Librairie

Présentation | Commandes | Librairies partenaires | Sélections du mois


Présentation

La librairie Le nom de l’homme doit son nom au titre du premier livre de Benny Lévy, publié en 1984 par les Éditions Verdier : Le Nom de l’homme, Dialogue avec Sartre.

Responsable : Aline Costella.

La librairie est ouverte :
– tous les week-ends et jours fériés
– tous les jours durant les vacances scolaires et de la mi-juin à la mi-septembre.

Partenaire de diverses manifestations culturelles, la librairie se déplace.

Elle propose : nouveautés et fonds, livres poche et brochés, soit 7000 références, et près de 8000 ouvrages.

  • Littérature francophone et traduite : romans, polars, science fiction, théâtre, poésie, lettres classiques, critique littéraire, CD audio…
  • Sciences humaines : philosophie ancienne et contemporaine, histoire, anthropologie, essais socio-politiques, psychologie et psychanalyse…
  • Spiritualités : traditions chrétienne, islamique, hébraïque et bouddhiste…
  • Arts : peinture, architecture, musique, photographie, beaux livres…
  • Enfance, jeunesse : pour tous les âges, contes, romans, livres illustrés, livres d’activités, documentaires…
  • BD, mangas, romans graphiques…
  • Ouvrages régionaux, nature, jardin, cuisine, vie pratique…

Librairie Le nom de l’homme

 

commandes

Vous pouvez commander les livres, sur place, par courrier électronique : librairie@lamaisondubanquet.fr ou par téléphone : 04 68 32 63 89. Nous vous informerons de l’arrivée de votre commande (délai moyen : une semaine).

La libraire peut effectuer à votre demande des recherches sur les livres disponibles, relatifs à un sujet ou à un auteur précis.

 

Librairies partenaires

Créée en 2008, avec la Maison du Banquet, la librairie n’existerait pas sans la collaboration amicale et le soutien de Christian et Martine Thorel, de la librairie Ombres Blanches, à Toulouse, une des principales librairies indépendantes de France, qui nous a permis de constituer un fonds riche et exigeant.
Et c’est encore à eux que nous confions, lors du Banquet du livre d’été, la création d’une vaste librairie temporaire, installée dans les salles voûtées de l’abbaye, et qui propose un choix exceptionnel d’ouvrages en lien avec le thème.


Sélections du mois

La sélection de la rentrée de septembre est dans la place…

 

Littérature francophone

Gwenaëlle AUBRY, La Folie Elisa, Mercure de France, août 2018, 144 p., 15 €
« Elles cherchent la chair de la perte, la chair du vide, la chair de l’abandon, elles l’ouvrent comme un fruit, elles y plantent leurs dents. Mourir est un art, comme tout le reste : elles le savent aussi. Elles contrarient leur chute par la vitesse. Elles se quittent avec passion. Elles ont en commun un art de la fugue intérieure, de multiples tangentes. Elles sont mortes plusieurs fois (je les regarde tomber). Elles vont finir par se relever (je les vois qui se battent). Elles sont construites sur des sols instables, glissants, poinçonnés. Leur volume intérieur est impressionnant, du dehors on ne pourrait le soupçonner.  »
Janvier 2015-janvier 2016. Quatre femmes quittent la scène, prennent la fuite : Emy Manifold, une rock star anglaise, Irini Santoni, une sculptrice grecque, Sarah Zygalski, une danseuse berlinoise, Ariane Sile, une actrice française. Grandes amoureuses, «petites folles», comme Duras le disait de Lol V. Stein, elles ne se connaissent pas mais sont reliées par un graffiti énigmatique, SMA. Une maison les accueille, des chambres claires où recomposer les figures de leur vie, une chambre noire où résonne la fureur du monde. Que faire quand on porte en soi des ruines et des gravats et que la terre se couvre de murs et de barbelés ? Où est l’asile? Comment construire l’hacienda?

Anton BERABER, La Grande idée, Gallimard, août 2018, 576 p., 22 €
Son nom parcourt le livre comme une incantation, et pourtant Saul Kaloyannis reste une énigme. Qui était-il, cet homme aux yeux emplis de ténèbres : un idéaliste, un traître, ou le dernier des héros ?
Dans les années 70, un étudiant part à la recherche de ce survivant d’une guerre perdue un demi-siècle auparavant. Les témoins qu’il retrouve, tous des laissés-pour-compte de l’Histoire, se succèdent pour retracer le destin de Kaloyannis, son voyage sans retour des confins de l’Orient à la baie de New York. En des temps où les régimes répriment l’extraordinaire, la légende galopante du contestataire embrase déserts, îles des Cyclades, forêts de sauges géantes, villes sous les vagues…
Ce roman d’aventures déployant un imaginaire infini est porté par une écriture magnifique, ample, visionnaire, qui dans son fleuve obstiné allie le trivial et le précieux, le réalisme et la poésie.
https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Grande-Idee-dAnton-Beraber-2018-08-23-1200963404

Pascal Quignard, L’Enfant d’Ingolstadt, Grasset, septembre 2018, 288 p., 20 €
« Qu’est-ce que je cherche, tome après tome, dans Dernier Royaume ? Une autre façon de penser à la limite du rêve. Une façon de s’attacher au plus près de la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Quelle étrange falsification a lieu dans le rêve ? Dans le dessin qui naît sous les doigts ? Dans le langage qui gémit ? Dans la pensée qui hallucine ? Dans la musique même ? Quel est ce mystérieux fantôme ou appelant ?
Ce dixième tome de Dernier royaume n’a qu’un sujet : le faux qui fait le fond de l’âme. Le fond de l’âme hallucine. Le langage dédouble ses fantômes. Tous les arts élèvent des mondes faux. Même la dépression est un rêve.
L’art dès son origine témoigne activement d’un passé présent : d’un rêve actif qui passe les générations et remanie ce qu’il fait revenir. L’art de la préhistoire est une référence fondamentale pour toutes les populations humaines actuelles. C’est le véritable patrimoine. Ce sont peut-être même les seules traces d’un fond universel qui s’est dispersé avec la curiosité territoriale propre à l’espèce et l’éparpillement des langues qui sont impuissantes à offrir d’aussi saisissantes archives originaires au fond des mots dont elles usent. » Pascal Quignard
Lecture de Pascal Quignard à la Maison de la Poésie à Paris le 2 octobre 2018 

 

Littérature traduite

Dolores PRATO, Bas la place y’a personne, traduction de l’italien et postface par Laurent LOMBARD et Jean-Paul MANGANARO, Verdier, septembre 2018, 896 p., 35 €
Bas la place y’a personne n’est pas un récit d’enfance comme les autres. Il s’ouvre sur cette phrase : « Je suis née sous une petite table. » Dès lors le lecteur, saisi par la puissance et la singularité de cette prose légère et envoûtante, s’attache à cette petite fille abandonnée qui a trouvé là un refuge et une façon qui n’appartient qu’à elle d’appréhender le monde. « Le lieu où l’on eut les premières alertes de la vie devient nous-mêmes », écrit Dolores Prato.
Pour éviter les pièges de la mémoire, l’auteure décrit avec une précision scrupuleuse et une opiniâtreté généreuse la ville – il s’agit de Treja, dans les Marches –, les objets ou les personnages qui ont habité son enfance.
Non seulement elle nous offre par-là de véritables tableaux d’un monde disparu (l’Italie rurale à la charnière du XIXe et du XXe siècle) qui n’ont rien à envier aux écrits des anthropologues, mais elle donne ainsi à la narration toute son incandescence et sa vérité sensible. Le temps perdu de Dolores Prato est tout à la fois intime et public, et s’il est retrouvé, c’est parce que le parti pris des choses est aussi celui des mots.
Dolores Prato a achevé son récit dans les années soixante-dix mais elle n’en a jamais connu l’édition intégrale. Tel fut le sort de ce texte que l’on peut aujourd’hui considérer comme un des classiques du XXe siècle et, à tout le moins, comme un des chefs-d’œuvre de la littérature italienne de l’après-guerre.
http://next.liberation.fr/livres/2000/09/07/embrase-moi_336420

Lea CARPENTER, Onze jours, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anatole PONS, Gallmeister, septembre 2018, 272 p., 22 €
Pennsylvanie, mai 2011. Sara apprend que son fils unique Jason, parti combattre avec les forces spéciales américaines, est porté disparu en Afghanistan. Femme forte et indépendante, familière des hautes sphères politiques, Sara, qui a élevé seule Jason après  le décès de son père, se retrouve pour la première fois de sa vie impuissante face au destin. Confrontée à l’interminable attente, assiégée par les journalistes, elle plonge dans ses souvenirs et relit les lettres envoyées par Jason durant son entraînement, espérant se rapprocher de ce fils disparu et comprendre les raisons de son engagement. Au bout de neuf jours, des nouvelles arrivent.
Le premier roman de Lea Carpenter est le portrait sensible d’une mère et de son fils, dont les choix bouleversent leurs deux vies à tout jamais.
« Le génie de Lea Carpenter consiste à dresser un parallèle entre ses réflexions, sur les batailles à mener, et la façon de parcourir l’existence Le mental de son heroïne résulte d’un mélange de fermeté, d’émotivité et de remise en question.
D’une force et d’une pudeur incroyables, elle nous arrache une larme, tant elle ne désarme pas son envie de croire en la vie. Avec ce premier roman, Lea Carpenter s’impose clairement comme une nouvelle voix américaine a suivre » Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo

Milton HATOUM, La Ville au milieu des eaux, nouvelles traduites du portugais (Brésil) par Michel RIAUDEL, Actes sud, septembre 2018, 160 p., 17 €
À l’épicentre géographique, imaginaire ou affectif de ces courtes nouvelles, délicates et nostalgiques : Manaus, la capitale amazonienne de la démesure, le terreau littéraire de Milton Hatoum – “où que j’aille, Manaus me poursuit”.
Si nombre de ces histoires reflètent les pérégrinations de leur auteur entre Paris, Barcelone ou San Francisco, l’errance physique ou existentielle qui détermine leurs personnages porte le sceau de la nostalgie des origines, du bonheur fugace de l’enfance perdue. Parce que cette ville mythique, à la fois une chance et une fatalité, est celle de l’éternel retour, le pan de mémoire où chacun peut recomposer son existence, elle incarne aussi la défaite face au temps qui passe et les désirs irrémédiablement vaincus.
Manaus est le nom d’espoirs qui naissent et vont mourir dans les vapeurs d’alcool, de sueur – parfois de mambo –, et de rêves qui s’abîment dans les eaux noires et limoneuses du rio Negro.
« Tout cela est divers et varié, comme la palette du talentueux Milton Hatoum, et tourne autour du passé, des souvenirs, de la nostalgie. Et l’on revient toujours à Manaus, jamais décrite mais obsédante, au milieu de son rio Negro.  » Jean-Claude Perrier, Livres-Hebdo

Zora Neale HURSTON, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sika FAKAMBI, Zulma, septembre 2018, 320p., 22,50 €£
Eatonville, Floride. Janie Mae Crawford est de retour. Il lui aura fallu trois existences et trois mariages – avec le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, avec le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, avec Tea Cake enfin, promesse d’égalité dans un élan d’amour – pour toucher l’horizon de son rêve d’émancipation et de liberté. Fierté intacte, elle revient et se raconte, seigneur des mots et des moindres choses…
Portrait d’une femme entière animée par la force de son innocence, esprit libre bravant la rumeur du monde, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un monument de la littérature américaine, aussi percutant aujourd’hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. C’est un roman culte. Et c’est un immense chef-d’œuvre.
« J’aime ce roman comme aucun autre. » Zadie Smith
« Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est de la même envergure que les œuvres de William Faulkner,
F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, celle de la vraie littérature américaine. » Saturday Review

Yiyun LI, Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Clément BAUDE, Belfond, septembre 2018, 224 p., 20 €
Brillant, exigeant, un texte de la reconstruction psychique et artistique qui confronte avec pudeur et élégance deux questions essentielles : pourquoi écrire ? Pourquoi vivre ?
Il fut un temps où je lisais les carnets de Katherine Mansfield pour me distraire.  » Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie « , écrivit-elle dans une entrée. En lisant cette phrase, j’ai pleuré… Elle me rappelle aussi la raison pour laquelle je ne veux pas m’arrêter d’écrire. Les livres que l’on écrit – passés, présents et futurs – n’essaient-ils pas de dire la même chose : Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie ? Qu’il est long, le chemin d’une vie à une autre !
Convoquant à la fois philosophie et littérature, une œuvre remarquable où l’auteur d’Un beau jour de printemps interroge celle qu’elle a été, celle qu’elle est et celle qu’elle sera : l’enfant persécutée, la scientifique dans l’âme, l’immigrante au parcours complexe, la mère en quête de réponses, l’écrivain au cœur d’une nouvelle création…
http://next.liberation.fr/livres/2018/08/24/cher-ami-de-ma-vie-je-vous-ecris-dans-votre-vie_1674332

 

Essais

Pierre BERGOUNIOUX, Jean-Paul MICHEL, Correspondances 1981-2017, Verdier, septembre 2018, 256 p., 19 €
« Un grave penseur a suggéré que l’âge adulte ne sert à rien qu’à exaucer les désirs irréalisés de l’enfance. La nôtre a coïncidé avec le grand aggiornamento du début de la deuxième moitié du siècle dernier, le printemps du monde auquel a succédé, très vite, l’automne qui pèse toujours sur la terre. Nous semblions voués, comme nos devanciers, à ne rien entendre à ce qui se passait et nous concernait. Que nous ayons été les contemporains d’une conjoncture d’exception, c’est, rétrospectivement, l’évidence. Encore fallait-il un détonateur pour libérer les énergies soudain assemblées, fendre la muraille, briser les barreaux de l’isolement, de l’ignorance, du silence.
Le sort, les puissances occultes ont désigné Jean-Paul, qui s’est mis aussitôt en chemin. Il n’était plus que de le suivre. Mais l’aventure était à ce point déconcertante et neuve que ses échos roulent toujours plus d’un demi-siècle plus tard, ce qui explique ce besoin d’y revenir, cette correspondance. » Pierre Bergounioux

Pierre ROSANVALLON, Notre histoire intellectuelle et politique 1968-2018, Seuil, 2018, 448 p., 22,50 €
Comment les enthousiasmes de Mai 68 ont-ils cédé le pas au désarroi des années 1980 et 1990 puis au fatalisme qui, depuis les années 2000, barre notre horizon politique et intellectuel ? Pourquoi la gauche s’est-elle enlisée dans un réalisme d’impuissance ou dans des radicalités de posture, au point de laisser le souverainisme républicain et le national-populisme conquérir les esprits ?
Pierre Rosanvallon se confronte ici à ces questions d’une double manière. En tant qu’historien des idées et philosophe politique, il s’attache à réinscrire les cinquante dernières années dans l’histoire longue du projet moderne d’émancipation, avec ses réalisations, ses promesses non tenues et ses régressions. Mais c’est également en tant qu’acteur et témoin qu’il aborde la lecture rétrospective de la séquence dont Mai 68 a symbolisé l’amorce. Son itinéraire personnel, les entreprises intellectuelles et politiques qui l’ont jalonné et les personnalités qui l’ont accompagné renvoient plus largement à l’histoire de la deuxième gauche, avec laquelle sa trajectoire s’est pratiquement confondue, et, au-delà, à celle de la gauche en général, dont l’agonie actuelle vient de loin.
À travers le retour sincère et lucide sur son cheminement, avec ses idées forces et ses doutes, ses perplexités et ses aveuglements, c’est une histoire politique et intellectuelle du présent que Pierre Rosanvallon retrace, dans des termes qui conduisent à esquisser de nouvelles perspectives à l’idéal d’émancipation.
Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. De L’Âge de l’autogestion (1976) au Bon Gouvernement (2015), il est l’auteur de nombreux ouvrages qui occupent une place majeure dans la théorie politique contemporaine et la réflexion sur la démocratie et la question sociale.
https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-annees-1968-2018-une-histoire-intellectuelle-et-0
https://www.lemonde.fr/livres/article/2018/08/30/pierre-rosanvallon-une-societe-d-egalite-est-celle-dans-laquelle-on-a-la-possibilite-de-vivre-des-libertes-ensemble_5347832_3260.html

Livres de poche et polars

Bruno PELLEGRINO, Comme Atlas, Zoé, août 2018, 224 p., 9 €
Comme Atlas est un petit précis de jalousie. D’Antananarivo à Tokyo, de Moscou à Pékin, la lente rupture amoureuse y prend la forme d’un voyage empreint par l’intuition que quelque chose se termine. Il en ressort ainsi une géographie particulière, où la précision et le rythme de l’écriture font que tout sonne juste, terriblement juste.
« Une histoire d’amour mélancolique, deux voyages, une rupture. On pense avoir lu ça cent fois, et puis non, les qualités du livre transcendent ce que l’histoire pourrait véhiculer comme clichés. » Isabelle Rüf, Le Temps.
https://www.letemps.ch/culture/derive-dun-jeune-homme-quete-luimeme

Comme Atlas a été publié en 2015 aux éditions Tind sous le titre de Atlas nègre.
Né en 1988, Bruno Pellegrino vit et travaille à Lausanne. Lauréat du Prix du jeune écrivain (L’Idiot du village, Buchet/Chastel, 2011), il a publié de nombreux textes dans des revues et ouvrages collectifs. En 2015, il publie son premier livre, Atlas nègre (Tind, 2015). Bruno Pellegrino est également actif au sein du collectif AJAR, auteur de Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016). Son second roman Là-bas, août est un mois d’automne nous a révélé ce jeune auteur à la plume remarquable.

Sinan ANTOON, Seul le grenadier, traduit de l’arabe (Irak) par Leyla MANSOUR, Actes Sud, septembre 2018, 320 p., 8.80 €
Jawad est le fils cadet d’une famille chiite de Bagdad. Son père le prépare à exercer la même profession rituelle que lui, celle de laver et d’ensevelir les morts avant leur enterrement, mais Jawad s’y refuse et rêve de devenir sculpteur. Après avoir fait ses études d’arts plastiques à la fin des années 1980, alors que Saddam Hussein est au faîte de sa puissance, il est cependant enrôlé comme soldat puis se retrouve peintre en bâtiment au service des nouveaux riches. Son père meurt en 2003, les bombes américaines s’abattent sur Bagdad, les corps déchiquetés s’entassent, multipliés par les guerres confessionnelles, et il est de nouveau forcé, dans une douloureuse solitude, de renoncer à ses rêves d’artiste pour poursuivre la carrière de son père.
Dans ce roman chaleureusement salué par la critique après sa parution en arabe (2010), puis en anglais (2013), Sinan Antoon ne se contente pas de restituer l’extrême violence que connaît l’Irak depuis sa longue guerre avec l’Iran (1980-1988). Il explore en fait, et de façon magistrale, le thème de l’imbrication de la vie et de la mort en une entité unique. Le grenadier planté dans le jardinet, et qui se nourrit de l’eau du lavage des morts, en est une saisissante métaphore, et il est le seul à connaître la vérité.
« Seul le grenadier est le livre des infinis questionnements, de l’existence aléatoire ou déterminée avec ordre ou sans raison, des espaces de réflexion… Écriture d’expression de l’âme… Lente plongée dans la brume afin de s’évaporer de sa vie, de soi. L’écriture est intime, intensité de l’authentique, du recueil, des pensées.  »Vanessa Aubert, La Quinzaine Littéraire
« Une ode prodigieuse et sensible à l’émancipation. Élégie contemporaine d’une puissance hors du commun. Sinan Antoon a réussi le prodige de l’universalité et de l’engagement, en signant un roman d’apprentissage brillant, doublé d’un passionnant récit documentaire sur l’Irak d’aujourd’hui. Reporter de la guerre intérieure d’un garçon de 20 ans, Sinan Antoon pose la question du libre arbitre chez tout être humain. Son écriture souveraine, palpitante, délicate, traque la vie partout où elle se niche. Antoon lave ainsi son pays des affronts subis, redonne aux victimes le supplément d’âme auquel elles avaient droit. Sans doute est-ce là la magie de ce livre : ne rien cacher des ravages, et placer la littérature au plus haut des technologies de réanimation. » Marine Landrot, Télérama

Maryam MADJIDI, Marx et la poupée, J’ai lu, septembre 2018, 224 p., 7.10 €
Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint son père en exil à Paris. À travers ses souvenirs d’enfance, elle décrit l’abandon du pays, l’éloignement familial (…) et l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.
Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Marx et la poupée raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, comme rempart, comme moyen de socialisation et comme arme de séduction massive.
« Un lumineux premier roman autobiographique qui révèle une écriture alerte et inventive, puise à la source du théâtre, du conte et la poésie pour transfigurer le réel. » Sophie Joubert, L’Humanité

Marie LEDUN, Ils ont voulu nous civiliser, J’ai lu, septembre 2018, 256 p., 8 €
Thomas Ferrer n’est pas un truand. Pas vraiment. Les petits trafics lui permettent de sortir la tête de l’eau, même si la vie n’a pas été tendre avec lui. De petits larcins en détournements de ferraille, le voilà face à face avec un truand, un vrai cette fois. Celui-ci, laissé pour mort par Ferrer, embarque deux frères assoiffés de vengeance à la poursuite de son agresseur. La traque sera sans pitié, alors qu’une puissante tempête s’abat sur la région.
Une histoire envoûtante où les éléments se déchaînent en même temps que les passions, au service d’une profonde humanité.
http://www.encoredunoir.com/2017/10/ils-ont-voulu-nous-civiliser-de-marin-ledun.html

BD

Catherine CASTRO, Quentin ZUTTION, Appelez-moi Nathan, Payot Graphic, septembre 2018, 144 p., 16.50 €
Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette « erreur génétique » avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par mois. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

Matthias ENARD, Zeina ABIRACHED, Prendre refuge, Casterman, septembre 2018, 344 p., 24 €
1939, Afghanistan. Autours d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit-là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate.
2016, Berlin. Karsten, jeune Allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences.
A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d’aimer aujourd’hui comme hier.
https://www.lemonde.fr/livres/article/2018/07/26/zeina-abirached-et-mathias-enard-entre-orient-et-occident_5336236_3260.html

Sandrine MARTIN, Le Rire de l’ogre, Casterman, septembre 2018, 128 p., 20 €
Après son remarqué Niki de Saint-Phalle, Sandrine Martin s’empare du roman de Pierre Péju…
Été 1963, Paul Marleau, un jeune Français, séjourne chez son correspondant, dans la ville allemande de Kehlstein. Derrière la carte postale idyllique et paisible, il pressent d’emblée la résurgence d’un drame effroyable.
Sa rencontre avec Clara, fille d’un ancien médecin de la Wehrmacht, va précipiter les révélations.
Enfants de la paix, ils comprennent que des «fêlures de guerre» se propagent dans la douceur apparente de leur époque et menacent de gangréner leurs propres vies.
Pendant des années leurs destins vont se croiser et se mêler jusqu’à ce que le rire de l’Ogre éclate enfin, que le mal qui ronge soit expurgé. 

Jeunesse

Nicolas de CRECY, Les Amours d’un fantôme en temps de guerre, Albin Michel, septembre 2018, 216 p., 23.90 €. À partir de 13 ans.
 » J’ai perdu la trace de mes parents très tôt, je n’avais pas quinze ans. J’étais encore ce que l’on pourrait appeler un bébé fantôme, un bout de chiffon blanc moins large qu’un mouchoir.
Un soir, je me suis laissé porter par le mistral, j’ai vu une vallée, des lumières, la mer. J’ai croisé des animaux que je n’avais jamais vus auparavant, et quelques humains qui ont pris peur.
Je n’aurais jamais dû m’échapper ce soir-là. »
La destinée d’un jeune fantôme au cours d’un siècle guerrier, qui le mènera à s’engager dans la résistance avant d’éprouver ses premiers émois sentimentaux.

Nine ANTICO, Nous étions dix, Albin Michel, août 2018, 18 €. À partir de 6 ans.
« Nous étions 10 et RIEN, absolument RIEN ne nous effrayait…  Nous avancions en ligne, unis comme les doigts de la main, nous n’avions qu’une seule devise : rien, rien, rien ne nous divise ! »
Par cette déclaration décidée, débute l’histoire de 10 enfants téméraires qui, une nuit d’été, quittent leur pensionnat pour explorer l’île du Frioul. Mais dès la page suivante, l’enthousiasme s’émousse : ils ne sont plus que 9, puis 8, 7, etc. Et la ritournelle se compte à rebours jusqu’à un « j’étais seule » qui clôt l’aventure. Car à mesure qu’ils progressent dans le paysage nocturne, le courage des enfants faiblit et leur groupe s’amenuise, chacun trouvant un bon prétexte pour regagner son lit…