vient de mettre au monde, Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d’une missive enjouée, non dénuée d’ironie, qui prend vite la tournure d’un manifeste.
L’écrivain nigériane examine les situations concrètes qui se présentent aux parents d’une petite fille et explique comment déjouer les pièges que nous tend le sexisme, à travers des exemples tirés de sa propre expérience.
Cette lettre manifeste s’adresse à tous : aux hommes comme aux femmes, aux parents en devenir, à l’enfant qui subsiste en nous et qui s’interroge sur l’éducation qu’il a reçue. Chacun y trouvera les clés d’une ligne de conduite féministe, qui consiste à croire en la pleine égalité des sexes et à l’encourager.

 

Polars

Arne DAHL, Prenons la place des morts, traduit du suédois par Rémi CASSAIGNE, Actes Sud, « Actes noirs », mars 2017, 448 p., 23 €.

 Un chirurgien esthétique retrouvé mort à son domicile en Belgique, un parlementaire européen tchèque assassiné à coups de couteau sur une île aux abords de la Toscane et un trafiquant d’armes albanais abattu dans un bar de Stockholm. Rien ne semble réunir ces trois meurtres. Mais Paul Hjelm et son équipe vont bientôt découvrir que les décès sont intimement liés à une île prisonnière sur laquelle des hommes, des femmes et des enfants ont été abandonnés, sans eau et sans nourriture, pour être soumis à d’épouvantables expérimentations scientifiques.
Toujours en deuil depuis la perte de deux de leurs membres, le groupe Opcop se lance à la recherche du ou des tueurs. Le temps presse : tout semble indiquer que le prédateur est encore loin d’avoir assouvi sa soif meurtrière…

 

Luis SEPULVEDA, Un nom de torero, traduit de l’espagnol (Chili) par François MASPERO, Métailié Noir, mars 2017, 208 p., 18 €.
Les 63 pièces d’or de la collection du Croissant de Lune Errant ont été volées par les nazis. Après quarante ans de sommeil, à la chute du mur de Berlin, elles réapparaissent en Patagonie et la course-poursuite commence entre la Lloyd Hanséatique et les anciens agents de la Stasi.
La Lloyd a un atout majeur: Juan Belmonte. Il porte un nom de torero et un lourd passé de guérillero de toutes les révolutions perdues de l’Amérique latine. La Lloyd ne lui a pas laissé le choix : partir à la recherche des pièces d’or ou perdre Véronica, son unique raison de vivre, brisée par la torture.
Dans cette course au trésor vers la Patagonie, Belmonte retrouve un Chili où le poids du silence n’a pas enterré la profonde humanité des habitants du bout du monde. Luis Sepûlveda montre une fois encore qu’il est un extraordinaire raconteur d’histoires.
« L’excellent policier de Sepúlveda qui se rattache à l’école prometteuse du thriller sud-américain, absorbe sans servilité l’influence des maîtres nord-américains : efficacité des constructions, rigueur du style, morale sourcilleuse du héros dont les échecs accumulés attestent la grandeur. »

 

Littérature jeunesse

Jean-Philippe BLONDEL, Le groupe, Actes Sud Junior, mars 2017, 144 p., 13,50 €. À partir 14 ans.

François Roussel, professeur d’anglais et écrivain, se laisse convaincre de monter un atelier d’écriture pour les terminales de son lycée. Il se demande tout de même qui cela pourrait bien intéresser. Et puis les premiers inscrits arrivent : Léo, Émeline, Nina… et même Boris, le rigolo de la terminale ES. Ils seront douze au total, dix élèves et deux profs, réunis une heure par semaine dans un monde clos pour écrire. Pour tous, c’est un grand saut dans l’inconnu. Les barrières tombent, ils seront tous au même niveau, à découvert. Un groupe à part. Avec des révélations, des révoltes, des secrets qu’on dévoile. Des chemins qui se dessinent…
Un roman polyphonique – un groupe de lycéens dans un atelier d’écriture – qui touche au cœur et dépeint avec une grande justesse les préoccupations de l’adolescence et le pouvoir de l’écriture.

 

Marion DEUCHARS, Bob l’artiste, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Justine DUHART, Seuil Jeunesse, mars 2017, 40 p., 12,90 €. À partir de 3 ans.

 « Quelle merveilleuse journée ! Idéale pour se promener les pattes à l’air », se dit Bob.
Mais les moqueries viennent lui gâcher la balade… Trop maigres, les pattes de Bob ? C’est ce qu’on va voir !
Un très joli album qui aborde avec humour et dérision un thème fort et riche : l’image de soi (et la violence du regard des autres), et le fait de s’assumer tel que l’on est. La créativité et toutes les inspirations artistiques que l’on peut trouver sont aptes à transformer l’image que l’on a de soi, tout en modifiant l’image que les autres ont de nous, pour, au final, s’accepter pleinement !

 

Bandes dessinées

Edmond BAUDOIN, Araucaria – Carnets du Chili, L’Association, mars 2017, 56 p., 13 €.

« C’est un arbre qui a comme des mains au bout. Des mains qui offrent. C’est un des arbres les plus vieux de la planète. » L’arbre décrit ici par Baudoin, c’est l’araucaria, un arbre originaire du Chili, pays qu’il va découvrir un mois durant, en 2003. Invité par la bibliothèque de l’institut franco-chilien, il est là pour donner des cours de dessin, et pourtant, il découvre et apprend autant qu’il enseigne. Dans les pages de ce carnet, on le retrouve en voyageur insatiable, curieux de tout, des paysages et des autres. Il est avide de mieux connaître ce pays encore meurtri par les terribles années de la dictature de Pinochet, lui qui avait tant cru à la promesse du socialisme chilien et pleuré Allende. De Santiago à Valparaiso, Baudoin garde aussi trace de ses rencontres chiliennes avec les étudiants, les indiens mapuche, ou d’anciens dissidents du régime militaire, autant d’amitiés qui l’aident à comprendre le Chili, pays de Pablo Neruda, ce poète qui lui est si cher et qu’il avait pu rencontrer des années auparavant.