École de Littérature

Présentation | Ateliers | Stages | Rencontres | Autres événements
Échos & traces : 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017

présentation

L’École de littérature de la Maison du Banquet, propose dans ses locaux à l’abbaye publique de Lagrasse, un programme annuel fort riche de rencontres d’écrivain, d’ateliers et de stages de littérature, lecture et écriture.

L’École de littérature s’adresse à toute personne désireuse de découvrir les grandes œuvres de la littérature classique et contemporaine, de s’engager dans une démarche de lecture et/ou d’écriture, visant à mieux saisir « de l’intérieur » ce qu’est la création littéraire. Aucun prérequis, aucune connaissance préalable ne sont demandés.

À  travers ses activités, ce programme vise à :

  • Permettre à tout public, sans exclusive, ayant une pratique de lecture et, éventuellement, d’écriture, de mieux saisir de l’intérieur ce qu’est la démarche de création littéraire.
  • Être un lieu d’élaboration commune d’une réflexion sur la démarche de création littéraire contemporaine, par et pour les écrivains, les théoriciens et critiques littéraires.
  • Assurer la transmission d’une réflexion plurielle et ouverte sur l’écriture contemporaine et les œuvres littéraires.
    Agnès Desarthe

    Agnès Desarthe

     

Les ateliers 2017

ATELIER DE LITTÉRATURE 2017 « EN LISANT, EN ÉCRIVANT » :
* Les poètes et le monde d’aujourd’hui, par Arno Bertina
* Lire et relire Jean Giono, par Marc Blanchet

 

Cycle de 9 séances de lecture-écriture et de 2 stages finaux d’écriture, conçus et animés par les écrivains Arno Bertina et Marc Blanchet

Le cycle des 9 séances et les 2 stages de deux jours forment un tout. Il est donc conseillé de suivre autant que possible l’ensemble de la démarche.

– Calendrier :

1) Le cycle de neuf séances mensuelles se déroulera un samedi après-midi par mois (hors vacances scolaires), de 15 h à 17 h 30.

Voici le calendrier prévisionnel des 9 séances prévues :

samedi 28 janvier 2017 (15 h – 17 h 30) avec A. Bertina samedi 6 mai (15 h – 17 h 30) avec Marc Blanchet
samedi 25 février (15 h – 17 h 30) avec A. Bertina samedi 17 juin (15 h – 17 h 30) avec Marc Blanchet
samedi 1er avril (15 h – 17 h 30) avec A. Bertina samedi 01 juillet (15 h – 17 h 30) avec M. Blanchet
samedi 22 avril (15 h – 17 h 30) avec A. Bertina samedi 23 septembre (15 h – 17 h 30) M. Blanchet
samedi 14 octobre (15 h – 17 h 30) M. Blanchet

2) Les stages intensifs d’écriture :
– 2 journées pleines :
samedi 10 et dimanche 11 juin 2017 (10 h – 17 h 30), avec Arno Bertina
– 2 journées pleines : samedi 11 et dimanche 12 novembre 2017 (10 h – 17 h 30), avec Marc Blanchet.

– Au programme :

– Chaque séance d’atelier comportera deux séquences :
* Une étude approfondie d’ouvrages choisis par l’auteur intervenant
Arno Bertina : livres des poètes Stéphane Bouquet, Jean Claude Pinson, Dominique Fourcade ou Jean-Louis Giovannoni,  Jean-Marie Gleize ou Franck Venaille. Il s’agira d’explorer le regard de ces poètes sur notre monde, l’idée générale étant celle d’une grande acuité ou pertinence des poètes qui regardent le monde contemporain (géopolitique, désastre écologique, rapport à l’animal, délire raciste, question du peuple…).
Selon le calendrier suivant :
– samedi 28 janvier : Stéphane Bouquet, Un peuple et Vie commune (éditions Champ Vallon, 2007 et 2016).
– samedi 25 février : Jean-Claude Pinson, Drapeau rouge (éditions Champ Vallon 2008).
– samedi 1er avril : Dominique Fourcade, En laisse (éditions POL). (Proposition subsidiaire : Sous le seuil, de Jean-Louis Giovannoni (éditions Unes).)
– samedi 22 avril : La Descente de l’Escaut, de Franck Venaille, éditions Obsidiane.

Marc Blanchet : livres de Jean Giono.
Il s’agira de lire ou relire quelques-uns des grands romans (connus ou moins connus) de Jean Giono, afin d’en découvrir la profondeur littéraire.
Correspondance de Marc Blanchet, vendredi 7 avril 2017,
« Chers amis de l’atelier « en lisant en écrivant »
Dans un film hilarant et méconnu de Pagnol (Joffrey), tiré d’une nouvelle de Giono, un type allongé dans l’herbe est interpellé par un copain qui lui demande ce qu’il fait. Réponse : « Je me ménage ». Ne pensez pas toutefois que je fus, malgré mon retard, moi aussi dans une telle indolence. Nous allons donc nous retrouver bientôt en compagnie d’un des grands écrivains du vingtième siècle, souvent taxé de régionalisme par ceux qui l’ignorent et voient dans ce terme de quoi critiquer. Nous allons les ménager. Jean Giono est un auteur complexe, dont l’œuvre déploie des rythmes de narration, des caractères et un regard sur le monde où s’alternent rudesse, sensualité, violence, humour et un sens de la précision qui toujours enchante. Approchons ce grand homme par des textes en marge des courts récits (Colline, Regain, Un de Baumugnes, etc.) ou de grands romans aux allures de fresques (Le Hussard sur le toit, Le Bonheur fou, ou l’historique Le Désastre de Pavie). Non, nous irons voir le Giono chroniqueur, pas celui des journaux, où il excelle, mais celui d’une bibliographie plus précise, et peut-être inattendue. En l’occurrence :
Ennemonde et autres caractères
Cœur passions caractères
Le Déserteur et autres récits
Angelo
Il y a dans ces textes* de la brièveté, qui nous aidera tous à découvrir Giono, non dans des « histoires » mais bien dans sa manière d’écrire, de portraiturer, au beau milieu d’une Provence sujette à tous les coups d’éclat : autant de solitaires qui parfois font feu !
Nous aurons là une matière féconde, à même d’être explorée par l’écriture plus tardivement. Comment c’est écrit, comment ça se lit, comment on le lit à voix haute, quelle littérature est-ce, à quoi avons-nous affaire somme toute ? Voilà des questions aux réponses multiples.
Je vous laisse avec une citation de Giono, qui témoigne de la nature morale de son entreprise littéraire. Elle est issue du livre photos Provence perdue et raconte à sa façon sa vision des êtres et des situations, qu’il racontera avec diversité : « La tragédie et le roman commencent et finissent toujours par une porte. Quelqu’un entre: qu’apporte-t-il ? Le bien ou le mal ? Quelqu’un sort : qu’emporte-t-il ? Le bien ou le mal ? »
Au 6 mai, bien à vous, Marc Blanchet »
* les quatre aux éditions Gallimard, parfois en collections Folio ou Imaginaire


* La seconde séquence de chaque séance consistera en un exercice d’écriture (de textes poétiques ou bien en prose, à la convenance de chacun des participants), à partir de consignes dégagées de la première séquence.

– Les deux stages intensifs finaux seront orientés davantage sur les exercices d’écriture, à partir d’une reprise des textes abordés dans les séances précédentes. Chaque participant aura la liberté du genre de texte à produire (poème ou prose).

– Conditions de participation :

– Inscription préalable obligatoire, renvoyer le bulletin ci-après à : Association Le Marque-Page, BP 5, 11220 LAGRASSE, accompagné d’un chèque du montant correspondant à l’ordre du Marque-Page. Télécharger le bulletin d’inscription.

– Déjeuner sur place vivement conseillé (14 euros le repas tout compris, hors boissons, soit 4 x 14 € = 56 €).

– Participation aux frais :
Le cycle des 9 séances mensuelles et des 2 stages intensifs de 2 jours :
40 euros pour l’ensemble.
Tarif réduit de 20 €
pour les personnes disposant d’un revenu principal équivalent à un minimum social (R.S.A., Allocation spécifique de Solidarité, Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées, etc.) et pour les étudiants.

L’inscription est définitive : aucun remboursement ne pourra être effectué en cas de désistement ultérieur.

– Renseignements : 04 68 91 46 65 – lamaisondubanquet@orange.fr – www.lamaisondubanquet.fr

 

LES STAGES 2017

STAGE LECTURE-ÉCRITURE « LIEUX ET FIGURES DE L’EAU », AVEC L’ÉCRIVAINE EMMANUELLE PAGANO

DU SAMEDI 29 AVRIL AU LUNDI 1ER MAI (10 H – 17 H 30)

 

« Cet atelier propose, par une balade, une séance de cinéma et une projection de documents, d’associer des bâtiments religieux (des abbayes et une chartreuse) et trois paysages d’eau, avant d’écrire trois nouvelles. Ces trois façons d’entrer dans l’écriture sont en lien avec les recherches effectuées pour ma « Trilogie des rives ».

Le premier jour, en matinée, nous sortirons de l’abbaye publique pour suivre l’Orbieu. Dans cette vallée rendue fertile par ce cours, l’abbaye s’est installée, puis le village autour d’elle, d’abord sur la rive gauche, puis sur la droite.
Nous prendrons des notes (écrites ou mentales) sur cette proximité de l’abbaye et de l’eau, sur nos ressentis au cours de la balade.
À l’extérieur de l’enceinte de l’abbaye, nous irons voir le béal : un cours d’eau qui qui permet d’arroser le jardin monastique, ainsi que le parc et les jardins voisins.
L’après-midi, ces notes seront utilisées pour écrire une courte nouvelle, à partir de cette balade.
Le deuxième jour, en matinée, nous regarderons De Profundis, un très beau documentaire d’Olivier Ciechelski et Laetitia Miklès, film très contemplatif autour de l’ennoyage d’une chartreuse (passée dans le domaine public), par un lac de barrage.
Puis nous échangerons autour du film.
L’après-midi, nous écrirons une courte nouvelle à partir de ce film et nos échanges.
Enfin, le troisième jour, nous partirons à la découverte des étangs de la Brenne créés par des moines bénédictins. À travers la projection de documents, nous parlerons de cet espace naturel créé de toutes pièces par les hommes, de leur organisation en système d’étangs solidaires, et de la société constituée autour de ces étangs, avec de véritables et complexes « liens de l’eau ».
L’après-midi, à nouveau, nous écrirons une courte nouvelle à partir de ces données techniques et sociologiques.
Il ne sera pas nécessaire de finir les nouvelles dans le temps imparti, l’essentiel sera de se mettre en route vers l’écriture d’une histoire à partir de ces rapports des hommes, de leur bâti (religieux), et de l’eau.» (Emmanuelle Pagano).

– Intervenante : Emmanuelle Pagano, née en 1969, dans l’Aveyron, est écrivaine. Elle a fait des études en esthétique du cinéma. Agrégée d’arts plastiques, elle vit et travaille sur le plateau ardéchois. Elle est l’auteure d’une douzaine de livres, romans, récits, nouvelles, majoritairement parus chez POL, et de textes publiés sous forme de revues et d’ouvrages collectifs. Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis (avril 2013/septembre 2014). Elle sera en résidence à La Maison du Banquet en 2017.
Elle entreprend une « Trilogie des rives » avec la parution de Lignes & Fils en 2015 ; en janvier 2017, paraît le deuxième volume : Saufs riverains. À partir des vignes de son grand-père noyées sous les eaux d’un barrage (le lac de Salagou dans l’Hérault), elle étire une magnifique narration familiale et cosmique.
Cette « Trilogie des rives » interroge la relation de l’eau et de l’homme, du naturel et du bâti, la violence des flux et celle des rives qui les contraignent.

– Calendrier : Samedi 29 avril, dimanche 30 avril et lundi 1er mai 2017, de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30.

– Lieu : La Maison du Banquet & des générations, Abbaye publique de Lagrasse (11220). Lagrasse est située à 40 km de Narbonne (gare TGV) et de Carcassonne. (Si vous avez des problèmes de navette Narbonne-Lagrasse : téléphonez au 04 68 91 46 65).

– Public : Toute personne désireuse de s’engager dans une démarche de lecture-écriture partagée. Aucun prérequis n’est demandé.

– Conditions de participation :

– Inscription préalable obligatoire, renvoyer le bulletin ci-après à : Association Le Marque-Page, BP 5, 11220 LAGRASSE, accompagné d’un chèque du montant correspondant à l’ordre du Marque-Page. Télécharger le bulletin d’inscription au stage d’Emmanuelle Pagano.

– Déjeuner sur place vivement conseillé (14 euros le repas tout compris, hors boissons, soit 3 x 14 € = 42 €).

– Participation aux frais :
Le stage de trois jours  :
40 euros pour l’ensemble.
Tarif réduit de 20 €
pour les personnes disposant d’un revenu principal équivalent à un minimum social (R.S.A., Allocation spécifique de Solidarité, Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées, etc.) et pour les étudiants.

L’inscription est définitive : aucun remboursement ne pourra être effectué en cas de désistement ultérieur.

– Renseignements : 04 68 91 46 65 – lamaisondubanquet@orange.fr – www.lamaisondubanquet.fr

 

STAGE D’ÉCRITURE « … DANS MA LANGUE »
CONÇU ET ANIMÉ PAR L’ÉCRIVAIN DOMINIQUE SIGAUD
Du samedi 3 juin au lundi 5 juin, de 10h à 17h30

« Je pars du postulat qu’il n’existe de langue que singulière, chacun la sienne, comme pour les visages. Je propose comme objet de l’atelier que les participants refassent/retrouvent (ou démarrent) le trajet de leur propre langue au cours de leur existence. Le but de l’atelier est que chacune de ces langues singulières se déploie, se laisse entendre, se renforce en se singularisant.
Je propose donc de tisser un récit de cette langue, à partir des questionnements suivants :
– Au sein de quelles langues elle est venue au monde (par exemple, celles des père et mère) ? Comment ces langues l’ont formée, déformée, autorisée, interdite, entravée, suscitée, etc. ?
– Quels ont pu être des moments de formation / transformation de sa langue, par des livres, voyages, rencontres, apprentissages, maladies, événements ?
– Quels ont pu être des moments de prise de conscience de cette langue en soi, de sa singularité, de sa difficulté ou non, parfois, à la laisser émerger, prendre sa place ?
À partir de ce travail individuel (mais accompagné) sur ces questions, il s’agira d’en arriver à une forme de récit : que chacun.e fasse le récit de sa propre langue »

 – Intervenante – Dominique Sigaud est journaliste, écrivain et essayiste.
De 1984 à 1996, journaliste indépendante, elle parcourt le monde arabe et l’Afrique. En 1996, elle obtient le prix de l’Association des femmes journalistes pour son article « Tutsies et Hutues : elles reconstruisent ensemble le Rwanda en ruine ». Elle a publié une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels :
L’Hypothèse du désert, Gallimard, 1996, Prix Gironde du premier roman, prix Alain-Fournier, prix Emmanuel-Roblès, prix Marguerite Yourcenar
Blue Moon, Gallimard, coll. « Blanche », 1998
The Dark Side of the Moon, Actes Sud, 2004
Conte d’exploitation Actes Sud, coll. « Actes noirs », 2011
Franz Stangl et moi, Stock, 2011
Le Piège des loups, les 175 maisons de la Gestapo en France, Stock, 2012
Partir, Calcutta, Verdier, 2014
Tendres Rumeurs, Sonneur, coll. « Ce que la vie signifie pour moi », 2015.
– Calendrier – Samedi 3 juin, dimanche 4 juin et lundi 5 juin 2017, de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30.
– Lieu – La Maison du Banquet & des générations, Abbaye publique de Lagrasse (11220). Lagrasse est située à 40 km de Narbonne (gare TGV) et de Carcassonne. (Si vous avez des problèmes de navette Narbonne-Lagrasse : téléphonez au 04 68 91 46 65).
– Public – Toute personne désireuse de s’engager dans une démarche de lecture-écriture partagée. Aucun prérequis n’est demandé.
– Conditions de participation –
– Inscription préalable obligatoire – Télécharger et envoyer le bulletin à : Association Le Marque-Page, BP 5, 11220 LAGRASSE, accompagné d’un chèque de règlement à l’ordre du Marque-Page.
– Renseignements – 04 68 91 46 65 – lamaisondubanquet@orange.fr – www.lamaisondubanquet.fr

 

Les deux stages intensifs d’écriture

« En lisant en écrivant »

– 2 journées pleines : samedi 10 et dimanche 11 juin 2017 (10 h – 17 h 30), avec Arno Bertina
– 2 journées pleines : samedi 11 et dimanche 12 novembre 2017 (10 h – 17 h 30), avec Marc Blanchet.

Ces deux stages intensifs finaux seront orientés davantage sur les exercices d’écriture, à partir d’une reprise des textes abordés dans les ateliers précédents. Chaque participant aura la liberté du genre de texte à produire (poème ou prose). Toutefois, il conseillé, mais pas nécessaire d’avoir suivi les ateliers.


Rencontres littéraires 2017

Samedi 22 AVRIL à 17h
Rencontre avec l’écrivain EMMANUELLE PAGANO,
autour de son nouveau rÉCIT,
SAUFS RIVERAINS, TRILOGIE DES RIVES II, P.O.L, 2017

Emmanuelle Pagano

Conversation-lecture-débat
Entrée libre et gratuite

Emmanuelle Pagano est née en 1969. Agrégée d’arts plastiques, elle vit et travaille en Ardèche. Elle est l’auteure d’une douzaine de romans, récits, nouvelles, majoritairement parus chez P.O.L, et de textes variés parus dans des revues et ouvrages collectifs. Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues. Elle a été pensionnaire à la Villa Médicis (en 2013-2014). Son avant-dernier roman, Lignes & Fils, est paru en janvier 2015 ; c’est le premier volume de la Trilogie des rives, qui interroge la relation de l’eau et de l’homme, du naturel et du bâti, la violence des flux et celle des rives qui les contraignent.. Emmanuelle Pagano est en résidence à La Maison du Banquet en 2017.

QUELQUES OUVRAGES RÉCENTS D’EMMANUELLE PAGANO
Romans, récits, nouvelles…

Les Adolescents troglodytes, P.O.L, 2007, roman
Les Mains gamines, P.O.L, 2008, roman
L’Absence d’oiseaux d’eau, P.O.L, 2010, roman
Nouons-nous, P.O.L, 2013, roman
Lignes & Fils, La Trilogie des rives I, P.O.L, 2015
Saufs riverains, La Trilogie des rives II, P.O.L, 2017

À PROPOS DE SAUFS RIVERAINS

Saufs Riverains est la deuxième partie, après Ligne & Fils, d’une « Trilogie des rives ».
« Je m’appelle Emmanuelle Salasc. Je suis née à Rodez, Aveyron, le 15 septembre 1969, quelques minutes avant ma sœur, de Norbert Salasc, originaire d’Octon, tout près de la rivière Salagou, département de l’Hérault, et de Monique Virenque, originaire de Boussinesq, commune d’Alrance, tout près de la rivière Alrance, sur le Lévézou, département de l’Aveyron. Entre ces deux territoires familiaux, il y a le pas de l’Escalette et le plateau du Larzac. »
En huit étapes, de la préhistoire à nos jours, le roman descend à la fois les rivières et le cours de l’Histoire ; aux destins des différents personnages se mêlent les souvenirs d’enfance et le travail de recherche de la narratrice.
Comme dans le premier volume de la trilogie, Emmanuelle Pagano a le souci de mettre en mots, pour mémoire, ce qui disparaît ou va disparaître, avec cette différence que ce récit inclut des éléments autobiographiques.

SAUFS RIVERAINS, LA PRESSE EN PARLE

Chaque destin est raconté au futur, comme si c’était le big-bang qui parlait, annonçant ses promesses de monde à venir, étalant sa certitude que la vie se prolongera, quoi qu’il arrive. Plus Emmanuelle Pagano se rapproche chronologiquement de ses contemporains, plus son écriture est chaleureuse et vibrante, antipsychanalytique à souhait. Elle perce la croûte terrestre pour creuser en son for intérieur. C’est une forme de pudeur et de sagesse toute particulière, qui infiltre et anime ce roman énigmatique. Comme l’eau qui suinte en silence de la roche, et nourrit doucement l’environnement. Télérama – 2 janvier 2017 – Marine Landrot

 Chez Emmanuelle Pagano, les paysages surgissent tels des sentiments, les arbres se font généalogiques, le grand air ne manque pas : tout devient clair comme de l’eau de roche. Il suffit de pister les indices fragmentaires et les révélations disséminées, plutôt que d’attendre que la vérité nous tombe toute cuite dans le bec.
[…] Née en même temps qu’une retenue d’eau, la romancière maîtrise les émotions et le tempo de chacune de ses phrases, bâties avec la vie des autres même quand il s’agit de la sienne. Il faut se plonger dans cet immense poème en prose qui ne dit pas son nom. Son auteure écrit en modeste sourcière croulant sous les témoignages oraux, les archives, les souvenirs et les cartes topographiques où grouillent des courbes de niveau hypnotiques. Tout en laissant échapper sa recette démiurgique : « Regarder, c’est déjà transformer. » La Croix – 26 janvier 2017 – Antoine Perraud

 EXTRAIT DE SAUFS RIVERAINS, p. 295 à 297

Il aurait fallu mener une autre lutte encore, une guerre du paysage, pour défendre les matières et les couleurs, celles des pierres et des pelouses si riches des causses. Toutes ces couleurs des fleurs dont je ne connais encore le nom, l’armérie de Girard, la pulsatille de Coste, l’hépatique trilobée, et le délicat oursin bleu, miracle annuel permis par le passage des troupeaux. Il aurait fallu résister au fouillis visuel de la vitesse qui nous empêchera de détailler tous ces pétales plus ou moins bleutés que la longueur de la route nous permet de pouvoir encore regarder, parce que cette route, on ne peut pas la faire d’un coup, parce qu’il y a des pauses et des pique-niques, des semi-contemplations desquels je m’ébroue difficilement quand il est le moment de repartir.
Les luttes du Larzac auront permis, un temps, la sauvegarde d’un certain silence, c’est à dire un minimum de bruit. Les paysans, depuis très longtemps, ont posé un seuil sonore sur le causse, au-dessus duquel tout résonne. Même l’air, agacé par l’altitude, semble retentir. Les sabots des bêtes et leurs sonnailles épiphaniques, amplifiés par le calcaire des sols, agrandissent le silence lorsqu’elle sont parties, lorsqu’elles sont passées. On peut entendre de très loin les sons feutrés du travail des hommes, jusqu’à ce que les basses des vents, qui sont là-haut chez eux, envahissent tout l’espace, et, anecdotiquement, me secouent de ma torpeur nauséeuse lorsque enfin le pas de l’Escalette passé, je claque la portière au premier arrêt pipi.
Les cent trois paysans, principalement des éleveurs, sont des gardiens de paysage. Mais cette guerre de l’horizon, cette guerre des vents, cette guerre des drailles et capitelles, des devèzes et du silence, bientôt gagnée contre la militarisation des sols, très vite perdue face à l’infrastructure routière, n’est qu’une bataille de rien devant l’industrialisation de l’alimentation.
Les expropriations du Larzac ne sont pas un phénomène isolé, mais plutôt un exemple brutal et spectaculaire de ce qui se passe depuis le milieu du siècle, inexorablement et en douceur, sans l’aide des militaires : la déprise agricole. Cette déprise ne cessera plus jamais, s’accélérant jusqu’à la quasi-disparition du monde paysan traditionnel, jusqu’à ce que l’obscurité domine.
La désertification de l’Occitanie paysanne, la disparition de la langue et de ses gestes, l’envahissement de sa végétation, jadis raclée par les bêtes, la perte de lumière qu’elle engendre, sont inéluctables.
L’asphodèle s’est implantée sur le Larzac, où elle n’existait pas il y a cinquante ans. Elle rejoint le buis et le genêt, adversaires sans pitié du labeur des hommes. La nature, sur les causses comme sur le Lévézou, comme dans la vallée, est de moins en moins travaillée. Cette nature laissée à elle-même, associée aux plantations mondialisées et à leurs débordements, est le pire ennemi des paysages patrimoniaux. Les devèzes même, ces vagues d’herbes, dont le nom vient de défends, qui ne veut pas dire se défendre mais n’être pas cultivées, ces terres en attente, même ces terres disparaîtront, d’avoir trop attendu, attendu d’être reprises par les mains des hommes et les griffes de leurs machines. Elles se fermeront, englouties par l’ombre et les routes.
Certains se consoleront en disant que la déprise agricole aura permis le retour du sauvage, essentiellement le sauvage sylvestre, ours, loup, lynx.

Autres événements 2017

(programmation en cours)