Librairie

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Présentation de la librairie

Installée dans l’abbaye publique médiévale de Lagrasse (Aude – Languedoc-Roussillon), au cœur des Corbières, et attenante au café littéraire, la librairie Le Nom de l’homme  souhaite offrir le meilleur au plus grand nombre : habitants de la région, visiteurs de passage à Lagrasse et dans les environs et aux personnes participant aux activités de la Maison du Banquet.

La librairie propose un choix important d’ouvrages : nouveautés et fonds, livres poche et brochés, 7000 références différentes, et près de 8000 ouvrages, dans des domaines variés :

  • Littérature française et traduite : romans, polars, science fiction, théâtre, poésie, lettres classiques, critique littéraire, CD audio…
  • Sciences humaines : philosophie ancienne et contemporaine, histoire, anthropologie, essais socio-politiques, psychologie et psychanalyse…librairie-animee2
  • Spiritualités : traditions chrétienne, islamique, hébraïque et bouddhiste…
  • Arts : peinture, architecture, musique, photographie, beaux livres…
  • Enfance, jeunesse : pour tous les âges, contes, romans, livres illustrés, livres d’activités, documentaires…
  • BD, mangas, romans graphiques…
  • Ouvrages régionaux, nature, jardin, cuisine, vie pratique…

La librairie Le Nom de l’homme doit sa dénomination au titre du premier livre de Benny Lévy, publié en 1984 par les Éditions Verdier : Le Nom de l’homme, Dialogue avec Sartre.

 

Accueil, conseil, recherche bibliographique

La Librairie est ouverte à partir de 11h :
– les week-ends
– et tous les jours :
du samedi 8 avril au dimanche 23 avril
du samedi 17 juin au samedi 17 septembre
du samedi 21 octobre au dimanche 5 novembre

Vous pouvez commander les livres, sur place, par courrier électronique : lamaisondubanquet@orange.fr ou par téléphone : 04 68 32 63 89. Nous vous informerons de l’arrivée de votre commande (délai moyen : une semaine).

Grâce à une base de données informatique complète et actualisée en permanence, la libraire peut effectuer à votre demande des recherches sur les livres disponibles, relatifs à un sujet ou à un auteur précis.

Responsable : Aline Costella.

Enfin, soucieuse de la diffusion optimale du livre sur tout le territoire des Corbières, la librairie est partenaire de diverses manifestations culturelles qui ont lieu dans les Corbières.

 

Librairies partenaires

La librairie a instauré un partenariat avec la librairie Libellis, à Narbonne.

Par ailleurs, créée en 2008, avec la Maison du Banquet, la librairie n’existerait pas sans la collaboration amicale et le soutien de Christian et Martine Thorel, de la librairie Ombres Blanches, à Toulouse, une des principales librairies indépendantes de France, qui nous a permis de constituer un fonds riche et exigeant.
Et c’est encore à eux que nous confions, lors du Banquet d’été, la création d’une vaste librairie temporaire, installée dans les salles voûtées de l’abbaye, et qui propose un choix exceptionnel d’ouvrages en lien avec le thème de notre rendez-vous estival.


sélections du mois


Hommage : Armand Gatti, journaliste, poète, écrivain, dramaturge, metteur en scène, scénariste et réalisateur libertaire, est mort
le 6 avril 2017.  Voici deux ouvrages qui constituent une entrée en matière dans son œuvre et illuminent la diversité de ses créations.

Armand GATTI, Le poisson noir – Un homme seul, Verdier poche, février 2009, 272 pages, 9.94 €

Le Poisson noir est l’une des pièces majeures de Gattti (saluée en 1959 par le Prix Fénéon). Le Poisson Noir, c’est l’empereur Ts’in, le premier et terrible empereur chinois, le constructeur de la Grande Muraille, que le pays de Yen, dernier refuge de la liberté, tente de faire assassiner par un de ses lettrés,
King K’o. « L’homme nouveau » est toute la question qui engage déjà cette « tentative théâtrale » sur un chemin de paradoxes et de conflits
où, comme l’écrivait Sollers dans un compte rendu enthousiaste « la vie ne tient plus qu’à un fil, celui du discours ».
Un homme seul est la deuxième pièce chinoise de Gatti. C’est l’histoire de Li Tche-liou, inspirée par les versions multiples et parfois contradictoires du récit de la vie d’un militant réduit à la solitude après avoir vu se briser tous les espoirs révolutionnaires – nous sommes dans la Chine sombre des années trente. Cette fois, ce ne sont pas les personnages du passé mais ceux du futur qui viennent habiter le présent du désespéré et qui opèrent le renversement. La bataille des Sept Jours et des Sept Nuits est d’ores et déjà une victoire. Son nom le dit assez : c’est la bataille de la Création.

Armand GATTI, La traversée des langages, Verdier, 2012, 1312 p., 42.60 €

Les dix-neuf pièces de théâtre qui composent La Traversée des langages font suite à l’édition des Œuvres théâtrales en trois volumes et constituent un cycle nouveau, une aventure à part entière. Pièce après pièce, La Traversée des langages célèbre la rencontre entre Jean Cavaillès (mathématicien et résistant) et Emmy Noether (mathématicienne juive allemande, persécutée par le régime nazi) sous la statue de la Synagogue aux yeux bandés de la cathédrale de Strasbourg. Cette rencontre devait donner lieu à l’écriture d’un livre sur la théorie des groupes. L’histoire en décida autrement : Emmy Noether mourut en exil aux États-Unis en 1935, et Cavaillès, arrêté par la Gestapo, fut assassiné au fort d’Arras en 1944. Le livre ne fut jamais écrit.
Comment dès lors relancer l’histoire ? C’est la question que soulèvent les groupes qui se rencontrent sur scène, conjuguant les théories scientifiques, les traditions mystiques, et la mémoire incandescente des grandes insurrections politiques.
S’invente alors un théâtre où les incertitudes du langage de l’univers, révélées par les sciences du xxe siècle, l’irréductible mystère de la nature et de l’homme, s’élèvent contre toutes les formes d’oppression rationaliste du monde spectaculaire et marchand.
Pour Armand Gatti, prise dans la tempête de l’histoire, la résistance est toujours victorieuse tant que dure le combat. Son utopie théâtrale est à la fois champ de bataille et chant d’espoir.


Littérature francophone

Comme un avant-goût francophone du Banquet du Livre de Printemps (du 25 au 28 mai 2017) consacré à la littérature israélienne :

Lucie DESAUBLIAUX, La nuit sera belle, Actes Sud, avril 2017, 192 p., 18,50 €

Trois amis – Arek, Ivan, Todd C. Douglas – se préparent à veiller toute la nuit dans l’attente de l’aube qui les verra enfin partir pour l’expédition qu’ils concoctent de longue date… sans toutefois en avoir arrêté la destination. Car il s’agit d’abord de se donner du cœur à l’ouvrage, à grand renfort de thé, bière, vin et whisky – dans l’ordre et sans modération.
Au sein de leur trinité qui a érigé la procrastination en sagesse et en art de vivre, Arek cherche quoi faire, Ivan veut faire mais n’y arrive pas et Todd C. Douglas se complaît dans le non-faire. À eux trois, tandis que l’ivresse gagne et qu’ils essaient de soustraire leur existence à toute justification au bénéfice du désirable interstice au sein duquel les choses n’ont plus besoin d’exister mais seulement d’être possibles, ils explorent victorieusement l’oisiveté sous toutes ses formes.
Ne fait-on rien quand on ne produit rien ? Et qu’est-ce, au juste, que “faire” ? Comment agir sans produire ou chercher sans accomplir ? Ne peut-on vivre sans que le travail devienne la vie ? Comment dissocier l’idée d’oisiveté de celle de paresse ? Et qu’est-ce, au juste, que l’oisiveté ? Ne pas travailler ? Ne rien faire ? Pratiquer des activités qui ne sont pas le travail ? Une recherche sans certitude de trouver, est-ce un travail ?
À ces questions que se posent des personnages qui font beaucoup plus que ce qu’ils croient et beaucoup moins que ce qu’ils disent, La nuit sera belle imagine des réponses aussi profondes que jubilatoires.


Raphaël JERUSALMY,
Evacuation, Actes Sud, avril 2017, 144 p., 16,50 €

C’est la guerre. L’ensemble de la population de Tel-Aviv est évacuée. Sauf qu’à la dernière minute, Saba, le grand-père de Naor, descend du bus, entraînant le jeune homme et sa petite amie Yaël dans une dérive clandestine au cœur de la cité désertée désormais toute à eux.
Une expérience de sur-vie à hauts risques, à l’intensité démultipliée par trois – trois âmes dont la fraternité efface les générations, trois grands enfants éperdus : Saba, le rescapé beckettien aux velléités oubliées, Yaël, la belle artiste aux idéaux intacts, et Naor, l’étudiant en cinéma aux yeux grands ouverts.
Dans une ville bombardée devenue terrain de jeu, cocon paradoxal pour une innocence réinventée, Évacuation est un conte sans morale, une bulle de poésie arrachée aux entrailles de l’histoire au présent, une ode urbaine au désir de vivre, et de paix.


Fiona KIDMAN, Fille de l’air,
traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Dominique Goy-Blanquet, Sabine Wespieser, ,480 p., 25 €

Surnommée la « Garbo des airs », Jean Batten était une aviatrice mondialement célèbre dans les années 1930. Née en 1909, l’enfant de Rotorua – petite ville au nord de la Nouvelle-Zélande – battit plusieurs records, notamment entre l’Angleterre et l’Australie, qu’elle rejoignit en quatorze jours et vingt-deux heures dans son petit avion de tourisme, un Gipsy Moth.
Dans ce nouveau roman, Fiona Kidman se penche sur le destin de cette « fille de l’air » à qui tout sourit, mais qui pourtant cessa de voler dès 1939 et mourut solitaire en 1982. Douée et gracieuse, la gamine que les cartes passionnent, qui apprend à communiquer en morse en observant son frère et qui, sur sa balançoire, veut encore s’envoler plus haut, part bientôt en Angleterre sous le prétexte d’étudier… la musique et de devenir pianiste de concert. Elle y suit en réalité, avec la complicité de sa mère, des leçons de pilotage. Son talent, sa détermination, font le reste : plusieurs pilotes de renom, fascinés, financent ses premiers vols. La gloire, pourtant, est de courte durée : quatre années haletantes, que l’écrivain met en scène sans rien cacher des péripéties – une succession de records, mais également deux crashs, dont un dans le désert irakien –, des déboires sentimentaux et des doutes de son héroïne.
Toute la force de ce portrait tient dans la perspicacité avec laquelle Fiona Kidman lève le voile sur la personnalité complexe de cette femme téméraire, qui ne semblait exister pleinement que dans les airs.


Parutions en poche

Foisonnement traditionnel de sorties en poche en ce mois d’avril.

Hubbert HADDAD, , Zulma Poche, avril 2017, 224 p., 8,95 €

« La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s’ouvre , roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d’une même quête, la voie du détachement.
Shōichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu’il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santōka, le dernier grand haïkiste. Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shōichi sur les pas de Santōka, de l’immense Bashō et de son maître Saigyō. Marcher, pour cette procession héroïque d’ascètes aventureux, c’est échapper au ressassement, aux amours perdues, c’est vivre pleinement l’instant ! « Le saké pour le corps, le haïku pour le cœur. »
Dans la lignée de l’inoubliable Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous emmène sur les sentiers du Bout-du-Monde. Son écriture est comme la palpitation miraculeuse de la vie, au milieu des montagnes et des forêts, à travers le chant des saisons, comme un chemin sur le chemin.
« Tout en lyrisme contenu, semé de haïkus, petits cailloux lumineux sur le chemin du héros, ce récit aux accents mythiques est une ode à la beauté du monde dont le flâneur inspiré découvre les jardins inviolés. » Claire Julliard, L’Obs


Peter HELLER,
Peindre, pêcher et laisser mourir, traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline LEROY, Babel, avril 2017, 480 p., 9,80 €

Peintre en vogue, pêcheur ardent, philosophe artisanal, Jim Stegner tombe dans un engrenage fatal le jour où, témoin accidentel, il prend la défense d’une petite jument maltraitée. C’est qu’il est un poil sanguin, ce père orphelin, en quête d’une sérénité à jamais perdue avec sa fille violemment arrachée à la vie, son mariage pulvérisé, son rapport au monde passablement conflictuel. Pour ne rien arranger, l’homme est profondément allergique à l’injustice, et dangereusement réactif à la violence.
Pourtant, au large de la petite ville de Paonia, Colorado, concentré sur une discipline et une sobriété appliquées, c’est dans l’exercice de son
art que le peintre tente de tout canaliser : la douleur, la colère, la peur même. Et voilà que, du jour au lendemain, son quotidien vire à la course poursuite permanente : Jim devient la proie mouvante – et la terreur numéro un – d’une bande de
solides ordures qui ne plaisantent pas avec la vengeance.
Mélange explosif de virilité tendue et de lyrisme écolo, d’humour noir et de métaphysique maison, d’action haletante et de poésie contemplative, Peindre, pêcher et laisser mourir raconte avec maestria les dérapages incontrôlables de la vie, le pied sur l’accélérateur et l’oeil sur la beauté des paysages.


Catherine POULAIN, Le grand marin, Points, avril 2017, 384 p., 7,90 €

Une femme rêvait de partir. De prendre le large. A Kodiak, en Alaska, elle trouve une place à bord d’un de ces bateaux qui pêchent la morue noire, le crabe et le flétan. Elle supporte l’humidité permanente, la fatigue, la peur, les blessures… Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade. En attendant de rembarquer. C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.
Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.
« Un récit époustou­flant qui réveille l’appel du grand large. » Lire
« Catherine Poulain emporte le lecteur dans une histoire singulière et passionnante sur la condition humaine. » Le Figaro
« Le Grand Marin est un récit de voyage et d’aventures. Sa lecture oxygène autant qu’elle réjouit. » Le Monde des livres


Kim YOUNG-HA, Ma mémoire assassine, traduit du coréen par Lim YEONG-HEE et Mélanie BASNEL, Picquier Poche, avril 2017, 152 p., 7,50 €

Un ex-tueur en série décide de reprendre du service. Seul problème : il a soixante-douze ans et vient d’apprendre qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer.
Sous ses dehors de vieillard inoffensif s’adonnant à ses heures perdues à la poésie et la philosophie, se cache un redoutable meurtrier qui a assassiné sans remords des dizaines de personnes. Aujourd’hui il repart en chasse alors que rôde autour de sa maison un homme qui menace de s’en prendre à sa fille adoptive bien-aimée.
S’engage alors une course contre la montre : tuer avant d’oublier qui il est, avant que la maladie n’ait raison de lui, qu’il ne devienne prisonnier d’un temps sans passé ni futur.
Un étrange roman d’humour noir dont l’héroïne n’est autre que la mémoire qui se dérobe et brouille les pistes. Et un suspense au dénouement stupéfiant, car derrière une histoire peut s’en cacher une autre dont le lecteur découvre qu’il n’a jamais eu les clés, précisément parce que le narrateur les avait oubliées.


Littérature traduite

Jón Kalman STEFÁNSSON, À la mesure de l’univers, traduit de l’islandais par Éric BOURY, Coll. Du monde entier, Gallimard, avril 2017, 448 p., 22 €

«Et maintenant, il est trop tard, répond Ari, pétri de remords. Anna esquisse un sourire, elle lui caresse à nouveau la main et lui dit, quelle sottise, il n’est jamais trop tard tant qu’on est en vie. Aussi longtemps que quelqu’un est vivant.»
À la mesure de l’univers est la suite du roman D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Ari rentre en Islande après avoir reçu une lettre de son père lui annonçant son décès imminent. Le jour se lève sur Keflavík, l’endroit le plus noir de l’île, à l’extrémité d’une lande à la
végétation éparse et battue par les vents. Ici, la neige recouvre
tout mais, partout, les souvenirs affleurent. Ari retrouve des connaissances qu’il n’a pas vues depuis des années. Ses conversations et ses rencontres le conduisent à s’interroger et finalement à accepter son passé : les deuils, les lâchetés, les trahisons, afin de retrouver celui qu’il était, et qui s’était perdu «au milieu du chemin de la vie».
Comme dans la première partie de son diptyque, Jón Kalman Stefánsson entremêle les époques, les histoires individuelles et les lieux : le Norðfjörður, dans les fjords de l’Est, où évoluent Margrét et Oddur, les amants magnifiques, et Keflavík, ce village de pêcheurs interdits d’océan, très marqué par la présence de la base militaire américaine. Dans une langue à la fois simple et lyrique, nourrie de poésie et de chansons de variétés, agissant comme autant de madeleines de Proust, l’auteur nous parle de mort, d’amour, de lâcheté et de courage. Mais ce récit délivre aussi un message d’espoir : même si le temps affadit les plus beaux moments, ces derniers restent vivants au cœur de l’homme, car le langage a le pouvoir de les rendre éternels. L’amour est le ciment et la douleur du monde.


Ignacio SÁNCHEZ MEJÍAS, L’amertume du triomphe, traduit de l’espagnol par Dominique Blanc, Verdier, avril 2017, 96 pages, 13 €

La publication en Espagne de ce roman inédit d’Ignacio Sánchez Mejías, au début de l’année 2010, a constitué un véritable événement. Retrouvé dans des archives non encore classées par Andrés Amorós, essayiste et critique littéraire de renom, qui travaillait alors sur la biographie du torero poète et dramaturge, L’Amertume du triomphe ajoute une facette supplémentaire aux talents multiples d’Ignacio Sánchez Mejías : ainsi donc le torero célèbre, le dramaturge,
le journaliste, le comédien, le pilote d’avion, l’homme du monde, l’instigateur du complot littéraire de la génération de 27, le président du club de football du Betis Séville était aussi romancier…
Ce court roman est un petit bijou de classicisme et d’originalité. Nourri
de l’expérience de l’auteur, il met en scène des situations qui explorent les fondamentaux de la littérature tauromachique. La peur, l’ambition, l’amour impossible, l’engagement total et choisi, la mélancolie de l’impuissance. Tous ces sentiments qui s’expriment sans concession, sans limites, sont ici décrits de l’intérieur par un homme qui, comme torero, accepte le prix de ces dangers, et comme écrivain s’interroge sur ces défis et leur vanité.
L’Amertume du triomphe est le seul roman écrit par un torero célèbre. Il est inachevé. Comme le fut la vie d’Ignacio Sánchez Mejías…
Ignacio Sánchez Mejías est surtout connu, en France, par l’extraordinaire poème « Chant funèbre pour Ignacio Sánchez Mejías » que son ami Federico García Lorca écrivit après sa mort dramatique, en 1934, des suites des blessures infligées par un toro d’Ayala, le 11 août, « à cinq heures de l’après-midi », dans les arènes de Manzanares.


Ian MC AEWAN,
Dans une coque de noix, traduit de l’anglais par France CAMUS-PICHON, avril 2017, Coll. Du Monde Entier, Gallimard, 224 p., 20 €

«À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot
se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se
débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours! Je dois les en empêcher.»
Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre du XXIe siècle… Après L’intérêt de l’enfant, Ian McEwan n’en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l’intensité remarquable, une brillante réécriture d’Hamlet in utero.


Essais, philosophie, histoire, sciences humaines, correspondances littéraires

Collectif, Lettres choisies de la famille Brontë (1821-1855), traduit de l’anglais par Constance LACROIX, Gallimard, Coll. Quai Voltaire, avril 2017, 624 p., 25 €

Les œuvres des sœurs Brontë sont presque devenues des lieux communs. Et pourtant leur correspondance reste méconnue, a fortiori en France où elle n’a pas encore été traduite. Parmi les quelque mille lettres recensées par Margaret Smith dans l’édition originale (The Letters of Charlotte Brontë, 3 vol., 2004), le présent recueil en réunit plus de trois cents.
C’est à son amie et confidente Ellen Nussey que sont adressées la plupart des lettres de Charlotte Brontë. D’une humilité extrême et d’une plume franche, tantôt pleines de véhémence, tantôt d’une infinie mélancolie, elles sont aussi empreintes d’un humour effronté et témoignent du regard affûté que l’écrivain portait sur la société de son temps.
La correspondance avec ses éditeurs londoniens et les cercles d’intellectuels qu’elle rencontre par leur biais (Thackeray, Wordsworth, Lewes ou Elizabeth Gaskell, pour ne citer qu’eux), témoigne d’une intelligence supérieure. Mais dans son œuvre comme au quotidien, jamais la jeune femme ne place l’art au-dessus de la vie. Son credo est clair : l’expression ne doit pas dépasser la pensée, ni la carrière la vie de famille. Durant sa courte existence, Charlotte s’éloigne rarement de la cure de Haworth et de ses landes natives. C’est là qu’elle mène, avec son frère et ses sœurs, une vie de réclusion, et qu’elle les veille un à un dans leurs derniers instants. De ses deuils, il reste des lettres magnifiques et pudiques.
Cet autoportrait non prémédité, plus exact et émouvant qu’une monographie, se complète par les lettres de sa famille qui ont été conservées. Celles de son frère Branwell décrivent la déchéance d’un esprit prometteur. Celles d’Emily sont d’une rareté et d’une austérité caractéristiques. À l’approche de sa mort, Anne laisse des lettres en forme de professions de foi. Quant au père Brontë, il révèle une tendresse et un humour inattendus, bien loin des traits sévères sous lesquels on l’avait dépeint.


Nuit debout,
#32 Mars, Cherche Midi, Courts Circuits, mars 2017, 64 p., 7 €

C’est le livre de toute une génération. Celle qui a investi la place de la République à Paris au printemps 2016. Celle qui a voulu ré-enchanter la politique. Celle qui
a lutté contre la Loi Travail « et son monde ». #32Mars est un ouvrage collectif qui raconte la naissance de Nuit Debout, qui s’inscrivait dans la filiation des Youtubeurs d’ »On vaut mieux que ça » et revendiquait l’héritage espagnol des Indignés. Un ouvrage qui montre que cette génération – qu’on croyait désabusée – prend son destin en main pour s’affranchir des carcans politiques et jeter les bases d’un monde nouveau. Sur les places, elles et ils se sont
émancipé.es, ont appris de nouvelles façons de faire de la politique, ont tourné le dos au défaitisme et à la morosité ambiante.


Roland GORI
, Bernard LUBAT, Charles SILVESTRE, Manifeste des œuvriers, Actes Sud Sciences humaines, Coédition Les Liens qui Libèrent, avril 2017, 80 p., 9, 50€ 

Le désir de retour à l’œuvre sonne à toutes les portes de la vie : la vie de l’humain qu’on soigne, qu’on éduque, à qui on rend justice, qui s’informe, qui se cultive, qui joue, qui s’associe, qui se bat, fort de la solidarité qui s’offre à qui sait la chercher. Ce manifeste revendique la place de l’homme au centre des activités de production et création, pour lutter contre la normalisation technocratique et financière.


Josiah OBER, L’énigme grecque. Histoire d’un miracle économique et démocratique (VIe-IIIe siècle avant J.-C.), La Découverte, 450 p., 27 €

Pourquoi refaire l’histoire de la Grèce classique, du VIe siècle av. J.-C. à Alexandre le Grand ? D’abord, parce que l’on dispose d’une masse d’informations nouvelles sur les 1 035 cités-États qui s’étendaient de l’Espagne à la mer Noire, des données exploitées ici pour la première fois de manière systématique. Ensuite, parce que, contrairement à ce que les historiens ont longtemps cru, le monde grec
a connu une croissance économique qui restera sans équivalent jusqu’à la Renaissance, rendue possible par l’invention de la démocratie et des droits civiques, sur fond d’innovations institutionnelles, techniques et culturelles (théâtre, philosophie, mathématiques, etc.) permanentes. Enfin, parce que les Grecs ont expérimenté toutes les ressources de la démocratie : élection, limitation des mandats, tirage au sort, etc. Ils ont réfléchi aux relations entre citoyens et dirigeants, au rôle des experts, aux moyens de réduire le pouvoir de nuisance des démagogues, à la place de la religion. Autant de questions qui sont à l’origine de l’« efflorescence grecque » et au cœur du débat démocratique actuel.
Pour Josiah Ober, il est important de savoir comment les Grecs eux-mêmes pensaient leur système politique, leur économie : Aristote ou Thucydide sont non seulement des informateurs précieux, mais aussi des partenaires de pensée. Sans négliger l’histoire événementielle : le lecteur est plongé dans les guerres avec le redoutable Grand Roi perse, assiste aux péripéties de la guerre du Péloponnèse qui oppose Sparte à Athènes. On comprendra mieux comment Philippe II de Macédoine puis son fils Alexandre le Grand ont pu, grâce à l’héritage des cités grecques, construire un gigantesque empire qui s’étendra jusqu’aux rives de l’Indus.


Sofia TCHOUIKINA, Les gens d’autrefois. La noblesse russe dans la société soviétique, traduit du russe par Karine GUERRE et Ekaterina PICHUGINA, Belin, Coll. Une histoire du temps présent, mars 2017, 23,50 €

Être un noble en Russie après la Révolution de 1917.
Que sont devenus les nobles russes après la révolution d’Octobre 1917 ? Une fois leurs privilèges abolis, leurs biens mobiliers et immobiliers confisqués, une vague de violence contre « les classes exploiteuses d’autrefois » poussa une partie de la noblesse à l’exil. Ceux qui restèrent durent s’adapter, se cacher, se reconstruire au sein de la société soviétique…
Si l’Etat n’a pas réussi à écarter complètement les anciennes élites des postes à responsabilité, de nombreuses mesures vexatoires et répressives rendirent leurs vies compliquées. Elles durent dissimuler leurs titres et se doter progressivement d’une « biographie soviétique ». Malgré un voisinage hostile dans les appartements communautaires, les familles nobles mirent en place des stratégies éducatives qui assurèrent la transmission d’un héritage culturel et d’un sentiment d’appartenance à l’élite.
Ce livre retrace les parcours poignants de personnes dont les vies ont été bouleversées par l’une des plus grandes ruptures de l’histoire du XXe siècle.


Polars 

Sebastià ALZAMORA, Memento Mori, traduit du catalan par Serge MESTRE, avril 2017, Babel Noir, 304 p., 8,80 €
Dans la Barcelone sombre des premiers mois de la guerre civile, un commissaire enquête sur le double meurtre d’un frère mariste et d’un enfant découverts vidés de leur sang par ce qui ressemble fort à un vampire. Un thriller gothique sépulcral.

Pour les plaisirs du jardin et de la nature au printemps 

François COUPLAN, Dégustez les plantes sauvages, Sang de la Terre, avril 2017, 28 €

La redécouverte des plantes sauvages procure un grand nombre de joies, que ce soit le plaisir de la cueillette ou celui de la dégustation.
Cet ouvrage vous fera découvrir une étonnante gastronomie : fougères farcies au chénopode, anneau de coquelicot, fondue végétale, miel de pissenlit au sirop d’argousier etc.
L’auteur a donné la parole à un grand chef, Marc Veyrat – trois étoiles
au Michelin et 20/20 au Gault & Millau –, qui nous offre quelques
recettes de son cru.
Un livre avec de nombreuses photos, très original pour découvrir les plantes sauvages.


Littérature jeunesse

Christiane LAVAQUERIE-KLEIN, Laurence PAIX-RUSTERHOLTZ, La véritable histoire d’Angela qui manifesta au côté de Martin Luther King, Bayard Jeunesse, avril 2017, 6,50 €, à partir de 8 ans.
Dans l’Amérique raciste de la fin des années 1960, les luttes pacifistes contre la ségrégation sont vues à travers les yeux d’Angela.


Bandes dessinées

Jules STROMBONI, Mazerru, Casterman, avril 2017, 160 p., 29 €

En Corse, on nomme MAZZERU l’homme ou la femme qui part chasser dans son sommeil, l’arme à la main. De ses songes, il rapporte une prédiction. Dans la gueule de la bête q’uil a tuée ou blessée, la mazzera ou le mazzeru reconnaît une personne de son entourage qui subira le même sort dans l’année. Victimes de leur don, les mazzeri annoncent malgré eux un événement funeste contre lequel il est déconseillé d’agir…