Librairie

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Présentation de la librairie

Installée dans l’abbaye publique médiévale de Lagrasse (Aude – Languedoc-Roussillon), au cœur des Corbières, et attenante au café littéraire, la librairie « Le Nom de l’homme » doit sa dénomination au titre du premier livre de Benny Lévy, publié en 1984 par les Éditions Verdier : Le Nom de l’homme, Dialogue avec Sartre.

Généraliste, la librairie veut offrir le meilleur au plus grand nombre : à tous ceux qui habitent dans la région, aux visiteurs de passage à Lagrasse et dans les environs, aux personnes qui viennent participer aux activités de la Maison du Banquet.

La librairie propose un choix important d’ouvrages : nouveautés et fonds, poche et broché, 7000 références différentes, et près de 8000 ouvrages, dans des domaines variés :

  • Littérature française et traduite : romans, polars, science fiction, théâtre, poésie, prose, lettres classiques, critique littéraire, CD audio etc.
  • Sciences humaines : philosophie ancienne et contemporaine, histoire, anthropologie, essais socio-politiques, psychologie et psychanalyse, etc
  • Spiritualités : traditions chrétienne, islamique, hébraïque et bouddhiste,

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    La librairie en pleine activité

  • Arts : peinture, architecture, musique, photo, beaux livres, etc
  • Enfance, jeunesse : pour tous les âges, livres d’activités, documentaires, contes, romans, livres illustrés, etc.
  • BD, mangas,
  • Ouvrages régionaux, nature, jardin, cuisine, vie pratique, etc.

Accueil, conseil, recherche bibliographique

– Du 15 juin au 15 septembre et pendant les vacances scolaires d’automne, d’hiver et de printemps : ouverture tous les jours de 11h à 19 h.
– Pour les autres périodes : ouverture les week-ends, aux mêmes horaires.

Vous pouvez commander les livres que vous souhaitez, sur place ou par téléphone : 04 68 91 46 65 ou de préférence par mèl : lamaisondubanquet@orange.fr. Vous êtes informés par mèl ou par téléphone de l’arrivée de votre commande (délai moyen : une semaine).

Grâce à une base de données informatique complète et actualisée en permanence, la libraire peut effectuer à votre demande des recherches sur les livres disponibles, relatifs à un sujet ou à un auteur précis.

Responsable : Marie-Françoise Bondu.

Enfin, soucieuse de la diffusion optimale du livre sur tout le territoire des Corbières, la librairie est partenaire de diverses manifestations culturelles qui ont lieu dans les Corbières.

Librairies partenaires

La librairie a instauré un partenariat avec la librairie Libellis, à Narbonne.

La libraire

La responsable de la librairie

Par ailleurs, créée en 2008, avec la Maison du Banquet, la librairie n’existerait pas sans la collaboration amicale et le soutien de Christian et Martine Thorel, de la librairie Ombres Blanches, à Toulouse, une des principales librairies indépendantes de France, qui nous a permis de constituer un fonds riche et exigeant.

Et c’est encore à eux que nous confions, lors du Banquet d’été, la création d’une vaste librairie temporaire, installée dans les salles voûtées de l’abbaye, et qui propose un choix exceptionnel d’ouvrages en lien avec le thème de notre rendez-vous estival.

 

Les sélections du mois

Pour le mois de mai, vu la diversité et multiplicité des Rendez-vous de la Maison du Banquet, nous rappelons les derniers livres parus des auteurs invités.

 

Banquet de printemps du vendredi 6 au dimanche 8 mai « Le Liban, si proche, si lointain » :

 

Cathie Barreau, Comment fait-on l’amour pendant la guerre ? (Buchet Chastel). Date de parution : 2014, 160 p., 15,00 €

Cathie Barreau est une auteure française qui entretient des liens privilégiés avec le Liban, elle intervient à ce titre au Banquet de Printemps.

Le roman se partage entre la France et le Liban, entre Nantes et Beyrouth, entre deux Couv-comment-fait-on-l-amourhistoires d’amour et plusieurs guerres.
À Nantes, Donatienne vit une relation à distance avec Jad, journaliste à Beyrouth. Jad lui envoie des messages électroniques où il lui dit le manque d’elle, cette étrangère qu’il a rencontrée il y a quelques années.
Donatienne cherche à écrire l’histoire des conflits qui s’enchevêtrent en elle : celui du Liban, mais aussi les deux Guerres mondiales vécues par ses ancêtres, dont Nantes porte encore les stigmates. Elle invente ainsi l’histoire de Kamila et Charbel, amants clandestins dans le Beyrouth dans les années 1980, alors que la guerre civile déchire la ville et les hommes. Chaque jour, les amants se retrouvent dans le secret de leur chambre, et chaque jour ils vivent l’heure de la séparation comme « une fin insupportable, une trahison ».
Le quotidien des personnages est fait de sensations et de pensées où se mêlent l’histoire de leur lignée familiale, les paysages où ils vivent, leur amour et l’urgence de se retrouver.
Comment fait-on l’amour pendant la guerre ? Une question simple et universelle, leitmotiv de ce triptyque romanesque.
Dans une langue sensible et délicate, Cathie Barreau parvient à dire l’absence, l’amour, les disparitions ; et, aussi, ce qui fait de la guerre une expérience vitale où l’être éprouve ses limites.

 

Jabbour Douaihy, Quartier américain. Traduit de l’arabe (Liban) par Stéphanie Dujols. (Éd. Actes Sud). Date de parution : septembre 2015, 192 p., 19,80 €

Abdel-Karim est issu d’une famille de notables musulmans, les Azzâm, qui a longtemps Couv-quartier-americaindominé la vie politique à Tripoli. Après des études dans un lycée chrétien, il mène une vie de patachon. On le marie à une fille de nouveaux riches ; l’affaire se solde par un divorce. Puis la guerre le propulse à Paris, où il vit une brûlante histoire d’amour avec une ballerine serbe. La soudaine disparition de celle-ci le renvoie dans sa ville natale, en plein désarroi. Là, il retrouve Ismaïl, dont la mère travaille comme femme de ménage chez les Azzâm, et qui vit dans le « Quartier américain », l’un des plus pauvres et délabrés de Tripoli. Après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, des prédicateurs y recrutent des candidats au djihad, et Ismaïl est chargé de mener un attentat-suicide près de Bagdad…
À travers ces destins croisés, c’est l’histoire récente de toute une ville qui nous est contée, dans un roman à la fois riche et concis où rien n’est superflu. L’auteur parvient admirablement à restituer les antagonismes de classes et de générations, la décomposition de l’élite traditionnelle, les élans brisés de la jeunesse et l’irrésistible ascension de l’islamisme radical, tout en célébrant le vieux fonds de courage et de bon sens populaires qu’incarne une modeste et émouvante femme de ménage.


Dima El-Horr, Mélancolie libanaise, le cinéma après la guerre civile (Éd. L’Harmattan). Date de parution : avril 2016, 278 p., 29,00 €

Préface d’Alain Bergala.
Depuis la fin de la guerre civile libanaise en 1991, le cinéma libanais, décline sous toutes Couv-melancolieses formes la mélancolie d’une génération dont les personnages étrangers au monde comme à eux-mêmes, font face à la répétition des violences, le deuil ou l’exil. Ils traînent leur mal-être dans une ville en éternel chantier. Entre un monde qui s’effondre et un passé qui s’efface, la mélancolie habite ces films dont les récits fragmentés et éclatés ne s’achèvent jamais.

La soirée cinéma du vendredi 6 mai est proposée par Dima El-Horr.

 

 

Iman Humaydan, D’autres vies. Traduit de l’arabe (Liban) par Nathalie Bontemps (Éd. Verticales). Date de parution : 2012, 190 p., 18,50 €

Été 1995, aéroport de Mombasa. Myriam, une Libanaise druze installée avec son époux Couv-d-autres-viesanglais au Kenya, retourne pour un bref séjour à Beyrouth, sa ville natale quittée il y a quinze ans. Là-bas, il lui faudra solder les comptes du passé, s’occuper de la maison dont elle est l’unique légataire depuis la mort de son frère pendant la guerre civile, revisiter l’histoire familiale, retrouver Olga sa chère amie malade, faire le deuil du grand amour de sa vie, Georges, qui devait s’exiler avec elle en Australie mais ne l’a jamais rejointe, et pourquoi pas, tout recommencer avec Nour qu’elle vient de rencontrer à l’aéroport.
D’autres vies brasse souvenirs amoureux et intimes selon une logique circulaire, digressive, hypnotique. Iman Humaydan (anciennement Imane Humaydane-Younes), par sa prose drue et sensuelle, réunit les fragments éparpillés de la mémoire de son héroïne. Elle interroge à travers ce destin au féminin ce que l’on perd en s’expatriant mais aussi ce que l’on croit recouvrer à l’heure du retour.

 

Diane Mazloum, Beyrouth la nuit (rééd. Livre de Poche). Date de parution : 2015, 216 p., 6,95 €

Beyrouth, au crépuscule. La ville se prépare à regarder le match Allemagne-Ghana de la Couv-beyrouth-la-nuitCoupe du monde de football 2010. Au cours de la nuit, six personnages, filles et garçons, se croisent, s’esquivent, se frôlent, s’aiment, se perdent dans ce Beyrouth de tous les excès, entre Occident et tradition, boîtes de nuit à ciel ouvert et diodes opalescentes des écrans de portable, de télévision : ces lumières artificielles des oiseaux nocturnes que sont les protagonistes de ce Bonjour tristesse du Liban.
Diane Mazloum signe un premier roman contemporain et intimiste, où ces « bébés de la guerre » jouent à l’amour et à la mort. Une génération ultra-connectée mais sans attaches, décrite dans une langue sensuelle, comme si Beyrouth était une peau humaine, blessée de fines cicatrices presque invisibles mais terriblement réelles.

 

Randa Sadaka, Nour, entre ombres et lumière (Éd. de la Revue Phénicienne). Date de parution : 2014, 196 p., 17,00 €.

Prix France-Liban 2014.
« La littérature de Randa Sadaka est une littérature à part, car elle relève en même temps, Couv-nourdu roman et de l’essai. La structure romanesque est le cadre choisi pour explorer des débats internes, existentiels et sociétaux. » (Bahjat Rizk).
Formée à Paris, une jeune juriste, Nour, est employée dans un cabinet de droit dont l’associé fondateur est l’un des plus talentueux avocats du Barreau de Beyrouth. Nommé Garde des Sceaux, cet exigeant collectionneur dont l’art est l’obsession, entraîne sa subalterne dans les coulisses du pouvoir. Tractations et manipulations se confrontent à la légèreté dont la société libanaise sait faire preuve. Le pouvoir, la liberté de mœurs et l’art sont les fils conducteurs de ce récit où l’héroïne fait le procès d’une société à laquelle elle s’identifie et qui n’évolue pas assez rapidement à son gré. Entre les sociétés occidentales qui privilégient les libertés individuelles et les sociétés orientales favorisant les structures communautaires, le Liban tente en vain de concilier les deux.

 

Hyam Yared, Tout est halluciné (Éd. Fayard). Date de parution : janvier 2016, 440 p., 20,00 €

Justine est née une deuxième fois à l’âge de cinq ans, au sortir d’un coma qui l’a laissée Couv-tout-est-hallucineamnésique. Dans la poussière et le vacarme du Caire, pour l’aider à reconstituer ses souvenirs, elle ne peut pas compter sur son père, qui préfère lui réciter en français des versets des Évangiles, pleurer des siècles plus tard la chute de l’empire chrétien d’Orient, et qui refuse, que ce soit en français ou en arabe, de prononcer certains mots, parmi lesquels « mère » et « Liban » – leur pays d’origine. Justine devra combler elle-même les blancs du langage paternel, qui sont aussi ceux de son existence. Cette mère dont l’absence prend tant de place, ce pays ravagé autrefois berceau de tant d’espoirs. Ainsi mesurera-t-elle, comme en écho à ses propres aspirations à la liberté, combien d’illusions brisées jalonnent l’histoire du Moyen-Orient.
Des rêves d’émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d’Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d’explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde.
Hyam Yared est l’auteur de L’armoire des ombres (Sabine Wespieser, 2006), Sous la tonnelle (Sabine Wespieser, 2009) et La malédiction (Les Équateurs, 2012).

 

À l’occasion du Banquet de Printemps, la librairie propose un large choix de livres sur l’histoire (du Liban, de Beyrouth, de la Méditerranée), la géopolitique Orient-Occident, l’islam politique, l’islam spirituel, la poésie, les arts et la cuisine !

 

Rendez-vous avec Arno Bertina pour le stage d’écriture « Écrire un lieu » le samedi 14 mai (14 h), dimanche 15 et lundi 16 mai (Inscription préalable obligatoire), et la rencontre du samedi 14 à 17h.

 

Arno Bertina, Des lions comme des danseuses, (Éd. La Contre Allée). Date de parution : février 2015, 64 p., 6 €

On avait beau jeu d’a­ffirmer qu’elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou Couv-des-lions-danseusescertains représentants de l’État français […] avaient sans doute troqué ces œuvres contre peu d’argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d’a­ffirmer qu’en les volant on les avait sauvées mais c’était tout de même tordu.
La spoliation des biens culturels africains a ainsi été pratiquée par les pays fondateurs de l’Union européenne, comme la France et Italie, durant les années de colonisation.
En trouvant l’audace d’intenter une procédure contre le Musée du quai Branly, à Paris, le roi de Bangoulap – un village du pays bamiléké, dans l’Est du Cameroun –, ne pouvait pas deviner que c’était en fait l’Europe libérale et carnassière qu’il allait complètement déshabiller.
Arno Bertina inverse la vapeur avec un plaisir communicatif.
Les pays africains réclament la gratuité du musée pour leurs ressortissants arguant que les œuvres exposées leur appartiennent. Sans réponse, ils interpellent l’Union européenne qui finit par admettre la propriété africaine de ces œuvres à la surprise générale, bien qu’elles participent de l’identité européenne.
Cette première demande accordée fait effet tache d’huile, car les Africains décident de ne pas s’arrêter là.
Le récit nous mène dès lors de la ­ fiction à la science-­fiction.
On assiste au désenchantement de l’Union européenne se voyant obligée de céder à toutes les requêtes successives, qui aboutissent à la libre-circulation des ressortissants africains avec l’ouverture des frontières, où la notion de gratuité prime.

 

Arno Bertina, J’ai appris à ne pas rire du démon (Rééd. Hélium / Actes Sud). Date de parution : 2015, 160 p., 14,90 €

Le manque est devenu la voie. Johnny susurre son mauvais génie, je l’entends comme s’il Couv-j-ai-appris-demongueulait à tue-tête dans la prison désertée, le manque est devenu la voie !
Tu peux toujours enregistrer tout un disque sur le train qui a fait le pays, et un disque sur les chansons du vieil Ouest, et tu peux en enregistrer un sur les Indiens, et encore un sur les pionniers qui ont travaillé dur, et puis des gospels et des hymnes avec les Carter, continue le mauvais génie, en cherchant l’absolution de l’Amérique… L’absolution ! L’ABSOLUTION ! Tu peux toujours…

 

 

Arno Bertina, ouvrage collectif, En procès : une histoire du XXe siècle (Éd.Inculte). Date de parution : avril 16, 360 p., 17,90 €

Il serait possible de raconter l’histoire du XXe siècle à travers celle des procès qui l’ont jalonné. C’est le pari que relève ce volume collectif : pour cela, il prend le parti de s’intéresser à certains grands procès bien connus, qui font date et qui marquent irrémédiablement leur époque ; mais aussi à d’autres, peut-être moins célèbres, plus Couv-en-procesanecdotiques, voire incongrus, qui en sont des symptômes plus discrets mais non moins significatifs. Car ils disent toute la complexité de leur temps, de ses évolutions historiques, politiques, mais également morales, culturelles, esthétiques.
Au fil des récits de vingt procès, comme autant de reportages littéraires, c’est donc une histoire mineure et subjective qui se dessine ici, et qui compose un parcours à l’intérieur de l’Histoire : une lecture possible du XXe siècle.
Les auteurs : Emmanuel Adely, Arno Bertina, Julie Bonnie, Claro, Thomas Clerc, Marie Cosnay, Julia Deck, Pierre Ducrozet, Mathias Énard, Jérôme Ferrari, Christophe Fiat, Hélène Gaudy, Maylis de Kerangal, Mathieu Larnaudie, Alban Lefranc, Stéphane Legrand, Christophe Manon, Sylvain Prudhomme, Emmanuel Ruben et Frank Smith.


Participation au festival « Rebrousse Poil » organisé par l’association Nature et Humour, le samedi 21 et dimanche 22 mai à Montlaur.

 

À côté des livres des Éditions Plume de carotte, la librairie « Le Nom de l’homme » proposera un large choix de livres sur la nature, l’écologie, la faune et la flore, les jardins et la vigne et le vin !
À noter :


Cyril Dion, Demain, un nouveau monde en marche (Actes sud). Date de parution : 2015, p., €

Le film dont est tiré le livre sera projeté le vendredi 20 mai à 21 h à Montlaur.
Cet ouvrage est le récit de la genèse du film mais aussi des différentes étapes de ce Couv-demainvoyage extraordinaire qu’a représenté le tournage. Il permet au lecteur d’approfondir les thématiques abordées dans le film et de découvrir des initiatives qui n’ont pas pu y figurer. En six grands chapitres — Nous nourrir pour ne pas disparaître, Réussir la transition énergétique, Une économie pour demain, Réinventer la démocratie, Une nouvelle histoire de l’éducation, Commencer à s’y mettre — Cyril Dion raconte ces rencontres hors du commun avec des femmes et des hommes qui changent le monde. Tantôt sur le mode du récit, tantôt sur celui du dialogue, en texte et en image, ce livre nous entraîne sur la voie du changement et de la transition, de l’espoir et de l’initiative, sur celle d’ « un nouveau monde en marche ».

 

«  Traversées d’un demi-siècle », les samedi 4 et dimanche 5 juin : Journées consacrées à la revue Les Temps Modernes, au numéro sur les « établis » des années 68, et à Claude Lanzmann, son directeur.

 

Revue Les Temps Modernes n°684, « Ouvriers volontaires, les années 68 : l’établissement en usine » (Éd. Gallimard). Date de parution : octobre 2015, 28,50 €

Au sommaire :

Juliette Simont, Sur les TM et les années 68 Couv-TM-ouvriers-volontaires
Jean-Pierre Martin, L’épreuve du réel (avant-propos)

1. Histoire et représentations de l’établissement :
Jean-Pierre Le Dantec, D’où vient l’établissement?
François Rivenc, Quelques réflexions sur l’établissement en usine
Donald Reid, Le grand récit des établis (et ses multiples entrées)
Gilles Hanus, Renverser l’ordre des choses, méditations sur l’établissement
Dominique Bondu, L’élaboration d’une langue commune : Lip-la GP
Claude Burgelin, Entrer à l’usine, sortir de l’usine : l’impossible roman des «établis»

2. En Europe et aux États-Unis :
Marica Tolomelli, De l’université à l’usine : Italie et Allemagne (1968-1973)
Salar Mohandesi, «Becoming one with the people» : l’établi américain hier et aujourd’hui
Edgar Blaustein, À l’usine en Californie
Erri De Luca, Le chant de Filomena

3. Précédents historiques :
Marnix Dressen, Déclassés politiques : quelques précédents
Xavier Vigna, «En vadrouille dans la classe ouvrière» : prédécesseurs méconnus
Anne Roche, L’année d’usine de Simone Weil (1934-1935)

4. Récits d’ex-établis :
Michel Arbatz, Les mains, la voix
Pierre Alban Delannoy, Nos usines ont été des vallées
Pierre Vidal-Naquet, Une sombre expérience
Nicolas Dubost, Neuf ans et demi d’usine : aucun regret?
Juliette Campagne, Roubaix : du Petit Livre rouge aux livres d’images
Jacques Verlhac, Quarante ans à Renault Flins
Leslie Kaplan, Usine
Pierre Saint-Germain, Une jeunesse
Éliane Chemla, Comme une vraie ouvrière, à Nîmes
Daniel Rondeau, Établi pour la vie
Marnix Dressen, A working class hero is something to be!
André Diemunsch, De l’usine à la vache Aubrac
Fabienne Lauret, Une vie de femme à Renault Flins (1972-2008)
Jean-Pierre Martin, «Ouvrier sérieux, pas de problème particulier»
Daniel Lemoine, Six ans à Citroën, Rennes. Une mission : la révolution
Solange Lissner, Une entreprise d’horlogerie au pays de Sochaux
Yves Cohen, Sochaux
Claire Brière-Blanchet, La base n° 1…
Nicolas Hatzfeld, L’usine revisitée (expériences d’établissement en écho)

Petite bibliographie autour des ouvriers volontaires des années 68

 

Claude Lanzmann, Shoah. Préface de Simone de Beauvoir (Éd. Fayard). Date de parution : 1985, 226 p., 15,30 €

Il n’est pas facile de parler de Shoah. Il y a de la magie dans ce film, et la magie ne peut Couv-shoahpas s’expliquer. Nous avons lu, après la guerre, des quantités de témoignages sur les ghettos, sur les camps d’extermination; nous étions bouleversés. Mais, en voyant aujourd’hui l’extraordinaire film de Claude Lanzmann, nous nous apercevons que nous n’avons rien su. Malgré toutes nos connaissances, l’affreuse expérience restait à distance de nous. Pour la première fois, nous la vivons dans notre tête, notre cœur, notre chair. Elle devient la nôtre. Ni fiction, ni documentaire Shoah réussit cette re-création du passé avec une étonnante économie de moyens: des lieux, des voix, des visages. Le grand art de Claude Lanzmann est de faire parler les lieux, de les ressusciter à travers les voix, et, par-delà les mots, d’exprimer l’indicible par des visages.
C’est une composition musicale qu’évoque la subtile construction de Shoah avec ses moments où culmine l’horreur, ses paisibles paysages, ses lamentos, ses plages neutres. Et l’ensemble est rythmé par le fracas presque insoutenable des trains qui roulent vers les camps.
La construction de Claude Lanzmann n’obéit pas à un ordre chronologique, je dirais – si on peut employer ce mot à propos d’un tel sujet – que c’est une construction poétique.
Jamais je n’aurais imaginé une pareille alliance de l’horreur et de la beauté. Certes, l’une ne sert pas à masquer l’autre, il ne s’agit pas d’esthétisme: au contraire, elle la met en lumière avec tant d’invention et de rigueur que nous avons conscience de contempler une grande œuvre. Un pur chef-d’œuvre. (Simone de Beauvoir).

 

Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie (Rééd. Gallimard, Folio). Date de parution : 2010, 768 p., 11,90 €

« Quand venait l’heure de nous coucher et de nous mettre en pyjama, notre père restait Couv-lievre-patagonieprès de nous et nous apprenait à disposer nos vêtements dans l’ordre très exact du rhabillage. Il nous avertissait, nous savions que la cloche de la porte extérieure nous réveillerait en plein sommeil et que nous aurions à fuir, comme si la Gestapo surgissait. « Votre temps sera chronométré », disait-il, nous ne prîmes pas très longtemps la chose pour un jeu. C’était une cloche au timbre puissant et clair, actionnée par une chaîne. Et soudain, cet inoubliable carillon impérieux de l’aube, les allers retours du battant de la cloche sur ses parois marquant sans équivoque qu’on ne sonnait pas dans l’attente polie d’une ouverture, mais pour annoncer une brutale effraction. Sursaut du réveil, l’un de nous secouait notre petite sœur lourdement endormie, nous nous vêtions dans le noir, à grande vitesse, avec des gestes de plus en plus mécanisés au fil des progrès de l’entraînement, dévalions les deux étages, sans un bruit et dans l’obscurité totale, ouvrions comme par magie la porte de la cour et foncions vers la lisière du jardin, écartions les branchages, les remettions en place après nous être glissés l’un derrière l’autre dans la protectrice anfractuosité, et attendions souffle perdu, hors d’haleine. Nous l’attendions, nous le guettions, il était lent ou rapide, cela dépendait, il faisait semblant de nous chercher et nous trouvait sans jamais faillir. À travers les branchages, nous apercevions ses bottes de SS et nous entendions sa voix angoissée de père juif : « Vous avez bougé, vous avez fait du bruit. – Non, Papa, c’est une branche qui a craqué. – Vous avez parlé, je vous ai entendus, ils vous auraient découverts. » Cela continuait jusqu’à ce qu’il nous dise de sortir. Il ne jouait pas. Il jouait les SS et leurs chiens. »
Écrits dans une prose magnifique et puissante, les Mémoires de l’auteur de la Shoah disent toute la liberté et l’horreur du XXe siècle, faisant du Lièvre de Patagonie un livre unique qui allie la pensée, la passion, la joie, la jeunesse, l’humour, le tragique.

 

Claude Lanzmann, La Tombe du divin plongeur (Rééd. Gallimard, Folio). Date de parution : 2014, 608 p., 8,70 €

« Si je cherche une cohérence, une unité aux cent vies dont on dit qu’elles furent miennes, Couv-la-tombe-divin-plongeurle divin plongeur – c’est le nom, au musée de Paestum, de la fresque qui ornait le plafond d’une tombe – occupe une place centrale. J’ai plongé en vérité tout au long de ma vie, et pas seulement dans la mer. Les choix décisifs que j’ai été amené à accomplir furent comme des plongeons, des piqués dans le vide. Voilà pourquoi j’ai décidé de donné ce titre, La Tombe du divin plongeur, à des textes écrits à différents âges de ma vie, en des occurrences radicalement étrangères les unes les autres, et aujourd’hui introuvables, oubliés ou ignorés.
Pendant vingt ans, entre 1950 et 1970, je n’ai vécu que de ma plume, écrivant sous mon nom ou sous des pseudonymes. Mais on ne trouvera pas seulement dans ce livre ce que j’appelle mes écrits alimentaires, portraits d’acteurs, d’écrivains, de chanteurs, de voyous, reportages aussi, mais encore des articles parus dans Les Temps modernes, France-Observateur, Le Monde, consacrés à des événements importants du siècle, des textes politiques, polémiques, quelquefois les mêmes, tout un ensemble aussi qui s’organise autour de Shoah, des préfaces, des oraisons funèbres, des discours.
En les relisant après tant d’années, je leur ai trouvé bien plus qu’un air de famille ; j’étais incapable de déceler entre les uns et les autres l’ombre d’une différence. Plus encore, entre l’écriture de ces textes et celle du Lièvre de Patagonie, la parenté était plus qu’évidente : c’était la même écriture. C’est alors que j’ai pris la décision de faire paraître ce livre.
Avec La Tombe du divin plongeur, je lutte pied à pied, comme je l’ai toujours fait, contre toutes les morts. Dans ce recueil on pourra lire : « Le temps, pour moi, n’a jamais cessé de ne pas passer. »» (Claude Lanzmann).
 

 

Claude Lanzmann, Le Dernier des injustes (Gallimard). Date de parution : 2015, 144 p., 13,50 €

« Le Dernier des injustes, qui a son origine dans le film du même nom, est le plus Couv-le-dernier-injustesextraordinaire témoignage sur la genèse de la solution finale. Il permet de comprendre comment les nazis passent en deux ans de l’expulsion impitoyable des Juifs d’Autriche, de Tchécoslovaquie et d’Allemagne à la mort de masse dans les chambres à gaz. Benjamin Murmelstein est le personnage central de ce livre, témoin capital qui deviendra le président du Conseil juif du ghetto de Theresienstadt, créé par Eichmann pour faire croire au monde à la vie heureuse que voulait Hitler pour les Juifs qu’il allait assassiner.
Rabbin de la communauté juive de Vienne, d’une mémoire et d’une intelligence hors normes, d’une immense culture, d’un caractère d’acier, d’une clairvoyance inouïe, jusqu’à deviner et déjouer les mesures atroces projetées par les nazis, Murmelstein dresse un portrait extraordinaire d’Eichmann, qu’il dut fréquenter pendant sept ans : pas du tout l’homme de la « banalité du mal », comme l’a prétendu Hannah Arendt, mais un antisémite d’une cruauté sans frein, impitoyable et corrompu. En même temps, Murmelstein se livre à une critique féroce du procès d’Eichmann à Jérusalem, mal préparé, où on refusa de le convoquer et de l’entendre.
Contraint par la force de coopérer avec les nazis, Murmelstein ne fut en rien un « collaborateur », même si des détenus de Theresienstadt voulurent le faire passer pour tel. Jugé à sa demande par la justice tchèque, il fut acquitté de toutes les calomnies portées contre lui. Avec sa femme et son fils, il s’exila à Rome, sans avoir jamais connu Israël. À sa mort, en 1989, le rabbin de Rome refusa de l’inhumer et de dire pour lui le kaddish, la prière des morts. » (Claude Lanzmann).

 

Éric Marty, Sur Shoah de Claude Lanzmann (Éd. Manucius). Date de parution : avril 2016, 128 p., 15,00 €

Que signifie agir dans un monde où l’extermination est devenue la règle de ce monde ? Couv-sur-shoahQue signifient les noms dans un univers où les noms ont disparu ? À quel type d’événement Shoah nous renvoie-t-il ? Que signifie Shoah ? Pourquoi un nom ? En quoi ce nom est-il le signe d’une transformation de l’événement dans sa réception en Europe comme ailleurs ? Pourquoi l’événement, à ce titre, ne nous semble pas forclos, nous disposant alors à une logique inédite des faits ? L’œuvre de Claude Lanzmann, Shoah, nous ouvre à toutes ces questions par lesquelles le lecteur et le spectateur du film sont en mesure de penser autrement, face à cette immense leçon de cinéma qui est aussi une leçon politique, esthétique, philosophique, et peut-être poétique.
Là où l’image – vingt-quatre par seconde – suspend le cours indifférent du Réel, de ce Neutre destructeur, pour en exposer, avec la patience, la détermination et l’intransigeance de l’art cinématographique, les épisodes fondamentaux où la vie y a fait barrage.
Éric Marty professeur de littérature contemporaine à l’Université Paris-Diderot, membre de l’Institut Universitaire de France, est écrivain et essayiste.